[Chronique] A la rencontre des gothiques – Chris Vilhelm & Guillaume Hantz

[Chronique] A la rencontre des gothiques – Chris Vilhelm & Guillaume Hantz

A la rencontre des gothiques


Beaucoup de choses se disent sur les gothiques. Dans l’imaginaire populaire, le gothique est un être ténébreux, habité par la noirceur et adepte de musiques violentes, trop brutales pour le commun des mortels… Son univers mal compris fascine autant qu’il effraie. En quelques pages, ce livre propose une descente dans l’underground. Sur les pas de Chris Vilhelm et Guillaume Hantz, les idées reçues sont soulevées et démythifiées. Oubliés les adolescents en crise, les messes noires et le métal hurlant, A la rencontre des gothiques revient sur l’histoire musicale, les origines punk, les influences littéraires ou cinématographiques, les thèmes d’un mouvement qui reste, à bien des égards, très marginal. Pourquoi la Mort ? D’où vient cette manie de s’habiller en noir ? Existe-t-il une proximité avec le satanisme ? Les questions que tout le monde se posent auront enfin leur réponse.
Une culture de l’ombre : à la rencontre des gothiques est un petit livre clé pour qui veut se familiariser avec ce monde étrange, souvent décrié, mais plus attachant qu’on ne le pense. Grâce au dessinateur Tim les figures les plus marquantes de la scène (Robert Smith, Marylin Manson, Boyd Rice, …) apparaissent sous un trait décomplexé, sympathique et poétique.
Avis aux amoureux des goths, et des curieux qui pourraient se laisser tenter par un voyage souterrain des plus étonnants.

Mon avis

Quand j’ai vu que A la rencontre des gothiques était proposé en partenariat sur Livraddict, j’ai immédiatement sauté dessus. D’une part, une grande curiosité et d’une autre une certaine nostalgie de cette époque qui me paraît bien loin (presque quatre ans déjà). Dénouer le sac de nœuds qu’est la culture gothique pour essayer de l’expliquer aux néophytes, c’était un pari risqué, remporté haut la main. Des différents styles de musiques aux films en passant par les styles littéraires, la question de la mort, du satanisme, l’art, les sciences occultes et la sorcellerie, mais également le regard de la société, rien n’est épargné.

Les gothiques, souvent fuis à cause de leur style et du fait qu’on leur colle l’étiquette de sataniste en puissance, restent incompris aux yeux du grand public. Pire, on les rabaisse dans les émissions télé que l’on essaye de faire passer pour des super-enquêtes-de-la-mort-qui-tue-pas-on-dit-vrai-on-est-la-télé. Oui bah non. Les gothiques ne vivent pas dans une cave à faire des rituels sataniques pour faire appel à un démon quelconque. Je vous rassure, à Caen ils s’exposent au soleil sur les pelouses du château, petite communauté très sympathique qui ne dit jamais non à un nouveau venu. Je le sais bien, car un jour j’ai fais partie des nouveaux venus, jusqu’à ce que j’abandonne petit à petit ce mouvement, d’abord les vêtements pour avoir la chance d’avoir un boulot (je garde ce genre de tenues pour les concerts, les festivals et les soirées), une bonne partie de la musique… Il me reste plus que la filmographie, les livres, la culture et ce non-conformisme qui caractérise bien les gothiques (et une tignasse de cheveux rouge sombre).

Grâce aux parties sur la musique, les films et les livres, j’ai découvert et redécouvert plusieurs artistes qui caractérisent bien le mouvement, que ce soit des plus célèbres comme Manson, à ceux moins connu par chez nous comme Das Ich. Cependant, j’ai trouvé dommage que la partie sur le style vestimentaire ne soit pas plus étayé que ça, on ne s’arrête ici qu’à un passage dans une boutique et un témoignage, mais rien de plus. Toutes les questions que « les autres » se posent sur les gothiques comme le rapport à la mort, le satanisme, les sciences occultes et à la sorcellerie sont quant à elles bien détaillées et permet de répondre avec objectivité.

J’ai particulièrement aimé le passage sur le regard de la société, qui me rappelle que la France est un sacré pays d’intolérant, notamment lors du témoignage d’une vendeuse allemande, qui expliquait que dans son pays natal, son style ne posait aucun soucis, mais depuis qu’elle est arrivée en France elle avait dû le quitter et porter un style plus banal, même dans sa boutique gothique. Pour avoir fait l’expérience deux fois en Allemagne, j’approuve ses dires. Pas un regard de travers, pas d’insultes, ni quoi que ce soit par rapport à mon style, mais en France, c’est tout le contraire. « Ah, mais tu as une tête de mort sur ta mitaine, tu es gothique ! » (en plein cours de français au lycée, époque où je ne portais que du noir et des mitaines trouées) ou « attachez-le, le clebs! » (Paris, gare Saint-Lazare, sortie de Japan Expo, le collier clouté à apparemment fait sensation, l’année dernière) ou « Hé, v’là le corbac » (soirée anniversaire d’un ami dans une salle privée) ou cette fille qui me dévisageait à une crémaillère, en restant bloquée sur la croix que je portait au cou… (je ne vais pas te manger, pro-mis).

En bref, un bon petit livre qui mettra tout le monde d’accord sur ce mouvement, que ce soit les parents qui veulent comprendre leurs enfants et se rassurer, la communauté gothique et ceux qui voudraient les rejoindre, ou juste par curiosité!


A l’écoute des gothiques est la toute première publication des éditions luciférines que je remercie pour ce partenariat. Leur seconde publication sera un recueil de nouvelles, Nouvelles Peaux, où dix auteurs revisite à leur façon les nouvelles d’Edgar Allan Poe. Et rien que pour Morgane Caussarieu qui y participe, il vous le faut abso-lu-ment. Donc du coup, il file dans ma wishlist en attendant que je puisse me le prendre !

Partager cet article, c'est contribuer à l'élevage de livres sauvages libres et heureux :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *