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[Chronique] Re:Monster, Volume 1 – Kogitsune Kanekiru et Haruyoshi Kobayakawa

[Chronique] Re:Monster, Volume 1 – Kogitsune Kanekiru et Haruyoshi Kobayakawa

re monster 1


Après une mort des plus sauvages, Kanata Tomokui se réveille pour constater qu’il s’est réincarné en gobelin. D’abord dérouté, il parvient cependant bien vite à s’adapter, en partie grâce à sa faculté d’« absorption » qui lui permet d’obtenir les pouvoirs de tout ce qu’il mange, le faisant évoluer de façon fulgurante et de prendre rapidement la tête de sa tribu. Désormais, il est temps pour la race des gobelins d’entrer dans une nouvelle ère ! Découvrez un univers sans pitié régi par la loi du plus fort, où la plus faible des espèces doit être prête à tout pour survivre !!

Merci aux éditions Ototo pour cette lecture !

Mon avis

Kanata est un humain. Renforcé par plusieurs opérations, il possède aussi un pouvoir d’absorption : il gagne des compétences en mangeant des objets, animaux, humains et créatures. Mais un soir, après une beuverie, Kanata est tué par une de ses amies et se réincarne dans le corps d’un bébé gobelin qui va vite grandir…

Adaptation d’un light novel, autant le dire tout de suite, je ne suis pas convaincue et j’ai bien l’impression d’être passé à côté de l’histoire. Cela vient surtout du fait que je me suis demandée pendant toute ma lecture « Et maintenant, il va se passer quoi ? ». Kanata se réincarne, devient Gobu-Rô, un gobelin qui va très vite évoluer, il va chasser, se faire des vêtements, gravir les échelons… Mais c’est tout. Quel est son but ? Que va-t-il faire de concret, d’intéressant ? En réalité, il ne se passe pas grand chose en dehors de ça. 

Et je ne suis pas convaincue non plus par le fait qu’il garde son pouvoir d’absorption alors qu’il a perdu tout le reste à sa mort, ni qu’une voix dans sa tête lui indique qu’il gagne un niveau quand il évolue (là, j’ai pas compris pourquoi…), ou quand il a de nouvelles compétences, qu’on ne nous explique pas à quoi elles servent (même si certaines sont assez compréhensibles), des compétences qui s’accumulent et qu’il gagne en grand nombre très facilement, donc on en oublie très vite les trois quart.

remonster illu

Je reste sceptique face à l’évolution des gobelins (ils peuvent évoluer en… vampire, ou en minotaure par exemple), ni même comment ils sont présentés. Dans tous les jeux, livres, univers, j’ai toujours vu les gobelins comme des petites créatures, souvent à la peau verte, qui compensent leur manque de force par leur vivacité et leur intelligence. Des bestioles jamais gentilles, toujours sournoises. Alors que là, c’est limite si il ne faut pas leur expliquer par quel bout il faut tenir une épée (j’exagère, mais l’idée est là).

Sinon la narration est originale, elle est à la première personne et n’offre que peu de dialogues. Graphiquement, ce n’est pas époustouflant, c’est bon, mais sans plus.

En bref, j’ai l’impression d’être passée à quelque chose, mais même après une relecture du manga, je reste autant peu convaincue par l’histoire de Kanata. Ce premier volume me fait l’effet d’un gros prologue qui traine en longueur, mais qui ne m’a pas assez captivée pour me donner envie de lire la suite.

[Chronique] Le cas Noah Zimmerman – Sharon Guskin

[Chronique] Le cas Noah Zimmerman – Sharon Guskin

le cas noah zimmerman


Janie est une célibataire endurcie, alors rien de surprenant à ce qu’elle décide de garder le bébé conçu avec un parfait inconnu sur une plage en vacances. Mais quatre ans plus tard, élever seule le petit Noah ne s’avère pas être une mince affaire : cauchemars à répétition et troublantes références à des scènes de violence perturbent terriblement le garçonnet. Quand Janie le couche le soir, il réclame sa vraie maman et demande à rentrer chez lui…

Aucun médecin n’est capable de diagnostiquer ce mal, alors quand Janie découvre l’existence d’un certain Dr Anderson, psychiatre ayant fait de nombreuses recherches sur la réincarnation, elle tente sa chance auprès de lui. Elle ignore cependant qu’Anderson est atteint d’aphasie (un trouble du langage assez rare) et qu’il est sur la sellette. Pour le docteur, le cas Noah Zimmerman pourrait renverser la tendance et lui permettre de briller enfin aux yeux de tous. Encore faut-il découvrir si Noah est véritablement habité par l’esprit d’un autre…
Entre drame familial monoparental et suspense dans le monde de la réincarnation, une lecture hypnotisante.

Merci aux éditions Calmann-Lévy pour cette lecture !

Mon avis

Noah Zimmerman est un jeune garçon de 4 ans, qui vit seulement avec sa mère, Janie. Il n’a jamais connu son père. Janie l’a rencontré en vacances et ne l’a plus jamais revu depuis cette aventure extra-conjugale. Mais plus Noah grandi, plus son comportement est bizarre. Il connait des choses qu’il ne devrait pas savoir à son âge, comme l’intégralité de la saga Harry Potter, et il a une peur bleue de l’eau, disant qu’on l’a déjà noyé, ou encore que sa mère n’est pas sa vraie mère… Mais qu’est ce qui ne va pas chez Noah Zimmerman ?

La réincarnation, que l’on y croit ou non, est le thème principal de la dernière sortie de chez Calmann-Lévy. A travers Noah et le docteur Anderson, nous allons découvrir le sujet à travers une fiction. Anderson, médecin de son état, écrit un livre sur les cas de réincarnation qu’il a rencontré dans sa vie et propose à Janie de l’aider à régler le problème de Noah en retrouvant sa « vraie mère », que le garçon réclame toujours plus.

Janie est un personnage fort. Elle doit faire face, en tant que mère célibataire, aux problèmes déclenchés par Noah, ses crises d’asthme, ses crises quand elle le douche, mais aussi son entreprise où elle est l’unique employée et patronne. Et les problèmes de Noah l’empêchent d’aller travailler, et par conséquent ne lui ramène plus de salaire. Et, en plus, les médecins qui s’enchaînent jusqu’à Anderson qui débarque avec ses théories qui peuvent paraître farfelues au premier abord ! Et pourtant, elle reste debout.

Et nous allons remonter les cas de réincarnation rencontrés par Anderson au fil des ans, en Inde, mais aussi de vrais cas, calés entre les chapitres, des cas sérieux et prouvés comme vrais. Cela fait froid dans le dos, mais le sujet est très bien traité, que ce soit le moment où les familles prennent conscience que quelqu’un d’autre est dans le corps de leur enfant, ou comment vivre l’après, quand l’enfant grandi. C’est un livre très bien écrit, fluide, et très prenant. Je l’ai lu en une fois, ayant eu très envie de connaitre le dénouement.

En bref, Le cas Noah Zimmerman est une fiction très intéressante sur la réincarnation, dont le sujet est bien traité. J’ai passé un très bon moment de lecture, et je relirais bien un jour ce roman !

[Chronique] Love Letters to the Dead – Ava Delleira

[Chronique] Love Letters to the Dead – Ava Delleira

love letters to the dead


Au commencement, c’était un simple devoir. Ecrire une lettre à un mort. Laurel a choisi Kurt Cobain, parce que sa grande soeur May l’adorait. Et qu’il est mort jeune, comme May. Très vite, le carnet de Laurel se remplit de lettres où elle dresse son propre portrait de lycéenne, celui de ses nouveaux amis, de son premier amour… Mais pour faire son deuil, Laurel devra se confronter au secret qui la tourmente, et faire face à ce qui s’est réellement passé, la nuit où May est décédée.

Mon avis

La prof d’anglais de Laurel donne un devoir à sa classe : écrire à une personne décédée. La jeune fille décide tout d’abord d’écrire à Kurt Cobain, parce que sa sœur May l’adorait. Mais May est morte, et plus rien n’est comme avant. Là où cela ne devait être qu’un simple devoir, Laurel va écrire et raconter sa vie à une dizaine de célébrités disparues, à la manière d’un journal intime…

C’est ma période romans épistolaires, je crois bien. Peut-être parce que j’aime moi-même correspondre ou parce que je trouve que l’on se dévoile plus dans une lettre que n’importe comment, j’aime les romans épistolaires car je m’attends à retrouver ce genre de choses. Et comme j’habite enfin près d’une bibliothèque avec un fond récent, je n’ai pas pu m’empêcher d’emprunter ce roman. Et donc.

Love Letters to the Dead n’a pas été la lecture enthousiasmante à laquelle je m’attendais, malgré le stickers délavé en forme de cœur que ma bibliothécaire a apposé sur sa couverture. Car l’on reste majoritairement en surface et que le contenu manque de profondeur. Ceci est expliqué par le fait que le rythme se retrouve tout d’abord cassé par le passé de chacune des personnalités à qui Laurel écrit. Elle leur parle de leur enfance, leurs exploits, leur disparition… Bref on est vite coupés dans notre élan. Je vous avoue que je me suis accrochée pour ne pas sauter ces passages, parce qu’entre nous je me fiche que telle star ai fait une overdose, qu’une autre se soit suicidée ou qu’untel ai disparu, ce n’est pas pour cela que je me suis lancée dans cette lecture.

Beaucoup moins de destinataires aurait aidé aussi, puisque l’histoire est décousue entre chaque personnalités. Alors qu’à côté de cela, une seule et unique lettre est destinée à May, alors que plus de lettres pour sa sœur auraient donné plus de poids, plus de profondeur à cette histoire et au drame vécu, et surtout cela aurait justifié le lien que l’on nous décris dans chacune des lettres. Se mettre en colère contre May au lieu de Kurt aurait donné plus d’impact, par exemple. Mais on ne va pas réécrire l’histoire !

Mais ce livre est sacrément humain. Les filles ne sont pas toutes l’archétype de la blondasse populaire et les garçons ont des sentiments, les expriment, pleurent en public, ils font des erreurs. Et ça c’est beau. Et ce qui est beau aussi, c’est que toutes les relations ne sont pas 100% hétéros : il y a aussi des relations homosexuelles, les jeunes se cherchent et se découvrent à cette période. Aussi, les familles ne sont pas toutes calquées sur le modèle papa-maman-un ou deux enfants-happy. Elles sont composées, séparées, en deuil, tristes. On pourrait presque reprocher qu’il n’y ai pas une seule famille avec les deux parents encore présents, en faite.

En bref, Love Letters to the Dead est une plongée dans le deuil d’une adolescente qui a beaucoup de mal à accepter la perte de sa sœur. Malheureusement, on regrettera le manque de profondeur et les passages sur la vie des célébrités disparues qui cassent le rythme. Sois l’auteur en fait trop (les destinataires nombreux, aucune famille avec deux parents, …) ou pas assez (il aurait été plus intéressant de découvrir la famille de Laurel que les familles de ses amies et qu’elle écrive plus de lettres à May, …), il manque ce juste milieu qui aurait équilibré ce roman à la perfection.

[Chronique] La petite mort, Volume 3 : Le domaine des vieux – Davy Mourier

[Chronique] La petite mort, Volume 3 : Le domaine des vieux – Davy Mourier

la petite mort 3


Construire une famille ce n’est pas facile, surtout avec la perte récente d’un être cher. En plus, l’administration vient mettre son grain de fiel à coup de droits de succession à la fauche et impôts sur le revenant. Comment s’en sortir ? Que faire face à l’absurdité de la vie ? C’est quoi l’amour ? Réponses dans la fin de cette série, devenue un véritable petit manuel du savoir mourir(e) !

Mon avis

Le troisième tome sonne la fin des aventures de la petite mort, qui n’est plus si petit que ça. Devenu chef de famille, avec le package femme et enfant qui va bien, il se retrouve à devoir payer les droits de succession à la fauche et l’impôt sur le revenant, mais il n’a pas la somme demandée. Tout n’est pas au beau fixe, et la petite mort tombe en dépression, et se voit dans l’incapacité de faucher…

Davy Mourier a su conclure cette petite série avec brio et comme il l’avait commencée : avec l’humour noir et un petit côté mignon, toujours en réussissant à mélanger ces deux élèments à merveille. Le parallèle avec la jeunesse de la petite mort se fait très bien, puisque l’on retrouve son premier amour, et son ex-meilleur ami. Et son fils n’est pas sans rappeler celui qu’est devenu Papa mort, où il était si pressé de faucher l’imaginaire dans le premier tome.

Avec plaisir, nous retrouvons les aventures de Hello Kittu, notre lapin préféré, et les publicités toujours aussi drôles. Bref, avec toujours les mini-BD en bonus, on pourrait croire à un reboot des tomes qui se répète un peu trop. Mais mis à part les bonus drôles, cette nouvelle partie de la non-vie de la petite mort l’est moins. Confrontée au réel, avec les factures, l’impôt, la disparition des membres de sa famille, et l’arrivée d’une femme et d’un enfant imposés par le Grand Tout, rien n’est prétexte à rire. Mais l’histoire en est plus que touchante avec cette touche de réalisme.

Globalement, cette petite série s’est laissée apprécier jusqu’à la dernière case, en gardant une certaine continuité agréable, tout en sachant se renouveler. Assurément, Davy Mourier reste un auteur à suivre pour cette nouvelle année. On espère que du bon pour les prochains travaux de l’auteur !

Sephi ❤

Une photo publiée par Séverine – BFrei (@aponey_supreme) le

[Chronique] Mère parfaite – Casey B. Dolan

[Chronique] Mère parfaite – Casey B. Dolan

mère parfaite


Après une jeunesse malheureuse, Amber commence des études à l’université. Elle rencontre Wade, qui tombe fou amoureux d’elle et l’épouse. Très vite, Amber se retrouve enceinte et accouche de Tyler. Elle joue les femmes dévouées et les mères comblées. Mais ce n’est qu’une façade, elle n’aime plus son mari et se révèle incapable de nouer une relation avec son fils, dont elle a du mal à accepter l’hostilité sourde. Le climat familial est de plus en plus pénible, et seule la présence de Joshua, le meilleur ami de Tyler, détend un peu l’atmosphère : adolescent rejeté par sa famille, il finit par s’installer avec eux… Quelques années plus tard, Amber est retrouvée morte, «euthanasiée» à l’hôpital où elle était soignée pour un cancer très agressif. Seuls trois hommes ont vu Amber la nuit de son décès : Wade, le mari délaissé, Tyler, le fils hostile, et Joshua, qui s’était considérablement rapproché d’Amber les derniers mois. Chacun avait des raisons de la tuer, que ce soit par amour ou par haine. Quand la vérité finit par éclater, c’est un véritable coup de tonnerre… 

Mon avis

Amber est une femme qui s’est toujours donnée entièrement pour sa famille, jusqu’au bout de sa vie. Mais voilà, sa mort ne paraît pas naturelle. Pire, elle a été provoquée. Qui de Wade, le mari cocu, Tyler, le fils constamment en colère contre sa mère ou son meilleur ami Tyler, devenu l’amant de Ambre, est le coupable ? Ils ont tous une raison d’être passé à l’acteMère parfaite est un livre beau et triste à la fois, qui nous tient en haleine jusqu’au bout.

Le découpage fait son petit effet, alternant les différents points de vue. Un chapitre commence toujours par la version d’Amber, puis d’une des trois hommes, mais différemment. Pour eux, c’est à travers un interrogatoire, mené par une psychologue affectée à cette affaire. D’abord avec réticence, ils vont tour à tour remonter la petite vie de chacun. Cependant, impossible de deviner avant la fin qui est le coupable, tant l’auteure nous offre un panel de raisons et d’alibis avec ces trois-là.

D’ailleurs, venons-en à eux. Casey B. Dolan a très bien travaillé chacun d’eux, si bien que l’on sent très vite où l’auteure veut en venir. Elle ne fait pas que présenter leurs défauts et leurs raisons, mais aussi toutes les facettes de leur personnalité. On est pris au final dans le même questionnement de la psy, qui est aussi dépassée que nous.

Il m’a fallu que deux jours pour en venir à bout, je dois dire que j’étais pressée de connaître l’identité du coupable et ce qu’il en était du reste, sans vouloir spoiler. L’écriture fluide et les descriptions immersives m’ont beaucoup aidée à lire très rapidement ce petit bijou (ça et 4h30 de train, ça aide !).

Évidemment, je ne peux que recommander ce livre ! Et je vais de ce pas regarder les autres titres de l’auteure…

[Chronique] Dérapages – Danielle Thiéry

[Chronique] Dérapages – Danielle Thiéry

dérapages


Un corps d’enfant, très déconcertant, est découvert sur une plage du Nord de la France. Un cas troublant, qui laisse totalement perplexes les médecins légistes. Même le commissaire Edwige Marion, qui dirige un important service de la PJ parisienne, n’a jamais rien vu de tel. Au même moment, Edwige Marion, récupère sa fille Nina, choquée et couverte de sang. Elle a fui Londres et sa soeur Angèle. Nina est mutique. Angèle et son mari, un scientifique renommé, ont disparu. Quels peuvent être les liens entre cet enfant mort noyé, une adolescente, et un scientifique spécialiste du génome humain… Commence pour la commissaire Marion une enquête complexe, aux ramifications internationales, et qui va vite sombrer dans l’horreur. 

Merci aux éditions Versilio et à Babelio pour cette lecture !

Mon avis

Quels peuvent être les liens entre cet enfant mort noyé, une adolescente, et un scientifique spécialiste du génome humain…

Vingtième roman de Danielle Thiéry, et exactement le onzième où elle met en scène le personnage de Edwige Marion, Dérapages est un thriller qui m’a tenue en haleine du début à la fin. Quand je ne pouvais pas lire, je n’arrêtais pas d’y penser, échafauder des théories (et à part un petit bout d’une, aucune n’a tenu la route !).

On suit l’enquête du commissaire Marion, qui se retrouve avec un mystère qui la dépasse : une créature retrouvée morte sur la plage qui ressemble à une jeune enfant, sa fille qui débarque de Londres couverte de sang et la sœur de sa fille, disparue avec son mari, un éminent scientifique… Et pas l’ombre d’un indice, d’une réponse, rien. Pas même pour le lecteur, qui découvre chaque élément avec Edwige Marion. L’auteure nous mène en bateau jusqu’au bout !

Comme je le disais plus haut, ce n’est pas la première fois que Danielle utilise le personnage de Marion dans ses romans, mais on est pas perdus pour autant, son passé nous est expliqué quand il le faut. Ainsi, même pour moi qui n’ai pas lu ses romans, je n’ai pas eu de problème pendant ma lecture, c’est un très bon point.

L’écriture est saccadée, on se sent dans l’urgence de la situation, de l’enquête qui piétine, l’agacement et la baisse de moral des différentes personnes qui enquêtent sur ces affaires. Histoire racontée du point de vue de l’auteure, on a accès à un large panel de personnages hauts en couleurs. Danielle a été la première femme commissaire divisionnaire, et ça se ressent dans toute la lecture : on sent qu’elle sait de quoi elle parle et ça donne un côté très réaliste à l’histoire, un réalisme qui manque cruellement à nos chères séries américaines.

J’ai passé un très bon moment avec ce roman qui m’a faite frémir, une lecture le soir dans une maison à colombage normande, perdue dans la campagne m’a bien mise dans l’ambiance !

[Chronique] Pingouins en pagaille, tome 2 : Opération Poussins – Jeanne Willis

[Chronique] Pingouins en pagaille, tome 2 : Opération Poussins – Jeanne Willis

pingouins en pagaille 2


Salto le pingouin doit s’occuper des poussins Zip et Chip. Ordre de son chef Franky ! Mais surfer dans la neige avec les copains, c’est bien plus tentant… Quand Salto revient voir les deux petits, ils ont disparu ! Il doit les retrouver à tout prix. Et il fouillera le zoo tout entier s’il le faut !
L’opération poussin est lancée ! 

Merci aux éditions Nathan pour cette lecture !

Mon avis

Deuxième tome de la saga Pingouins en pagaille, celui-ci met en scène Salto qui doit garder deux poussins que nous avions déjà rencontré dans le premier tome, Zip et Chip. Sauf qu’il ne les surveille pas, préférant jouer. Sauf qu’une fois qu’il retourne près d’eux, ils ont disparu ! Et après concertation avec ses voisins, Salto pense qu’ils ont été kidnappés ! Il va donc partir à leur recherche dans le zoo avec ses amis…

Ce tome peut se lire indépendamment du premier, grâce à un récapitulatif des différents personnages se trouvant au début, ce qui est un bon point. Cependant, je le trouve autant inadapté que le premier tome pour un enfant de 8 ans.

De plus qu’ici, l’histoire est axée sur les défauts des autres via le personnage de Gloria qui se moque allègrement des autres. Ce personnage incarne toute la méchanceté possible et le tout sans leçon de morale, ni même qu’un seul personnage ne la reprenne, comme si c’était normal qu’elle se moque des autres à propos de leur poids, entre autre. Ce que j’ai un peu de mal à concevoir pour un livre pour jeunes enfants…

Bref, une saga qui aurait pu être plaisante si elle s’adressait vraiment à cette tranche d’âge !

[Chronique] Pingouins en pagaille, tome 1 : Zizanie au zoo ! – Jeanne Willis

[Chronique] Pingouins en pagaille, tome 1 : Zizanie au zoo ! – Jeanne Willis

pingouins en pagaille 1


Catastrophe chez les pingouins : leur zoo est menacé de fermeture ! Ils doivent réagir, et vite ! Salto, le pingouin chouchou du public a une idée : pour attirer les foules, lui et ses amis vont organiser un spectacle tout simplement extraordinaire !
En avant les artistes ! 

Merci aux éditions Nathan pour cette lecture !

Mon avis

Un groupe de pingouins remarquent que le zoo dans lequel ils vivent, a de moins en moins de visiteurs qu’avant. Au détour d’une conversation surprise entre le gardien et sa fille, ils apprennent que le zoo va fermer ses portes à cause de ce manque de visiteurs. Salto, le pingouin chouchou de la jeune fille va trouver une idée pour sauver le zoo de la catastrophe.

Et nos pingouins ne sont pas en reste pour faire des bêtises, ni pour trouver des idées complètement loufoques ! Jeux de mots, humour, blagues, bref c’est un premier tome décalé très drôle et on se prend vite d’affection pour nos pingouins. Le tout servi par une écriture fluide et de courtes descriptions qui permettent de s’immerger rapidement dans l’histoire.

Voilà, c’était le point de vue de l’adulte. Mais d’un point de vue « public visé » (c’est à dire 8 ans), voilà ce qu’il en ressort : le thème de la mort est abordé d’une manière trop froide, limite aseptisé, qui ne convient pas à cet âge. Une leçon de morale glauque s’installe autour : ne te dispute pas avec tes amis, sinon si ils meurent et si t’as pas eu le temps de t’excuser, tu vas regretter et culpabiliser.

C’est donc pas joyeux, surtout que ça n’a rien à voir avec le sauvetage du zoo et est amené d’une manière totalement irréaliste : le pingouin Francky, enfermé au zoo, apprend qu’un de ses anciens ami pingouin avec qui il s’était disputé avant de se faire capturer, est mort. Ce pingouin vivait encore à l’état sauvage, dans son habitat naturel, c’est à dire aucun moyen de savoir que son ami est décédé… (Le lecteur a peut-être 8 ans, mais faut pas abuser avec les lois de la logique non plus).

C’est drôle, mais les jeux de mots et blagues sont trop alambiquées pour le jeune, il faudra un adulte à ses côtés pour expliquer la teneur des moments drôles de l’histoire, sinon le jeune lecteur passera à côté.

En bref, sympa, mais clairement pas pour le public visé.

[Chronique] Le chant du troll – Pierre Bottero & Gilles Francescano

[Chronique] Le chant du troll – Pierre Bottero & Gilles Francescano

le chant du troll


– Psssst ! Est-ce que tu es prête ?
– Je ne sais pas de quoi tu parles. Prête pour quoi ?
– Le basculement a débuté…

Mon avis

Léna est une jeune fille que personne ne remarque. Que ce soit ses parents, ses camarades d’école, sa prof… C’est comme si personne ne la voyait. Mais rien ne va, chez Léna : ses parents se disputent, sa mère s’en va car son père passe beaucoup trop de temps (jour et nuit) sur son ordinateur à écrire une histoire, et la nature reprend ses droits sur la ville, des créatures imaginaires remplacent les êtres humains… Le basculement a commencé…
Il va être dur d’en dire plus sur Léna sans spoiler, vous devrez donc vous contenter d’un résumé assez vague sur le basculement et Léna pour cette fois-ci !

Qu’il est agréable de retrouver la plume de Pierre Bottero dans ce roman graphique ! Un titre posthume pour cette fois-ci également, car Bottero a laissé pas mal de ses écrits derrière lui. Le chant du troll ressemble sur certains points à l’histoire d’Ewilan, de La quête d’Ewilan : le basculement et le pas de côté se ressemblent et certaines créatures viennent tout droit du monde de Gwendalavir, entre autres.  Mais ce n’est pas déplaisant, et ce one-shot peut se lire indépendamment des aventures d’Ewilan.

C’est une histoire assez métaphorique, qui tourne autour de la maladie et de la mort et de comment il est perçu par les différentes personnes. L’histoire n’est pas complexe, et peut se lire dès 10 ans sans problème, les sujets comme la mort et la maladie étant traités en douceur et non brutalement, le lecteur a le temps d’absorber les informations et de se rendre compte ce qu’il en est.

Qui dit roman graphique, dit dessins, qui sont magnifiques ! Gilles Francescano a réussi à adapter l’histoire de Bottero dans des graphismes justes, très colorés avec des tons pastels par moments. Les dessins s’harmonisent avec le texte, et donnent une ambiance très onirique au livre. La végétation qui empiète sur la ville est extrêmement bien rendue et chaque planche a bénéficié d’un travail de haute qualité. Les personnages sont très bien travaillés et sont magnifiques.

En bref, c’est un coup de cœur pour moi !

[Chronique] L’entretien – Antoine Gaiani

[Chronique] L’entretien – Antoine Gaiani

l'entretien

  • Éditeur : House made of dawn (2014)
  • Pages : 91
  • Genre : Contemporain
  • Prix : 2.04€
  • Acheter titre livre

Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans cet entretien d’embauche. Laurel Montant le sent bien. Est-ce le fait qu’il ait oublié montre et mallette ou bien les drôles de questions de son interlocuteur ? Et qui est cet impoli masqué qui se trouve avec lui dans la salle d’attente ? Un récit kafkaïen qui perd le lecteur dans une histoire qui pourrait bien s’avérer plus complexe que prévue.

Merci aux éditions House made of dawn et au forum Au coeur de l’imaginarium pour cette lecture !

Mon avis

Edit du transfert de blog, mai 2016 : J’ai écris initialement cet article en novembre 2014, pour le forum Au coeur de l’Imaginarium, mais je ne l’ai jamais publié. J’attendais l’aval de l’administrateur, que je n’ai jamais eu. Peu de temps après, j’ai quitté leur équipe pour des raisons que j’ai longuement détaillées sur la page du blog, à l’époque. Aujourd’hui – et en exclusivité, chanceux ! 😀 – voici mon avis sur L’entretien !

Écrire une chronique sur une nouvelle n’est jamais chose aisée. Mais quand cette nouvelle ne me fait ni chaud, ni froid, ça le devient encore plus…

On suit Laurel qui doit se rendre à un entretien d’embauche. Mais une fois devant son nouveau patron, il apprend que celui-ci n’est autre que le Passeur des âmes vers le Paradis ou l’Enfer… Car il va bientôt mourir, étant dans un état plutôt grave suite à un accident. Mais Laurel ne l’entend pas de cette oreille, et essaye de comprendre l’énigme de sa mort et comment revivre…

Non pas que je me sois ennuyée pendant ma lecture, mais elle ne m’a absolument pas affectée. L’histoire manque terriblement d’action : en effet, Laurel écoute le Passeur parler de sa vie, lui rappeler ses nombreuses fautes, Laurel nie, essaye de trouver une solution pour s’enfuir, mais rien de plus, au final. Et oui, ce n’est qu’un entretien : le Passeur énumère les fautes, Laurel se pose des questions, ils parlent ensemble jusqu’à la conclusion finale et… c’est tout. Alors certes, il y a tout de même des révélations et de nombreux rebondissements, mais je n’ai rien ressenti non plus de ce côté là : l’étonnement, la stupéfaction, … Rien. Ce qui est plutôt ennuyant, car je m’attends toujours à passer par un panel d’émotions tout au long de ma lecture, ce qui, à mon humble avis, fait vivre l’histoire que nous lisons.

Si tout cela ne m’a absolument pas touchée, c’est que les personnages manquent de vie, ils ne sont pas tellement approfondis. Laurel est un homme qui n’accepte pas la situation aussi facilement que le Passeur le voudrait. A par nier, vouloir partir, et avoir ses petites erreurs rappelées par le Passeur, on en sait pas plus sur ce personnage au final. Tout comme le Passeur, nous n’en savons pas plus également sur lui, si ce n’est qu’il est là pour attendre que Laurel passe de vie à trépas.

Mais dans l’ensemble, cette nouvelle est plutôt bien écrite et se laisse lire, tant l’écriture de l’auteur est fluide. Il n’y a pas de fautes, la syntaxe est bonne, on arrive très vite à la fin sans avoir vu les pages défiler. Mais pour ma part, c’est tout ce que je peux ressortir de cette lecture.

En bref, une petite histoire qui se laisse lire, mais qui ne ma pas plus touchée que ça.