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[Chronique] Voilà l’aurore – Damien Ruzé

[Chronique] Voilà l’aurore – Damien Ruzé

voila l'aurore


Après dix-huit mois derrière les barreaux, Stan retrouve simultanément la liberté et la capacité de lâcher la bride à son ambition démesurée. Objectif : prendre du galon, tracer son chemin dans le cercle très fermé des truands patentés, grimper dans la hiérarchie de l’illégalité. Seulement gaffe, hors de question de retomber. Fini l’amateurisme et les comparses branquignollés. Terminé. Durant son séjour au frais, Stan a accouché d’une pure idée, lumineuse, imparable, un truc à breveter. Il va l’appliquer. Seul contre tous. Déterminé. Et tandis qu’au plus profond des bois de la Sologne se déploient les joutes de la folie et de la cruauté, le destin – cet insatiable joueur de dés – va exaucer le fraîchement relaxé, plaçant sur son chemin un cartel d’individus à l’abyssale dangerosité.

Mon avis

Stan vient de sortir de prison. Enfin, après dix-huit mois au trou, il était temps qu’il sorte. Mais avant de partir, il a réfléchi sur un éventuel plan de carrière, comment s’en sortir une fois dehors, pas question de refaire des casses avec une équipe de bras-cassés qui se prennent pour Mesrine, mais une fois sur place détalent comme des lapins. Alors, il va voler des voitures, les revendre à un garagiste qui se moque de la provenance, du moment qu’il peut se faire du fric là dessus. Stan lui, espère toucher beaucoup, il voit trop grand, trop gros, agis plus qu’il ne réfléchi et ne voit pas le coup venir, se rend compte de ses erreurs une fois le dos au mur…

Une prostituée court aussi vite qu’elle le peut, sa vie en dépend. L’homme aux yeux bleus lui a bien dit: au nord, un tunnel, sa sortie, elle sera libre. Elle a une heure pour se sortir de là, passer ce délais, il lâche les chiens et se lancera dans une véritable chasse à cours avec ses amis. Et si tout cela n’était qu’un piège?

Bohr est un flic libidineux qui ne pense plus qu’à partir à la retraite et aux films pornographiques. Mais la retraite, même pour un haut gradé, n’est pas si élevée que ça. Alors, il pense à passer de l’autre côté, préparant un ultime coup pour conquérir une jeune femme et un petit paquet d’argent au passage… Qu’est ce qu’on ne ferait pas par amour et l’appât du gain?

Ces histoires, on pense d’abord qu’elles sont indépendantes, puis on se rend compte, petit à petit, que tout est lié. Damien Ruzé par sur les chapeaux de roues, tel une balle tirée, pour ne s’arrêter qu’à la toute fin, avec de petites phrases courtes, incisives, souvent sans compléments ni verbes, donnant vite le tournis et un rythme assez rapide à notre lecture. Ce n’est pas vraiment le style d’écriture que j’apprécie et que j’ai l’habitude de lire, mais je m’y suis vite habitué. Cependant, je n’ai pas assez aimé pour pouvoir me relancer dans une telle lecture un jour. Le vocabulaire utilisé est assez cru, bien souvent de l’argo, mais malheureusement l’emploi des synonymes ne se fait pas assez souvent, si bien que toutes les fois où les personnages se mettent à fumer, ils sortent tous une “tige” pour se la griller, ce qui devient assez redondant une fois qu’on a passer la moitié du livre.

Nos personnages ne sont pas des héros, des bad-boys qui feraient tomber n’importe quelle fille en un clin d’oeil, ce sont tous des pourris. Stan est un jeune drogué qui a les yeux plus gros que le ventre et qui ne réfléchit pas assez, Swan est le parfait petit chef trop observateur et qui ose le tout pour le tout. Cependant, j’ai trouvé dommage que l’on ne s’intéresse pas d’assez près des autres, comme Bohr, la jeune femme qui l’a séduit ou encore les autres compagnons de casse de Stan et Swan, parcequ’au final on ne sait pas vraiment qui est dans le gros coup de la fin, ni pourquoi Stan spécifiquement, ni même ce que devient le propriétaire de la casse auto alors que c’est quand même un élément majeur du final. Beaucoup trop de questions qui restent soulevées à mon goût pour que je puisse apprécier pleinement ce roman.

Un jour il régnerait. Un jour il serait le roi de la Marge. Il en possédait l’étoffe. Les couilles. Il suffisait de réfléchir. D’échafauder des plans à base d’idées originales. De faire mouliner son citron. De faire marcher son cigare. CQFD. Il était un peu rouillé. Il manquait d’entraînement voilà tout. Il allait s’échauffer. Se muscler. Remonter le peloton. Rattraper le retard. Et gagner. Pas à tortiller.

Merci au forum Have a Break, Have a Book et à Rouge Sang éditions pour ce partenariat.

[Chronique] Ludwig Revolution, Volume 1 – Kaori Yuki

[Chronique] Ludwig Revolution, Volume 1 – Kaori Yuki

ludwig revolution 1


Yuki Kaori ou comment détourner les contes pour enfant. Vous imaginiez Blanche Neige, La Belle au Bois Dormant ou le Petit Chaperon Rouge comme de belles princesses, douces, gentilles et innocentes ? Eh bien vous allez les découvrir en tant que tueuses, meurtrières, psychopathes. Et tout ça aux côtés de Ludwig, un charmant Lord anglais qui fait de bien étranges rencontres.

Mon avis

Ludwig Revolution est le manga par lequel il faut commencer si on veut s’initier à l’univers déjanté de sa mangaka, Kaori Yuki. Rappelons-le, son univers glauque, pervers, gore, et qui tourne sur des thèmes comme l’inceste et la nécrophilie, n’est pas commun, et pourrait en rebuter plus d’un. Cependant avec ce premier tome, nous commençons doucement, pour aller petit à petit, vers la noirceur de son univers…

Nous suivons le Prince Louis, alias Ludwig, et son valet, Whilelm, alias Will, dans sa quête de la femme de sa vie. Son père n’en pouvant plus de le voir ramener des filles de joies ou de basse naissance au palais, l’envoie dans cette quête initiatique. C’est à partir de là que l’on va remonter les contes de notre enfance : Blanche Neige, Barbe Bleu, la Belle aux bois dormants, et le Petit Chaperon Rouge. Enfin, à la manière de Kaori Yuki, bien entendu ! Et avec un Prince aux tendances nécrophiles, collectionnant les corps de ses conquêtes, et aimant que les filles à forte poitrine, sa tache ne va pas être aisée… Surtout que les femmes qu’il rencontrera sont toutes dérangées : entre la sorcière SM, la princesse qui cherche uniquement la vengeance en se servant de son corps, ou celle qui a abattu toute sa famille à la hache étant enfant, il aura du soucis à se faire, notre Prince !

Il n’y a rien à reprocher à ce manga : des dessins parfaits, une histoire qui tient la route, et un univers particulièrement intéressant, vu que Kaori Yuki se base sur les contes originels des frères Grimm, déjà particulièrement trash. Un manga que je conseille à tous, mais à ne pas laisser à des plus jeunes lecteurs 🙂