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Étiquette : harcèlement

[Chronique] #Scandale – Sarah Ockler

[Chronique] #Scandale – Sarah Ockler

#scandale

  • Éditeur : Nathan (2015)
  • Pages : 407
  • Genre : Young Adult
  • Prix : 16.90€
  • Acheter #scandale

L’enfer c’est les autres… et Facebook.
Le soir du bal d’automne, Lucy se retrouve au bras de Cole, le petit-copain de sa meilleure amie, cette dernière étant malade. Emportée par l’euphorie et son amour secret pour le jeune homme, Lucy finit par commettre l’irréparable : l’embrasser. Mais bientôt, une photo de son baiser avec Cole est postée sur son propre compte Facebook, ainsi qu’une série de photos présentant ses amis dans des situations compromettantes. En quelques heures, le lycée entier la déteste et pour elle, l’enfer commence…

Merci aux éditions Nathan pour cette lecture !

Mon avis

Lucy va au bal au bras de Cole, le petit ami de sa meilleure amie, qui le lui a demandé. Mais lors de la soirée, elle l’embrasse. Le lendemain matin, elle rentre chez elle et se rend compte que son smartphone a disparu. Une fois connectée à Facebook, elle voit la photo d’elle embrassant Cole et d’autres embarrassantes de ses amis, publiés sur son propre compte. Et ainsi, le harcèlement commence…

Ah, les réseaux sociaux et les jeunes, beaucoup vivent à travers eux aujourd’hui et ne font plus la part des choses. C’est le cas pour les élèves du lycée de Lucy qui participent à un concours de photos la plus compromettante et scandaleuse sur la page de Lady Blabla. Alors quand les photos de la demoiselle sont publiées, elles finissent bien évidemment sur la page de la Lady et provoque le scandale, ainsi qu’un harcèlement envers Lucy, même si elle n’est pas la fautive.

Et tout de ce côté-là est bien expliqué et mis en scène d’une manière très réaliste. C’est sans conteste le bon côté du roman. Mais son point faible, c’est que je n’ai pas ressenti l’intensité des relations : le début d’une relation amoureuse, une amitié vieille de dix ans qui se brise, une haine entre sœurs… C’est plat et ça sonne bateau. Rien de tout cela n’est fort et c’est un peu dommage pour un roman sur l’harcèlement où on compte généralement sur les relations avec ses amis et ses proches pour s’en sortir.

Mais à part ce problème, ce roman est bien écrit, ça se laisse lire, c’est fluide. Le vocabulaire n’est pas complexe, bref de la Young Adult dans toute sa splendeur, il ne faut pas en demander plus. J’ai tout de même passé un bon moment de lecture et je le recommanderais aux personnes qui veulent lire un roman sur le cyber-harcèlement et l’harcèlement en général, à la sauce ado.

[Chronique] Revanche – Cat Clarke

[Chronique] Revanche – Cat Clarke

revanche

  • Éditeur : Robert Laffont (2013)
  • Pages : 504
  • Genre : Drame
  • Prix : 18.50€
  • Acheter Revanche

La vie est injuste.
Jem Halliday est amoureuse de Kai, son meilleur ami, qui est gay. Pas vraiment l’idéal, mais Jem s’est faite à l’idée.

La vie est cruelle.
Une vidéo de Kai en compagnie d’un garçon a été postée sur Internet. Il ne l’a pas supporté et s’est suicidé.

Sa vie ne sera que vengeance.
Quoi qu’il lui en coûte, Jem a décidé de découvrir qui sont les responsables et de les faire payer, un à un, jusqu’au dernier…

Mon avis

Je pense que le résumé en dit assez sur le contenu du livre. Jem emo/gothique, irrévocablement amoureuse de Kai, son meilleur ami gay. Le lendemain d’une soirée chez le petit ami de la sœur de Kai, une vidéo est envoyée par mail, vidéo dans laquelle Kai est en compagnie d’un autre garçon. Il est anéanti, décide de se suicider. Avant de passer à l’acte, il laisse douze lettres à Jem – une pour chaque mois après sa mort – . Jem apprendra qui sont les coupables, et vengera son meilleur ami.

Enfin, venger est un bien grand mot.

Critique garantie sans spoil.

Après Cruelles, Revanche m’a l’air bien fade. C’est toujours aussi bien écrit, et Cat Clarke arrive à nous transporter, mais il y a des choses qui ne vont pas. Si je l’ai lu jusqu’au bout, c’était pour voir si mes intuitions étaient bonnes. Et pour le coup, j’avais raison sur toute la ligne…

Parce que dans cette vidéo, Kai n’était pas seul. Je me doutais déjà à la soirée, que Kai aimait quelqu’un, que c’était réciproque et qu’il ne voulait pas que ça se sache – ça m’a sauté aux yeux comme une évidence – . Quand la vidéo est apparue, ça devenait plus qu’une évidence, je commençais à avoir mes doutes sur le coupable. Quand Jem reçoit les trois noms sur un bout de papier, il devenait évident que c’était cette personne, pour des tas de raisons que je n’évoquerais pas ici, ce serait spoiler. Et quand l’on devine qui c’est dès le début, ça gâche tout le reste de l’histoire.

L’autre gros problème, c’est Jem. Elle est tellement insipide! On ne lui demande pas une maturité hors du commun, car à vrai dire je la comprend: son meilleur ami dont elle était amoureuse s’est suicidé à cause de ce ae@#!! de coupable. Elle vient de perdre son seul ami, son mentor, son frère de cœur, il y a de quoi réclamer vengeance. Mais ne pas parler à la police de la vidéo et préférer se faire sa petite vengeance dans son coin, c’est irresponsable. Elle est aussi extrêmement naïve. On lui donne trois noms, sans explications, elle ne sait pas de qui ça vient, mais pour elle c’est forcément ces trois personnes: elle ne les aiment pas, ils ont fait des blagues pendant cette soirée, c’est forcément eux les coupables.

Et à partir de ce moment là, ça part tellement en freestyle! Elle décide de se venger, des petites vengeances mesquines qui auront certains dommages collatéraux, et qui ne sont pas forcément très réfléchies. Ses idées de vengeances la désignent automatiquement comme coupable, mais tout le monde à l’air d’être aveugle, personne ne pense à elle. Et sincèrement, j’ai eu honte pour elle. Honte qu’elle s’abaisse à des actes si… bas, mesquins, sans se soucier du mal qu’elle faisait autour d’elle.

Bien que le thème laisse penser à l’exclusion à cause de l’homosexualité, j’ai trouvé qu’il parlait plus de l’exclusion à cause des rumeurs fondées par deux-trois élèves, et le mal que ça engendre pour les victimes. Dans les deux cas, que l’on soit plus touché par un thème que l’autre, j’ai trouvé que c’était très mal exploité, que l’auteur n’en parlait pas assez, pour au final se focaliser sur le Plan de vengeance de Jem, qui mange, boit, dort, étudie vengeance encore et encore…

Au final, je me suis plus attachée à Lucas, Kai et Sasha qu’à Jem, qui m’a semblé trop fade et insipide face à des personnages qui montraient des palettes de sentiments bien plus larges et qui ne sont pas obnubilés par une seule et unique chose. Mais il me faut reconnaître une chose, la fin – la toute, toute fin – a réussi à m’émouvoir.

J’en sort très mitigée et que moyennement satisfaite. En espérant retrouver la Cat Clarke de Cruelles dans ses autres romans…