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[Chronique] Les expats – Chris Pavone

[Chronique] Les expats – Chris Pavone

les expats

  • Éditeur : Fleuve noir (2012)
  • Pages : 491
  • Genre : Thriller
  • Prix poche : 7.90€
  • Acheter Les Expats

Connaissons-nous vraiment les personnes qui partagent notre vie ? Cette question, Kate se la pose souvent, elle qui n’a jamais révélé à son mari, Dexter, qu’elle travaillait pour la CIA. Quand celui-ci lui annonce son embauche au Luxembourg, Kate est ravie. Elle va enfin pouvoir tirer un trait sur son passé. Raccrocher son tablier d’agent, prendre un nouveau départ avec sa famille. Là-bas,

Kate n’a d’autre choix que de se réinventer, s’intégrer dans le milieu très cosmopolite des expatriés, s’occuper de la maison tandis que Dexter, de plus en plus distant, rentre extenué le soir… Paranoïa ou instinct ? Malgré son environnement paisible et quelque peu ennuyeux, se réveille chez Kate une méfiance de plus en plus vive. Pourquoi son mari refuse-t-il de lui donner le nom de son employeur ? Et qui sont réellement Julia et Bill, ce couple d’Américains qui cherchent leur amitié de façon si appuyée ? Car Kate sait bien une chose : si elle a pu garder tant de secrets si longtemps, n’importe qui peut mener une double vie…

Mon avis

Kate et Dexter sont heureux en mariage. Parents de deux garçons, ils ont tout juste de quoi vivre. Pourtant, le couple travaille : Dexter est dans la sécurité informatique et Kate est un agent de la CIA. Rien que ça. Et personne ne le sait. Alors quand son mari lui parle d’aller vivre et travailler au Luxembourg, Kate est ravie, elle va pouvoir mettre fin aux mensonges et arrêter son boulot qui ne lui plaît plus tant que ça. Mais une fois arrivée dans son nouveau pays, cette ancienne de la CIA se méfie d’un couple d’expatriés américains, Julia et Bill. Ils sont partout où ils vont, à chaque endroit, chaque lieu de vacance, tout le temps. Et son mari, Dexter, qui ne lui dit rien sur son travail et esquive le sujet… Que lui cache-t-il ? Qui sont ces expats ? Kate va mener l’enquête…

Point d’action et autre joyeusetés sanguinolentes que l’on retrouve majoritairement dans les thrillers, ici c’est plus sur l’aspect psychologique que joue Chris Pavone. Kate devient-elle paranoïaque, ou a-t-elle raison de se méfier de ses nouveaux amis et de son mari, au point de les suivre, d’entrer sur leurs lieux de travail par effraction ? Kate a bien quitté son travail, mais dur dur pour l’ancienne agente de se comporter comme toutes les mères de famille expatriées : s’occuper de sa maison, de sa famille, prendre le café avec ses ami-e-s expats, ect… Son ancien métier lui colle à la peau, et les journées sont bien longues pour une femme sans emploi.

Il comprenait. La terre avait tremblé sous leurs pieds et il était devenu impossible de savoir où Kate se trouvait au juste.

Ce qui renforce ce sentiment de paranoïa, c’est cette alternance entre le passé de Kate et le présent, qui nous amène nous aussi à nous poser des questions sur Dexter, Julia et Bill. Je reste cependant surprise concernant la fin. Par rapport à toutes les décisions et les actions de Kate, j’ai l’impression que cela ne colle pas beaucoup. Après, cette fin reste ouverte, on ne sait pas si tout est bien qui fini bien ou si au contraire l’ultime décision de Kate les plongera dans les ennuis jusqu’au cou. Mais cela reste surprenant. C’est le seul bémol à propos de Les expats, que j’ai trouvé dans l’ensemble plutôt bien amené. Une certaine tension monte pendant que l’on se met à douter devant les découvertes de Kate et les flashbacks qui interviennent régulièrement.

En bref, Les expats est un bon thriller psychologique, mais il ne faut pas s’attendre à une fin dans la lignée du reste du roman. La tension monte, est ravivée régulièrement par le comportement de nos personnages et leurs décisions, mais s’essouffle dans le dernier chapitre. C’est un roman dans lequel on voyage beaucoup en Europe, et plaira à ceux qui n’aiment pas les huis-clos. A savourer, mais avec précaution !

[Chronique] Tes mots sur mes lèvres – Katja Millay

[Chronique] Tes mots sur mes lèvres – Katja Millay

tes mots sur mes lèvres


Ancienne pianiste prodige, Nastya Kashnikov désire aujourd’hui deux choses : traverser sa période de lycée sans que personne n’apprenne rien de son passé, et faire payer le garçon qui lui a tout pris – son identité, son âme, sa volonté de vivre.

L’histoire de Josh Bennett n’est un secret pour personne. Chaque être qu’il a un jour aimé lui a été pris, jusqu’à ce qu’à 17 ans, il ne lui reste personne. Désormais, il veut qu’on le laisse seul, et les gens le font car quand votre nom est synonyme de mort, tout le monde est enclin à vous laisser votre espace.

Tous… sauf Nastya, cette mystérieuse nouvelle fille à l’école qui a commencé à venir le voir et ne veut plus s’en aller, s’insinuant dans chaque aspect de sa vie. Mais plus il apprend à la connaître, plus elle devient une énigme. Alors que leur relation s’intensifie et que des questions sans réponses s’accumulent, il commence à se demander s’il apprendra un jour les secrets qu’elle cache… ou même s’il le souhaite réellement.

 

Mon avis

J’avais vu Tes mots sur mes lèvres un peu partout :en partenariat, à super u, chez mon libraire préféré, à la Fnac, et la même chose me revenait à chaque fois : 1. Cette couverture me fait fuir 2. Le résumé ne me plaît pas 3. Grand format dit 20€ minimum le livre, ça fait chère la déception que je pourrais avoir en lisant ce livre. C’est donc sans grand regret que je me suis détournée vers d’autres titres, puis j’ai eu ma liseuse, et je me suis dit qu’au moins si je n’aimais pas, je pourrais toujours le supprimer. Alors voilà.

Puis je me suis prise une claque. Ce bouquin roxx du poney et le résumé n’est même pas un avant-goût, c’est mille fois mieux à l’intérieur.

Je suis très exigeante en terme de romance. Je n’aime pas quand tout ce passe dans le meilleur des mondes et que nos protagonistes soient heureux. Je ne sais pas pourquoi, mais pour moi une bonne romance est une romance où des gens souffrent. Je veux de la souffrance, des gens qui ne sont pas heureux, qui sont passés dans le mal tellement de fois, des gens qui n’attendent plus rien de la vie. Ou alors que ça se passe bien et que tout leur bonheur se détruise au fil des pages. Ne me demandez pas pourquoi, je ne sais pas du tout d’où ça vient, vu que je suis heureuse et que mon couple n’a jamais été séparé, et que tout ce passe hyper bien.

Vous l’aurez compris, Tes mots sur mes lèvres c’est tout ça à la fois. On a des gens qui souffrent, qui construisent une relation où tout se passe bien, puis tout par en morceaux. D’un côté nous avons Nastya, une jeune fille détruite par un homme, dont nous ne savons rien, juste ce qu’elle veut bien nous dire. Et de l’autre, nous avons Josh, qui a perdu tous les membres de sa famille avant ses 17 ans. Et tous les deux vont tenté de s’aimer malgré leur souffrance, malgré les longs silences de Nastya, cette jeune fille qui s’enferme dans son mutisme dans ce qu’elle appelle « le jour où je suis morte ».

Je vis dans un monde sans magie. Sans miracle. Un endroit où n’existent ni voyants, ni loups-garous, ni anges, ni super héros pour me sauver. Un lieu où les gens meurent. Où la musique tombe en miettes où tout est absolument nul à chier. Le poids de la réalité m’écrase tant que certains jours, je me demande si je serai capable de soulever mes pieds pour avancer.

L’histoire est racontée par Josh et Nastya, découpé en 59 courts chapitres fluides, qui se finissent tous par un cliffhanger. Tu avais envie de lâcher ce livre et aller te coucher ? Non, tu ne peux pas. Tu as envie de savoir la suite et de te replonger au plus vite dedans. Voilà l’effet que ça m’a fait et pourquoi j’ai lu 500 pages en même pas deux jours. On passe à tous les stades dans ce roman : la joie, la peur, la colère, le rire et aussi les pleurs, parce que cette histoire est tellement touchante, tellement criante de réalisme qu’on ne peut sortir de notre lecture sans être touché par nos deux amoureux.

Mais Tes mots sur mes lèvres, ce n’est pas que de la romance. C’est aussi de la vengeance, des secrets, de l’amitié, des relations familiales pas toutes roses et des regrets. Ce récit a réussi à me transporter encore plus loin que Hell de Lolita Pille (dont la romance est tout aussi chaotique, tout s’que j’aime !), bref c’est le coup de cœur assuré. Maintenant je n’ai plus qu’une envie, c’est de l’avoir en version papier et le relire encore et encore 🙂