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[Chronique] Love Whispers, even in the Rusted Night – Ogeretsu Tanaka

[Chronique] Love Whispers, even in the Rusted Night – Ogeretsu Tanaka

love whispers even in the rusted night


Mayama et Yumi sont deux amis qui se connaissent depuis le collège. Séparés au moment de leur entrée au lycée, ceux-ci se retrouvent quelques années après par hasard. Alors que Mayama est à l’université, Yumi travaille dans un restaurant en tant que livreur. Malgré ces années passées sans donner de nouvelles, aucun n’a oublié l’autre, notamment Mayama qui a toujours été captivé par la joie de vivre apparente de Yumi.
Désormais installé avec son petit ami, ce dernier semble cependant vouloir dissimuler certaines choses à Mayama qui compte bien découvrir ce que cache le sourire de son ami…

« Derrière le masque que je te montre se cache un homme au sourire brisé qui espère qu’un jour, peut-être, il trouvera le bonheur… »

Merci aux éditions Taïfu Comics pour cette lecture !

Mon avis

TRIGGER WARNING : Violences conjugales. Si ce genre de situations est gênante ou inconfortable à lire pour toi, il est encore temps de changer de page !

Yumi aime Kan depuis le lycée. Mais depuis que celui-ci est rentré dans la vie active, il bat Yumi régulièrement et de plus en plus violemment. Mais Yumi l’aime, et son petit ami redeviendra peut-être comme avant, comme au lycée ?  Mais quand un ancien ami du lycée, Mayama, lui tend la main, d’autres perspectives s’offrent à lui même s’il ne veut pas les voir, ni même les accepter…

Même pas 200 pages pour parler des violences conjugales, c’est très peu. Court, mais intense.  Pour tout vous dire, je savais que ce serait un sujet dur, mais pas à ce point-là. Quand j’ai commencé ma première lecture, j’ai vite reposé mon manga dès les premières scènes violentes. Je crois que je n’y étais tout simplement pas préparée. J’ai laissé une petite semaine avant de recommencer depuis le début, et j’ai cette fois-ci pu aller jusqu’au bout.

Le sujet est bien traité. Vraiment. J’ai trouvé la réaction de Yumi réaliste. Son syndrome de Stockholm ne peut pas être plus vrai que ce vivent les personnes victimes de violences conjugales : cette volonté de rester auprès de Kan malgré les coups, parce qu’il l’aime et qu’il pourrait redevenir « comme avant », qu’il lui dise oui pour tout, qu’il refuse de voir et d’accepter l’aide de MayamaC’est un sujet traité avec maturité et sérieux, et cela change beaucoup des yaoïs qui présentent ces relations comme des situations normales. Cependant, j’aurais bien aimé en apprendre plus sur Kan, le comment du pourquoi il en est venu là, car nous ne suivons pratique que Yumi pendant tout le long du tome.

Côté graphismes, Love Whispers est vraiment bien travaillé. Les graphismes sont très durs, mais justes. Globalement je n’ai pas grand chose à redire, c’est du beau travail et j’apprécie tout particulièrement le soin apporté aux visages des personnages.

En bref, Love Whispers, even in the Rusted Night est un beau manga, dur et à ne pas laisser à la portée de n’importe qui, mais juste. Assurément, les prochaines publications de Ogeretsu Tanaka seront à suivre ! N’oubliez pas un #TW Violences conjugales en cas de partage de l’article !

[Chronique] Deadlock, Volume 2 – Saki Aida & Yuh Takashina

[Chronique] Deadlock, Volume 2 – Saki Aida & Yuh Takashina

Deadlock 2


Matthew le petit chouchou de la prison s’est fait agresser par un monstrueux détenu. Hors de lui, Mickey décide de se venger. Plus tard, interrogé par des gardiens, Yûto refuse de se mettre à table et finit au trou. Là, il se lie d’amitié avec Neto, un autre détenu condamné au même sort.
De retour dans sa cellule, Yûto est affaibli à cause d’une forte fièvre, Dick prend alors soin de lui et devient anormalement attentionné.

Merci aux éditions Taïfu Comics pour cette lecture !

Mon avis

L’enquête de Yûto piétine. Et il se prend les réalités de l’univers carcéral en pleine face. D’abord la mort. Les agressions plus ou moins justifiées par les détenus. La tension monte et Matthew est retrouvé inconscient, blessé. Mickey veut le venger et entraîne ses compagnons avec lui, mais pour Yûto cela ne va pas se passer comme prévu…

Nous sommes toujours à la recherche de Corbus, même si l’enquête n’est qu’un détail dans ce volume, notre ex-flic étant isolé – ce qui ne va pas arranger ses affaires. Mais cela permet de faire rentrer un nouveau personnage prometteur, à savoir Neto. Sans vouloir spoiler, c’est un personnage puissant qui j’en suis sûre, aura une utilité à un certain moment…

Plus on découvre les camarades de Yûto, plus le mystère s’épaissit autour d’eux. On ne saisit pas encore tout, et surtout nos mangakas nous cachent certains éléments, j’en ai bien l’impression ! Il est clair que l’on ne tournera pas en rond dans la suite avec tout ce qui reste à découvrir. En tout cas, de nouveaux liens se font, mais avec cette tension permanente qui monte au point d’éclater à chaque instants, est-ce qu’ils dureront ? Je ne serais pas étonnée de découvrir que Corbus se cache parmi les compagnons de Yûto !

C’est une suite dans la lignée du premier volume, on va de découvertes en découvertes et l’action est omniprésente. Nous n’avons clairement pas le temps de nous ennuyer. Reste à voir comment les derniers actes et éléments auront été assimilés pour les détenus, et dans quel état d’esprit ils seront… Il me tarde de découvrir tout ça !

En bref, si vous n’avez pas encore craqué pour Deadlock, il est encore temps de rattraper la série, qui s’annonce bien prometteuse !

[Chronique] Baad – Cédric Bannel

[Chronique] Baad – Cédric Bannel

baad

  • Éditeur : Robert Laffont (2016)
  • Pages : 480
  • Genre : Thriller
  • Prix : 21.50€
  • Acheter Baad

Barbarie
Des jolies petites filles, vêtues de tenues d’apparat, apprêtées pour des noces de sang.
Abomination
Deux femmes, deux mères. À Kaboul, Nahid se bat pour empêcher le mariage de sa fille, dix ans, avec un riche Occidental. À Paris, les enfants de Nicole, ex-agent des services secrets, ont été enlevés. Pour les récupérer, elle doit retrouver un chimiste en fuite, inventeur d’une nouvelle drogue de synthèse.
Affrontement
Il se croit protégé par ses réseaux et sa fortune, par l’impunité qui règne en Afghanistan. Mais il reste encore dans ce pays des policiers déterminés à rendre la justice, comme l’incorruptible chef de la brigade criminelle, le qomaandaan Kandar.
Déflagration
Nicole et Nahid aiguisent leurs armes. Pour triompher, elles mentiront, tortureront et tueront. Car une mère aimante est une lionne qui peut se faire bourreau.

Merci aux éditions Robert Laffont pour cette lecture !

Mon avis

Oussama Kandar, qomaandaan dans la police afghane et officiant à Kaboul, se retrouve avec une enquête des plus ignobles à résoudre : un homme – vraisemblablement un américain – tue des petites filles tous les dix jours. Dans un pays ravagé par la corruption, cela va être compliqué de retrouver cet homme. Tandis qu’en Europe, Nicole Laguna et sa famille se font kidnapper par la Copula, la mafia italienne. Ex-agent des services secrets, elle se retrouve obligée de retrouver un chimiste français qui fabrique une nouvelle version d’une drogue pour la mafia russe, si elle veut un jour revoir son mari et ses enfants. Kandar et Laguna, deux personnes que tout oppose qui doivent trouver des personnes trop bien cachées…

Vous vous en doutez, les deux histoires sont liées et vont s’entrecroiser dans ce récit riche qui nous fait voyager en Afghanistan. L’auteur ayant vécu là-bas, cela donne une certaine saveur à cette histoire. Entre ses paysages et ses personnages bien fouillés, le dépaysement est total. De plus, le contexte géopolitique est réaliste et est très bien retranscrit, l’immersion est parfaite. De plus, les « faits » de cette fiction se déroulent visiblement à la même époque que la notre, et se retrouve lié à l’actualité brûlant du moment : l’État Islamique.

La question des droits des femmes afghanes est évoquée, à travers la RAWA (association révolutionnaire des femmes afghanes), mais aussi à travers des femmes comme celle de Kandar, membre de la RAWA, donc, et Nahid, la mère d’une des petites filles qui va se battre envers et contre les hommes pour tenter de sauver sa fille. Ce sont des personnages forts qui ne nous laissent pas indifférents.

Il y a énormément d’action dans ce roman, entre la traque en Europe de Nicole et celle de Kandar en Afghanistan, on ne s’ennuie pas un seul instant. Et les retournements de situations sont tellement bien placés ! J’ai juste lâché dans les parties en Italie, elles m’apparaissent comme superflues, n’apportant rien à l’enquête et à l’histoire en général vu qu’il ne s’y passe pas grand chose.

Pour finir, juste un mot sur la couverture : elle est simple, mais j’adore le jeu des couleurs ! 🙂

En bref, Baad est un roman très intéressant et qui apporte un dépaysement total, loin de cet Afghanistan décrit par les médias. L’histoire nous prend aux tripes et on se surprend à croiser les doigts pour que ces enquêtes se terminent bien. J’ai beaucoup aimé ce titre, et je pense m’intéresser à ceux que l’auteur a déjà écrit !

[Blabla] Le consentement sexuel dans la littérature

[Blabla] Le consentement sexuel dans la littérature

Le consentement sexuel est l’accord qu’une personne donne à son partenaire au moment de participer à une activité sexuelle. Ce consentement doit d’abord être donné de façon volontaire, c’est-à-dire qu’il doit s’agir d’un choix libre et éclairé. Si le choix n’est pas libre et éclairé, le consentement n’est pas valide.
Educaloi

Ou pour ceux qui comprennent mieux quand c’est imagé, remplaçons le consentement sexuel par une tasse de thé :

Ça, c’est dans les faits. En réalité, le consentement n’est pas souvent respecté, et internet regorge de témoignages abondant dans ce sens. Et dans la littérature (française comme étrangère), ce n’est qu’une notion vaguement respectée et amène à des situations où l’on se demande pourquoi on a publié ce livre sans s’inquiéter que si il y a des scènes de sexe sans consentement, qu’importe le contexte, c’est un viol. C’est pourquoi, après plusieurs lectures qui m’ont faite bondir, j’avais envie d’écrire sur le sujet.

Je ne vais pas citer le sempiternel Cinquante nuances de Grey, je pense que nous sommes tous d’accord sur le fait que ce livre est une aberration dans son genre. Je ne vais pas non plus citer les différents titres des livres/les noms d’auteur.e.s ayant zappé la case consentement, parce qu’une bonne partie sont des titres de petit.e.s auteur.e.s français.es, et/ou dans de petites maisons d’éditions, et mon but n’est pas de vous inciter à boycotter ces livres, auteur.e.s et maisons, ni même à ce qu’ils reçoivent des messages virulents.

Le consentement et le mouvement féministe

C’est grâce aux mouvements féministes que les hommes et les femmes prennent petit à petit conscience des inégalités entre eux, mais aussi d’autres problèmes, comme le harcèlement de rue, l’absence de consentement dans de nombreux domaines, et j’en passe. J’ai cité le cas du harcèlement car il est très lié au consentement, car quand une femme dit non dans la rue, elle a une chance sur dix pour que la personne la laisse tranquille. Malheureusement, c’est souvent un enchaînement de questions et remarques déplacées sur son sexe, sa tenue, son corps, ect, qui vont suivre. Un non suffit rarement.

Si j’ai choisi de commencer par parler féminisme, c’est parce que j’ai souvent vu les deux sujets liés dans mes lectures. Le personnage principal fait l’amère expérience de devoir forcer pour que son consentement soit respecté par son partenaire, qui la boude après, parce qu’elle a refusé d’aller plus loin. Le perso principal en parle avec une personne de son entourage, qui lui dit : « Je ne suis pas féministe, mais je trouve que le consentement c’est important tout de même, et que ton amant doit te respecter, sinon ça vaut pas le coup » et le perso principal d’acquiescer car on lui a donné l’accord de faire valoir un droit fondamental. Et la questions que je me pose : à partir de quel moment avez-vous cru qu’il était possible de réclamer que l’on respecte notre consentement se fait uniquement si on est féministe ? A partir de quel moment avez-vous cru qu’il est possible de réclamer que l’on respecte notre consentement se fait uniquement si nous avons l’aval de quelqu’un d’autre? Il n’y a pas besoin de se proclamer féministe pour avoir droit au respect qui nous est dû (ce n’est pas une récompense). Ni même de demander l’accord à une tierce personne.
L’on peut faire un raccourci, avec ce genre de remarques : seules les femmes féministes ont le droit au consentement. Et c’est faux ! Une femme doit tout autant respecter le consentement d’un homme ou d’une autre femme, et c’est pareil chez les hommes. Que l’on soit trans, que l’on ne s’identifie pas à un genre. Que l’on soit de n’importe quelle religion. De n’importe quel bord politique. Le consentement, c’est fait pour tout le monde.

Le consentement et le harcèlement

Je le disais plus haut, les deux sont très liés. J’ai commencé à lire (j’ai abandonné ma lecture tellement je n’en pouvais plus) en fin d’année 2015 un roman d’une auteure dont j’avais apprécié le tout premier livre. J’ai vite déchanté. On ouvre le bal avec une journaliste qui part faire un reportage dans une forêt vierge, avec un collègue ultra-paternaliste, quand elle se retrouve seule avec son guide. Cela ne fait pas 10 minutes qu’ils sont partis que le harcèlement commence… Et que la journaliste ne dit rien. Elle lui colle une gifle quand il lui met la main aux fesses sans son consentement. Mais c’est tout. Le harcèlement continue et la journaliste présentée comme une « forte tête » qui n’a jamais sa langue dans sa poche subit. Puis le guide l’allège de son sac à dos, parce que c’est trop lourd pour une femme. D’ailleurs la femme et matérialiste, car le guide vide les 3/4 du sac d’objets inutiles, où il passe en revue les sous-vêtements de la journaliste, se passant ses strings sur le visage, devant elle, qui ne dit rien. Pas une pensée comme « ce mec est un pervers ». Non. Le seul moment où elle s’insurgera réellement, c’est quand il jettera ses escarpins Prada, en mode « qu’il inspecte mes sous-vêtements, passe encore, mais qu’il jette mes escarpins Prada, non ! » . Inutile de dire que je me suis tapée la tête contre la Kindle. Je me suis spoilée, à la fin ça part en parties de jambes en l’air et ils forment un couple très heureux. La douche froide.

A quel moment l’auteure s’est dit que ce serait génial ? A quel moment une femme finirait dans le lit de son harceleur ? Je n’ai pas osé continuer par peur de lire des scènes de viol. Le consentement est oublié, à peine une petite rébellion dans les premières pages, mais cela ne va pas plus loin. C’est juste glauque.

Le consentement et le viol

Si il n’y a pas de consentement, que nous soyons clairs : c’est un viol. Si une femme dit non, et que son partenaire l’oblige, c’est un viol. J’ai lu un livre où toutes les relations sexuelles du personnage principal étaient des viols. L’auteure n’avait pourtant jamais écris de scènes de sexe, mais elle a reçu les conseils d’une autre auteure, dont je sais de réputation que le consentement est absent de ses livres. Première relation : une tentative de viol. C’est la seule fois où ce sujet sera abordé dans ce livre. Deuxième relation : le garçon qui l’a sauvée, nice guy de son état, profite qu’elle ait trop bu pour la pénétrer. C’est un viol. Troisième relation : Un mec (un vampire, pour comprendre la suite) qu’elle a rencontré veut coucher avec elle dans sa chambre étudiante, elle dit non, elle se débat, il la force, il l’hypnotise, elle se laisse faire car l’hypnose la retient prisonnière. C’est encore une fois, un viol. Et cette scène se répètera plusieurs fois après. Mais mis à part la tentative de viol du début, jamais les viols qui se sont déroulés n’ont été présentés comme tels. Elle a pris du plaisir, alors on considère que c’est bon. Et elle entretient une relation normale (en dehors de leur problème vampirique) avec ces deux garçons et aura peur uniquement si celui qui a tenté de la violée tente de s’approcher d’elle.

Outre la banalisation du viol dont j’aurais tant à dire dessus, pas une seule fois le consentement est respecté, mais comme la demoiselle a pris du plaisir, et qu’elle avait bu la première fois, l’auteure passe dessus en mode « c’pas grave, c’est normal ». Dans la vraie vie avec des vrais gens, le personnage principal serait juste totalement détruite, psychologiquement. Pas sûre qu’elle partirait ensuite en mode road trip avec son violeur. Spoiler : dans la réalité elle lui adresserait même pas la parole, sauf si elle est vraiment obligée. Et encore.
Après, il est important de noter qu’il arrive que des victimes de viol ne se rendent pas compte immédiatement qu’elles viennent de subir ceci. Et cela peut prendre jusqu’à plusieurs années avant qu’elles ne s’en rendent compte. Il en va de même qu’il y a des violeurs qui ne se rendent pas compte de leur acte sur le moment, mais bien plus tard. Cependant, ce ne sont pas des points que j’ai pu voir dans mes lectures car le viol – à part dans des livres qui en parle sérieusement – est toujours traité au dessus de la jambe, malheureusement.

Le consentement dans une relation de confiance

Le consentement est tout aussi important, que ce soit à n’importe quelle étape d’une relation, c’est-à-dire même dans un couple, un coup d’un soir avec un ami en qui le personnage a confiance, ou même dans un certain manga, avec son psychiatre, ou un roman dont j’ai déjà longuement parlé par ici qui met en scène une jeune femme entretenant une relation amoureuse avec son oncle qui la viole la première fois, et se moque largement du consentement, en plus de la battre (mais c’est normal, vous comprenez, il est irakien, c’est dans sa culture. Ouep, le racisme est jamais loin,  même dans nos lectures). Et pourtant, pour tous ces cas cités, ils viennent de livres où malheureusement, le consentement n’est pas respecté, dans des relations où les victimes connaissaient la personne, et sont présentés juste comme des personnes recevant amour et affection, alors que non. Vive le syndrome de Stockholm foireux. Et ici encore – et comme dans tous les cas – les victimes ne sont pas blâmables pour leurs actes.

Car connaitre la personne et avoir une certaine relation avec n’autorise en aucun cas personne à passer au dessus du consentement de son partenaire, même si cela reste beaucoup en tête que, par exemple, la femme doit faire son devoir conjugal envers son mari. Ou encore, il est possible de rencontrer des difficultés à dire non, quand on a intégré de faire d’abord plaisir à son partenaire, avant de s’écouter. Il faut garder en tête également que le consentement n’est pas un acquis. Ce n’est pas parce que hier le partenaire disait oui, qu’aujourd’hui il est encore d’accord. Ce n’est pas parce qu’une personne a dit oui à l’une, qu’elle doit dire oui à un autre. Il en va de même pour les pratiques sexuelles, si une personne dit oui pour l’une d’elle, elle ne dit pas oui pour toutes les autres. Le consentement est rétractable, et ce sans aucune condition !

Le consentement et les yaoïs

J’aborde un autre format, les mangas. Au début, quand les premiers éditeurs spécialisés dans le yaoï sont arrivés sur le marché, ont d’abord pensé à la quantité, plutôt que la qualité. Et malheureusement, ils ont publié même ceux où l’on ne se cache pas pour dessiner de véritables scènes de viol, que les personnages qui auront subi ça détesteront, mais qui vont vite adorer en y repensant, jusqu’à développer un syndrome de Stockholm ultra-glauque… Et tout est prétexte au viol : un ami à qui on arrive pas à déclarer sa flamme, pour punir un homme qui l’a pris en photo, déclarer son amour,… Le raccourci viol=amour/vengeance est trop, trop souvent exploité. Le viol est romantisé, idéalisé, voir même présenté sous un trait d’humour.

Aujourd’hui, cette tendance s’est calmée, les éditeurs sont revenus de ce mode-là car les lectrices (c’est un genre au lectorat majoritairement féminin) sont devenues « exigeantes », bref elles demandaient de la qualité. Mais aujourd’hui, plusieurs yaoïs récents sont encore publiés malgré leurs scènes de viol, parce que rien que le nom de la mangaka fait vendre. Alors on publie, on publie… Sans penser un seul instant que le viol est présent, et qu’il puisse gêner, donner une mauvaise image du genre, ou influencer les lecteur.trice.s. Ils sont de moins en moins nombreux, mais malheureusement encore présents.

A ce sujet, il y a une vidéo sortie récemment qui explique très bien le consentement dans le yaoï :

Le consentement, l’éducation et la culture du viol

L’éducation sexuelle est une nécessité, c’est un fait. Encore aujourd’hui, on apprend aux jeunes filles à faire attention de ne pas sortir tard, de faire attention de ne pas s’habiller trop court, de ne pas trop boire, de ne pas rester seule avec un garçon, car on ne sait pas ce qui pourrait arriver. Mais de l’autre côté, on ne pense pas un seul instant à dire aux garçons de ne pas harceler les filles, qu’importe leur tenue, leur comportement. On ne leur dit pas de respecter leur consentement, de ne pas les violer. C’est toujours aux filles de faire attention à leur « vertu », et c’est tout. Tout ceci porte un nom : c’est la culture du viol. Quand on blâme les victimes, quand on minimise ce qu’elles ont vécu, quand on dit aux filles de faire attention à ne pas se faire violer alors qu’on devrait plutôt dire aux garçons de ne pas le faire. Tout ce dont j’ai parlé plus haut fait également parti de cette culture du viol : banaliser le viol, le normaliser, trouver des excuses à un viol ou au consentement qui n’est pas respecté… Bref, tout cela en fait partie intégrante.

Toujours concernant la culture du viol, ont été publiés cette année des chiffres qui font bondir, tant ils sont réels :

Quatre Français sur dix estiment toujours que la responsabilité du violeur est atténuée si la victime a une attitude provocante (une jupe courte ?). Voilà encore que pour plus de la moitié de la population (61 % de Français, 65 % de Françaises) un homme a plus de mal «à maîtriser son désir sexuel qu’une femme». Et que perdure le mythe du violeur inconnu dans une rue sombre quand la plupart des viols sont commis par des proches. […]Si presque tous les Français (96 %) qualifient à juste titre de viol «le fait de forcer une personne qui le refuse à avoir un rapport sexuel», il s’en trouve encore 24 % pour considérer qu’une fellation relève de l’agression sexuelle, non du viol. De même, 26 % jugent que lorsqu’une victime ne résiste pas aux menaces de son assaillant, ce n’est pas un viol, mais une agression sexuelle.[…]Elle dit «non», mais au fond d’elle, elle pense «oui» : cette idée-là aussi persiste, chez deux sondés sur dix.[…]Selon Ipsos, 41 % des Français sous-estiment encore le nombre de viols. Alors que 84 000 viols ou tentatives de viol sont toujours perpétrés chaque année en moyenne en France. On arriverait sans doute «à plus de 200 000» en incluant les mineurs, premières victimes des violences sexuelles, selon l’association Mémoire traumatique, qui s’apprête à lancer une campagne contre le déni. Source

C’est assez effarant !

En bref

Le consentement sexuel est une chose tellement importante, que je me demande comment on peut encore passer au dessus. Il est important de respecter le choix de son partenaire, qu’importe la condition. Il est important d’imposer son refus, que l’on soit féministe ou pas, d’un sexe ou d’un autre, qu’on accorde pas d’importance à son identité, que l’on soit de n’importe quelle religion, de n’importe quel bord politique.
Que la personne violée ai bu, ou ai porté une tenue courte n’est pas une excuse pour banaliser l’acte. Il en va de même si elle a eu un orgasme, cela reste toujours et encore un viol. Dans tous les cas, il n’y a aucune excuse. Un viol n’est jamais excusable, malgré ce que l’on peut entendre dans les différents médias, ou lire dans certains livres.

Je me pose des questions, parce que ça devient grave pour moi quand je me retrouve heureuse et d’avoir envie de serrer dans mes bras les auteur.e.s qui respectent le consentement sexuel dans leurs livres. Je ne devrais pas. C’est censé être normal. Alors, pourquoi les éditeurs.trices ne remarquent-iels pas que ce qu’iels publient ne sont ni plus ni moins des scènes de viol que l’on tente de faire passer pour de l’amour ? Pourquoi je ne connais qu’une seule maison d’édition qui affirme haut et fort sur son site qu’elle refuse de publier ce genre de textes alors que les grandes acceptent ça sans soucis ? Pourquoi il y a encore des auteur.e.s qui prennent leur pied à mettre en scène ceci, que cela ne les dérange pas de forcer leur lecteur à lire ça avec forces détails (aucune mention n’est jamais faite sur la couverture, dans le résumé, ou à l’intérieur du livre) alors que non, nous ça ne nous fait pas plaisir de voir des personnages se faire violer dans une fiction sous un prétexte bidon… Pourquoi vous faites ça ? A part gêner vos lecteurs, donner une mauvaise image aux genres littéraires (parce qu’on retrouve ça dans la bit-lit, la new romance, les romans érotiques et les yaoïs principalement), influencer les plus jeunes qui tombent sur ces livres et qui pense que ouais, c’est normal comme relation, pourquoi vous faites ça ?

Le consentement est important, même si cela reste de la fiction, ne l’oublions jamais. Même si des films, des séries, des politiciens, des gens trouveront toujours une excuse ou blâmeront la victime, souvenez-vous de ça : Le consentement est pour tout le monde.

Pour aller plus loin :

Crêpe Georgette : La culture du viol
Madmoizelle : Faut-il interdire les portables ou enfin éduquer les garçons ?« Nous aurions pu être des violeurs » de l’importance de l’éducation sexuelleCulture du viol, consentement et « zone grise »A quand une véritable éducation sexuelle pour les jeunes en France ?
Je suis une publication sexiste : La culture du viol à la télé
Paye ta shnek – Témoignages de harcèlement sexiste dans l’espace public
La culture du viol

[Chronique] Caste Heaven, Volume 1 – Chise Ogawa

[Chronique] Caste Heaven, Volume 1 – Chise Ogawa

Caste Heaven 1


Gouvernée par un système de grades cruel et arbitraire, la jalousie, la convoitise et la peur règnent dans cette école. Parmi les étudiants, Azusa a obtenu le rang de “Roi” lors du précédent jeu. Craint et respecté de tous, il n’a aucune gêne à persécuter ses camarades, mais cette situation change le jour où un nouveau jeu est lancé. Sûr de le remporter une nouvelle fois, Azusa va devoir faire face à la trahison d’un de ses lieutenants, qui va le faire descendre au plus bas rang du classement, celui de souffre-douleur.

Merci aux éditions Taïfu Comics pour cette lecture !

Mon avis

Classe de première dans un lycée. Tout à l’air normal. Enfin presque. Dans cette classe, la hiérarchie est déterminée suivant un jeu de carte. Plus la carte trouvée est forte, plus la position de l’élève est élevée. Et plus elle est faible, plus la position de l’élève baisse, au point de faire de certains d’entre eux les punching-balls de la classe…

Voilà un concept bien original, que de gérer la position sociale des protagonistes via un paquet de carte. Je dois bien avouer que c’est tout ce qui m’a plu dans Caste Heaven. Et j’ai bien l’impression que l’on tournera tout de même très vite en rond, tant tout se passe trop vite, la chute comme l’élévation des élèves se passe rapidement, on a très peu de temps pour voir l’empreinte psychologique du jeu sur les élèves, en dehors des réactions vraiment extrêmes de Atsumu, un élève que l’on va suivre dans la deuxième partie.

caste heaven illus

Mais c’est surtout le côté malsain qui me bloque totalement. On ouvre la première partie sur de la violence, on arrive très vite à un viol et le reste va être dans la même veine, au point qu’il n’y ai que ça : appel au passage à tabac d’un élève, tentative de viol et nouveaux viols, humiliations, élèves de base caste régulièrement maltraités… L’ambiance est oppressante. Ceux qui cherchent de la romance peuvent passer leur chemin, mais ceux qui apprécient ce genre de thème/ambiance aimeront très certainement Caste Heaven pour cela. La deuxième partie est un peu plus soft, mais je ne serais pas étonnée que la nouvelle relation mise en avant prenne un autre tournant par la suite.

Côté graphismes, il n’y a pas de défauts notables, le tout est bien orchestré, mais terriblement banal, générique. Je n’ai pas réussis à m’attacher à un seul des personnages, graphiquement parlant il n’y a rien dans leur chara design qui me pousse à aller vers eux. Tout simplement, ces personnages me mettent mal à l’aise. C’est peut-être l’effet escompté ?

En bref, ce premier tome m’a mise mal à l’aise, que ce soit du côté de l’histoire, des personnages, c’est trop malsain pour moi. La violence pour la violence sans réelle histoire à côté n’est pas ma tasse de thé. Ce premier tome pose les bases et plaira très certainement à de nombreuses lectrices, mais je passe mon chemin. 

[Chronique] Serre-moi fort – Claire Favan

[Chronique] Serre-moi fort – Claire Favan

serre moi fort


Méfiez-vous de qui vous tend les bras…  » Serre-moi fort.  » Cela pourrait être un appel au secours désespéré. Du jeune Nick, d’abord. Marqué par la disparition inexpliquée de sa sœur, il est contraint de vivre dans un foyer brisé par l’incertitude et l’absence. Obsédés par leur quête de vérité, ses parents sont sur les traces de l’Origamiste, un tueur en série qui sévit depuis des années en toute impunité. Du lieutenant Adam Gibson, ensuite. Chargé de diriger l’enquête sur la découverte d’un effroyable charnier dans l’Alabama, il doit rendre leur identité à chacune des femmes assassinées pour espérer remonter la piste du tueur. Mais Adam prend le risque de trop, celui qui va inverser le sens de la traque. Commence alors, entre le policier et le meurtrier, un affrontement psycho logique d’une rare violence…

Merci aux éditions Robert Laffont pour cette lecture !

Mon avis

Nick a perdu sa sœur. Elle devait rejoindre leur mère dans un centre commercial pour faire du shopping,  mais elle n’y est jamais arrivée. La police enquête, piétine, et ne trouve rien tandis que d’autres jeunes filles disparaissent du jour au lendemain. Pendant des années, l’enquête reste au point mort. Des années plus tard, nous suivons Adam Gibson, qui enquête la découverte d’une grotte remplie de cadavres de jeunes femmes, sans savoir que cette enquête allait changer le cours de sa vie…

J’ai totalement adoré la première partie du roman, où l’on suit le jeune Nick qui doit composer avec la disparition de sa sœur et ses parents qui, après une longue période de dépression, sont devenus obsédés par l’enquête policière, au point de rejoindre des groupes de paroles et de monter leur propre association. Et à côté il y a le seul suspect, l’Origamiste, qui court toujours et qui pourtant est au cœur de toutes les discussions des parents de Nick. Une mère intrusive, un père qui s’efface devant la matriarche de la famille, toute la jeunesse du jeune homme se déroule dans l’ombre de sa grande sœur. C’est une première partie très prenante, très forte niveau émotions.

Mais arrivée à la partie de Adam, ça dérape totalement. Je pense que ça devient critique dès l’émeute en prison, un élément très important de l’histoire. Ce passage donne dans la violence et n’est que violence, au point que ça ne paraisse pas crédible. A partir de là, tout s’enchaine avec une telle facilité, par hasard le tueur et l’enquêteur se retrouvent dans le même hôpital, et j’ai décroché. Parce que j’ai senti que l’auteure ne savait plus trop quoi faire de sa fin, comment boucler tout ça rapidement, donnant lieu à des situations incohérentes, peu crédibles, si bien que je ne crois pas un seul instant en cette fin. Quand on recroise Nick dans cette deuxième partie, je ne le reconnais absolument pas, tant dans ses paroles que dans ses actes, tout cela sonne faux.

Concrètement, et sans vouloir spoiler, on apprend qui est le tueur à la fin de la première partie et je pense que le roman m’aurait plu jusqu’au bout si l’affrontement entre le tueur et Adam aurait été plus psychologique, plus puissant, en plaçant la révélation ultime sur l’identité du tueur à la toute fin. Ce qui donnerait une fin ouverte autant surprenante que celle présente, plus cohérente, crédible, bluffante. Mais je n’ai pas le pouvoir de réécrire les livres ! 😉

En bref, Serre-moi fort est un thriller qui démarre sur les chapeaux de roues, mais qui s’essouffle trop rapidement, perdant en cohérence et en crédibilité au fil des pages. La première partie est très bonne, bien dans le thème, mais la fin me laisse de marbre.

[Chronique] 10 count, Volume 2 – Rihito Takarai

[Chronique] 10 count, Volume 2 – Rihito Takarai

10 count 2


Kurose a brusquement mis fin aux séances alors que Shirotani commençait à lui faire confiance. Choqué ce dernier refuse de sortir de chez lui. Kurose lui envoie alors un message.
Kurose a-t-il compris ce que Shirotani cache tout au fond de lui ? La relation entre le psychologue peu sympathique et le secrétaire mysophobe prend une autre tournure.

Mon avis

Kurose annonce à Shirotani qu’il ne souhaite mettre un peu de distance, et ainsi faire une pause dans leurs séances. Choqué par cette décision, Shirotani se coupe du monde extérieur et ne se rend plus sur son lieu de travail. Inquiet, son collègue Mikami tente de joindre le psychiatre pour essayer de faire revenir son collègue à la raison, sans savoir que cela allait définitivement changer la relation des deux hommes…

Et oui, la relation entre Shirotani et Kurose va connaitre de sacrés changements ! Le psychiatre revient, mais refuse de garder ses sentiments pour lui et les exposent à son malade, qui va s’en retrouver troublé. Cela aurait pu en rester là, mais Kurose va plus loin et impose des contacts physiques à Shirotani, oubliant sa maladie… Et la notion de consentement ne devient qu’une limite floue qui n’est plus respectée, ce qui m’a surprise étant donné que Rihito Takarai n’est jamais allée jusque là. Bien sûr que Shirotani a aimé ça, mais il ne le voulait pas.

C’est discutable, d’une ça va trop vite, le premier tome présentait les prémices d’une romance entre un homme très atteint qui ne pouvait même pas serrer la main des autres et un psychiatre neurasthénique, le second est carrément sexuel. Et de deux, la méthode de Kurose – alors qu’il est psychiatre – n’est vraiment pas là pour aider son patient. On lâche totalement le côté psychologique qui m’avait beaucoup plu dans le premier tome. C’est dommage, d’autant plus que d’habitude j’adore regarder ces scènes intimes, elles sont toujours très sensuelles et très plaisantes à regarder, mais cette fois-ci elles m’ont plus gênée qu’autre chose avec ce contexte.

En bref, ce deuxième tome va beaucoup trop vite et je suis dérangée par cette absence de consentement. Je continuerais tout de même la série, avec l’espoir de retrouver une relation plus saine par la suite.

Edit du transfert de blog, juin 2016 : Après confirmation auprès de lecteurs, la suite est toujours marquée par cette absence de consentement. Ce sera donc sans moi, malheureusement.

[Chronique] Esclave de sang – Tasha Lann

[Chronique] Esclave de sang – Tasha Lann

esclave de sang


Mon nom est Evy Dumas et je suis une jeune étudiante tout ce qu’il y a de plus banale. Du moins je l’étais jusqu’à ce que j’aie le malheur d’accepter de suivre mes amis à la fête universitaire d’octobre.Ils se sont bien amusés.
Pour moi… disons que la soirée a été intéressante.
Me voilà maintenant ballottée entre la France et l’Écosse, entre la fac et une cité hors du temps dirigée par cinq types carrément flippants.
Des vampires…
Comme ce gars – sublime – qui se croit en droit de diriger ma vie simplement parce que je l’ai vu planter ses crocs dans le cou d’une fille.
Cela vous paraît difficile à croire ?
Et pourtant…

Merci aux éditions Calepin pour cette lecture !

Mon avis

Evy est une étudiante droite dans ses bottes : pas d’alcool, pas de garçon, très impliquée dans ses études et son petit boulot à la fac. Alors qu’elle accompagne ses deux meilleures amies à une soirée d’un de leurs camarades, une étudiante va disparaitre. Une soirée qui va changer la vie de Evy de tout au tout…

C’est un roman que j’ai lu d’une traite, mais qui me laisse dubitative. Je me demande si une suite est prévue, car ce livre me fait l’effet d’un gros prologue à quelque chose de plus grand, plus dans le ton de A.B.I.E ou encore de Éclat nocturne. Tout se déroule trop vite, on a très peu d’indications temporelles donc il est dur de se situer dans le temps et de savoir combien de temps les choses durent (sauf une fois où un délais en semaine et lâché, mais j’en reste surprise, étant donné que l’auteure y passe très peu de temps). Je pense que plus de descriptions sur certains moments auraient aidé aussi à mieux comprendre le comportement de Evy à la fin, par exemple, car vu comment elle repousse son vampire tout le temps (sauf en hypnose, évidemment), ça ne colle pas des masses.

La fin en général me parait assez brute, elle me laisse un gout d’inachevé, ainsi que le sentiment que ce livre n’est que le premier tome d’une saga. Du moins, je l’espère ! Parce que j’aimerais bien en apprendre plus sur l’univers vampirique de Tasha Lann, même si je vous avoue que j’ai eu un peu peur quand Jehan, vampire de son état, s’est inscrit à la fac pour retrouver une humaine, avec un style vestimentaire que ne renierait pas Stefan Salvatore de Vampire Diaries… Et il ne brule pas au soleil, malheureusement.

Evy est une jolie fille qui s’ignore, attire tous les beaux mecs, mais qui continue à se dévaloriser (cliché, je sais). En parlant des « beaux mecs », c’est une belle bande psychopathes. Un violeur qui tente de profiter de Evy quand elle a trop bu, un autre qui la sauve mais qui profite quand même de son état d’ébriété, et un autre qui n’a pas connaissance de la notion de consentement quand la demoiselle lui dit non dans sa chambre étudiante… Visiblement, aucun de ces gars n’a vu la vidéo Tea Consent. Mention tout de même aux scènes de sexe sous hypnose qui sont très érotiques, bien amenées et bien écrites (bien que je doute que la notion de consentement soit encore respectée à ce niveau-là, l’hypnose ne permettant pas d’agir de soi-même).

Bref, Esclave de sang est une petite bit-lit pas très longue, assez commune et qui souffre de quelques clichés. Le sentiment d’inachevé me fait penser qu’une suite devrait voir le jour, et je serais très intéressée de voir ce que cela donnerait. Et n’oubliez pas, ne forcez personne à boire une tasse thé !

[Chronique] Under Grand Hotel, Volume 1 – Mika Sadahiro

[Chronique] Under Grand Hotel, Volume 1 – Mika Sadahiro

under grand hotel 1

  • Éditeur : Taïfu Comics (2010)
  • Genre : Yaoï
  • Plus édité

New York, Long Island, Sen Owari, étudiant japonais, est incarcéré dans la prison souterraine de niveau 3, Under Ground Hotel. Il y fait la rencontre de Sword Fish, le caïd des lieux, et conclut un pacte charnel avec lui pour assurer sa protection. C’est le début d’une relation sauvage et intense entre les deux hommes, enfermés tous les deux jusqu’à la fin de leur vie dans un univers où seuls règnent la violence et le sexe…

 

Mon avis

Under Grand Hotel est une duologie qui se déroule dans une prison souterraine américaine : Under Ground Hotel. Quand Sen est incarcéré là-bas, il se rend compte qu’il doit absolument trouver un protecteur. Il va le trouver en la personne de Sword Fish et va accepter de coucher avec lui pour éviter le danger constant qui règne dans ce lieu où même les surveillants sont corrompus.

Je n’en ressors pas particulièrement emballée, de ce manga. J’en étais à compter les pages car rien de palpitant ne s’y passe, c’est toujours le même schéma : Sen se fait violer et/ou accepte de coucher avec tel ou tel personnage et/ou se fait tabasser, Sword fait son jaloux pour une raison x ou y, puis le défend suite à son viol ou son passage à tabac (quand ce n’est pas les deux en même temps ou si ce n’est pas Sword qui le viole. TROP CLASSE.).

Rajoutons par dessus qu’il n’y a pas de scénario, c’est de la drague, du sexe, des viols à foison et de la violence. Même si l’entrée de nouveaux personnages pourraient nous faire penser qu’il va se passer quelque chose, on est vite déçus. Désillusion, j’écris ton nom. Et mention spéciale au chapitre WTF qui est totalement incohérent et illogique. Mais je n’ai pas envie de vous spoiler.

Côté graphisme, c’est old-school. Et pourtant, ce manga n’est pas si vieux que ça (2011 en France, 2009 au Japon). Les expressions des personnages sont mal rendues, soit on est dans l’excès et on se demande ce qu’il arrive à nos personnages, soit ces derniers sont totalement inexpressifs, au bord de la dépression. Pour la proportion des corps, c’est pareil, soit le corps est beau, bien dessiné, bien proportionné, soit la planche d’après il perd 40 kilos et gagne un mètre avec des jambes à rallonge. Il faut faire un choix. Soit l’un, soit l’autre…

Bref, c’est un manga que j’ai eu d’occasion, donc du coup je ne regrette pas trop l’achat, mais il est clair que je ne lirais pas la suite !

[Chronique] Prince Captif, tome 1 : L’esclave – C.S. Pacat

[Chronique] Prince Captif, tome 1 : L’esclave – C.S. Pacat

Prince Captif 1


Damen est un héros pour son peuple et le légitime héritier du trône d’Akielos. Mais lorsque son demi-frère s empare du pouvoir, Damen est capturé, dépouillé de son identité et offert comme esclave au prince d’un royaume ennemi.
Beau, manipulateur et létal, son nouveau maître, le prince Laurent, incarne ce qui se fait de pire à la cour de Vere. Mais dans la toile mortelle de la politique Vérétienne, les apparences sont trompeuses, et lorsque Damen se retrouve pris dans un jeu de pouvoir pour le trône, il doit s’allier à Laurent afin de survivre et sauver son royaume.
Sans jamais oublier une règle vitale : cacher sa véritable identité à tout prix. Car l’homme dont il a besoin est celui qui a le plus de raisons de le haïr… 

Merci aux éditions Milady et à Babelio pour cette lecture en avant-première !

 

Mon avis

Damen est le prince hériter d’Akiléos. Son père venant de mourir, il se prépare à remplir ses nouvelles fonctions. C’était sans compter son demi-frère Kastor qui le capture et l’envoie en cadeau chez l’ennemi, comme esclave sexuel du Prince Laurent et prend le pouvoir à sa place. Pour le peuple, Damen est mort également. Entravé et réceptionné à Vere, il se voit obligé de servir le prince ennemi dont il a tué le grand frère il y a quelques années sur le champ de bataille, il devient donc primordial pour lui de dissimuler son identité à tout prix !

Si vous vous attendez à de la romance entre les deux princes, ça ne va pas être le cas. Il n’y aura pas non plus de scènes de sexes entre eux deux. En effet, l‘auteure reste logique sur toute la ligne : Damen déteste ce peuple et ses dirigeants, tout comme Laurent déteste ceux de Damen, surtout qu’il se méfie de son cadeau -normal-. Aussi, tout dans leur comportement indique qu’ils n’ont pas envie de l’autre : Laurent le traitre vraiment comme un esclave et le prince déchu déteste ce personnage arrogant, froid, calculateur et particulièrement violent.

On suit toute l’histoire du point de vue de Damen, un esclave qui passe ses journées enfermé avec pour seule occupation d’échafauder des plans pour pouvoir s’échapper et rallier son pays. Il ne se passe donc pas grand chose, mis à part pendant ses quelques sorties aux côtés de Laurent où il rencontrera un peuple particulièrement décadent. Il ne faut donc pas s’attendre à de l’action. (Mais peut-être dans le tome 02 : Le guerrier ? )

A l’image de Laurent, ce premier tome a des passages assez violents qui ne plairons pas à tous : viols, tortures, humiliations et j’en passe… Personnellement ça ne m’a pas plus dérangé que ça dans la mesure où cela s’inscrit parfaitement dans l’histoire et l’univers, ce n’est pas juste un rajout fantaisiste de l’auteure. Il faut bien se mettre en tête que l’on suit l’histoire d’un homme rabaissé au rang d’esclave, ça ne va pas être amour, fleurs, paix et petits câlins sous la couette !

Le tout est servit par l’écriture fluide de C.S. Pacat, avec des descriptions justes et précises des lieux et des scènes que l’on s’imagine sans peine, nous plongeant dans l’histoire avec plus de facilité. Le vocabulaire est simple, pas trop complexe. J’ai lu ce livre en deux petites soirées et je compte faire de même avec la suite prochainement !

Si vous comptez lire ce livre, retenez juste une chose : les personnages ne paraissent pas être ce qu’ils sont vraiment