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Étiquette : thriller

[Chronique] Là où les lumières se perdent – David Joy

[Chronique] Là où les lumières se perdent – David Joy

Là où les lumières se perdent


L’histoire sombre, déchirante et sauvage d’un jeune homme en quête de rédemption.

Caroline du Nord. Dans cette région perdue des Appalaches, McNeely est un nom qui fait peur, un nom qui fait baisser les yeux. Plus qu’un nom, c’est presque une malédiction pour Jacob, dix-huit ans, fils de Charly McNeely, baron de la drogue local, narcissique, violent et impitoyable. Amoureux de son amie d’enfance, Maggie Jenkins, Jacob préfère garder ses distances. Il est le dauphin, il doit se faire craindre et respecter, régler les affaires de son père de la façon la plus expéditive qui soit. Après un passage à tabac qui tourne mal, Jacob se trouve confronté à un dilemme : doit-il prendre ses responsabilités et payer pour ses actes ou bien suivre la voie paternelle ? Alors que le filet judiciaire se resserre autour de lui, Jacob a encore l’espoir de sauver son âme pour mener une vie normale avec Maggie. Mais cela ne pourra se faire sans qu’il affronte son père, bien décidé à le retenir près de lui.

Merci aux éditions Sonatine pour cette lecture !

Mon avis

Jacob Mc Neely est le fils de Charly, le baron de la drogue du coin. Alors qu’il a arrêté les cours pour travailler avec son père, il retombe amoureux de Maggie Jenkins, son amour d’enfance à qui tout réussit. Alors Jacob, déjà pas bien aidé par les tâches que lui donne son père comme passer à tabac des gens, il va se mettre dans les ennuis jusqu’au cou juste pour ce nouveau coup de foudre…

Vu comme ça, cela ne ressemble pas du tout au résumé de l’éditeur. Dans Là où les lumières se perdent, il n’est pas vraiment question d’une rédemption, et l’histoire du filet judiciaire qui se ressert autour de notre personnage principal, j’en cherche encore la trace. Pourtant si cela avait été comme ce résumé, j’aurais pu y trouver un intérêt.

Parce que soyons clairs, j’ai l’impression que l’histoire n’a jamais démarré. Et comme c’est un roman court, cette impression s’accentue très vite, en plus d’avoir une autre désagréable impression, celle qu’il manque quelque chose, même après avoir fini ma lecture. C’est peut-être la traduction qui donne ces effets, ou alors c’était déjà le cas dans la version originale, mais je suis définitivement passée à côté.

On peut tout de même lui reconnaître que c’est un roman fluide qui se lit très vite. Il est bourré de rebondissements, mais il y n’y a rien de foufou. Le contenu reste prévisible, et la fin ne m’a fait ni chaud, ni froid. Ce n’est pas un roman que l’on va lire pour son côté positif : il n’en a pas. Il n’y a pas de joie, de bonheur, un seul acte positif. Alors évidemment, on se lasse vite. Pourtant, j’en ai lu du roman noir, mais j’arrivais à ressentir les émotions que l’auteur voulait nous transmettre. Malheureusement, ici ce n’est pas le cas.

Je ne me suis pas attachée aux personnages. Maggie est trop parfaite pour être réaliste, les « méchants » sont trop manichéens, les personnages qui oscillent entre le bien et le mal sont clichés. Concernant Jacob, il manque de caractère. Il n’est qu’un spectateur passif de sa propre vie, ce qui ne m’a pas aidée non plus.

Bref, Là où les lumières se perdent est un roman dont j’en attendais beaucoup, mais qui ne m’a pas plus touchée que ça. Peut-être suis-je passée à côté, peut-être qu’il n’était pas fait pour moi. Toujours est-il qu’il me laisse un sentiment d’inachevé même plusieurs semaines après l’avoir fini.

[Chronique] La vérité sur l’affaire Harry Québert – Joël Dicker

[Chronique] La vérité sur l’affaire Harry Québert – Joël Dicker

la vérité sur l'affaire harry québert


À New York, au printemps 2008, lorsque l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois. Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison.
Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?

Mon avis

Marcus Goldman, écrivain à succès, fait l’expérience de la maladie des auteurs : le syndrome de la page blanche. Son éditeur le harcèle pour qu’il publie au plus vite son livre, sinon il le trainera en justice pour ne pas avoir respecté son contrat qui le lie à sa maison d’édition. Alors Marcus part rejoindre Harry Québert dans le New Hampshire, Québert qui n’est autre que son maître, celui qui lui a tout appris pour devenir un bon auteur. Mais sa retraite va prendre une autre tournure quand on va découvrir le squelette d’une jeune fille disparue depuis 30 ans, dans le jardin de Québert

La vérité sur l’affaire Harry Québert est un bon gros pavé, mais qui se lit bien et assez vite. On saisit assez rapidement que c’est une histoire dans l’histoire de l’histoire (oui oui), et là où réside donc notre intérêt, ce n’est pas forcément de savoir si Harry Québert est innocent, mais plutôt si Marcus va arriver à écrire son livre à temps et si celui-ci va bel et bien devenir le bestseller tant attendu.

Et de là, part une critique du monde de l’édition : les agents littéraires, les éditeurs qui ne pensent qu’aux revenus, les contrats… Et là se révèle à nous tout le business des bestsellers, les fameux contrats comme celui de Marcus ou encore les fameux « Ghost Writers« , ces auteurs fantômes qui écrivent à la place de celui dont le nom sera sur la couverture.

L’enquête est donc plus qu’un prétexte pour faire avancer l’histoire, mais son développement reste intéressant. On devine assez vite quels personnages sont impliqués dans le meurtre et les évènements autour, sans forcément en comprendre les tenants et les aboutissants. Mais le tout reste cohérent et assez compréhensible malgré toutes les histoires qui s’y mêlent.

Le développement des personnages est aussi intéressant, à tous les points de vue. Entre ce que nous montre l’auteur, ce que disent les personnages sur les autres, et ce qu’ils sont vraiment, c’est comme dans la vie : il y a tout un monde et c’est à nous de faire le tri dans tout ça, de saisir les nuances pour mieux comprendre Nola, Québert, et les habitants de la petite ville d’Aurora…

En bref, La vérité sur l’affaire Harry Québert mérite bien ses prix, car il en faut pour arriver à faire tenir autant d’intrigues, tout en restant cohérent et compréhensible du début à la fin. Une bonne lecture dont on aurait tort de s’en priver !

[Chronique] La brigade de l’ombre, tome 1 : La prochaine fois ce sera toi – Vincent Villeminot

[Chronique] La brigade de l’ombre, tome 1 : La prochaine fois ce sera toi – Vincent Villeminot

La prochaine fois ce sera toi


Fleur vérifia sur son téléphone : son père ne lui avait laissé aucun message. C’était curieux, ces trois appels successifs. Pourtant, elle décida de faire la morte. La morte… Une étrange façon de parler, à bien y réfléchir. Et glaçante, quand on l’associait aux coups de fil du commissaire Markowicz. Son père. Pour qui le pire était toujours sûr.

Merci aux éditions Casterman et à Livraddict pour cette lecture !

Mon avis

Léon Markowicz – Commissaire Markowicz – boit et lit beaucoup. Des fois il fait les deux en même temps. Il gère la Brigade Markowicz, spécialisée dans les goules. Car aujourd’hui, avec une simple morsure, n’importe qui peut se transformer en goule et commettre des meurtres des plus sanglants. Et entre nous ça fait désordre. Mais quand c’est la fille de Léon qui est visée par une attaque d’une de ces goules, le commissaire le prend personnellement et va entrainer sa brigade dans cette course contre la montre. Car le tueur est décidé à passer rapidement à l’attaque…

Dans ce premier tome, on se concentre plus sur l’humain que la genèse des goules. Ce sera peut-être plus détaillé dans la suite, mais à part les informations de base qui permettent de comprendre l’histoire, l’auteur n’est pas allé plus loin. Ici, Vincent Villeminot a fait le choix de mettre en avant les personnages qui composent la brigade. Leur passé, ce qu’ils sont au sein de cette unité. On découvre aussi les filles de Léon, dont Adélaïde qui m’a beaucoup amusée, à ses dépends. En tout cas, les membres de la brigade sont tous des personnages haut en couleurs, pour certains à la limite de l’absurde, mais pourtant très sérieux, la marque de fabrique de l’auteur (Nada#1, La famille normale au complet…).

C’est la première fois que Vincent Villeminot s’essaye au roman noir, et pour moi c’est une réussite. L’ambiance installée correspond bien au genre, même si nous sommes ici dans un roman jeunesse. Bien que la construction de l’enquête reste assez banale, l’action est présente et les rebondissements sont très bien placés, tout est fait pour que nous n’ayons pas envie de lâcher notre lecture. De plus, j’ai toujours eu un faible pour l’humour de l’auteur, très subtil, mais qui s’intègre toujours aussi bien à ses récits 🙂

La fin laisse présager que les tomes pourront se lire indépendamment les uns des autres, puisque l’enquête se termine en même temps que ce premier tome.  Nous n’avons pas l’ombre d’un indice concernant le prochain tome, seulement que cela devrait se dérouler très certainement du côté de Rennes. Une affaire à suivre…

En bref, ce premier tome de La brigade de l’ombre pose les bases d’un univers qui s’annonce très intéressant autour des goules. Les personnages sont très bien amenés et j’ai hâte de les découvrir plus en profondeur ! Vivement la suite…

[Chronique] Baad – Cédric Bannel

[Chronique] Baad – Cédric Bannel

baad

  • Éditeur : Robert Laffont (2016)
  • Pages : 480
  • Genre : Thriller
  • Prix : 21.50€
  • Acheter Baad

Barbarie
Des jolies petites filles, vêtues de tenues d’apparat, apprêtées pour des noces de sang.
Abomination
Deux femmes, deux mères. À Kaboul, Nahid se bat pour empêcher le mariage de sa fille, dix ans, avec un riche Occidental. À Paris, les enfants de Nicole, ex-agent des services secrets, ont été enlevés. Pour les récupérer, elle doit retrouver un chimiste en fuite, inventeur d’une nouvelle drogue de synthèse.
Affrontement
Il se croit protégé par ses réseaux et sa fortune, par l’impunité qui règne en Afghanistan. Mais il reste encore dans ce pays des policiers déterminés à rendre la justice, comme l’incorruptible chef de la brigade criminelle, le qomaandaan Kandar.
Déflagration
Nicole et Nahid aiguisent leurs armes. Pour triompher, elles mentiront, tortureront et tueront. Car une mère aimante est une lionne qui peut se faire bourreau.

Merci aux éditions Robert Laffont pour cette lecture !

Mon avis

Oussama Kandar, qomaandaan dans la police afghane et officiant à Kaboul, se retrouve avec une enquête des plus ignobles à résoudre : un homme – vraisemblablement un américain – tue des petites filles tous les dix jours. Dans un pays ravagé par la corruption, cela va être compliqué de retrouver cet homme. Tandis qu’en Europe, Nicole Laguna et sa famille se font kidnapper par la Copula, la mafia italienne. Ex-agent des services secrets, elle se retrouve obligée de retrouver un chimiste français qui fabrique une nouvelle version d’une drogue pour la mafia russe, si elle veut un jour revoir son mari et ses enfants. Kandar et Laguna, deux personnes que tout oppose qui doivent trouver des personnes trop bien cachées…

Vous vous en doutez, les deux histoires sont liées et vont s’entrecroiser dans ce récit riche qui nous fait voyager en Afghanistan. L’auteur ayant vécu là-bas, cela donne une certaine saveur à cette histoire. Entre ses paysages et ses personnages bien fouillés, le dépaysement est total. De plus, le contexte géopolitique est réaliste et est très bien retranscrit, l’immersion est parfaite. De plus, les « faits » de cette fiction se déroulent visiblement à la même époque que la notre, et se retrouve lié à l’actualité brûlant du moment : l’État Islamique.

La question des droits des femmes afghanes est évoquée, à travers la RAWA (association révolutionnaire des femmes afghanes), mais aussi à travers des femmes comme celle de Kandar, membre de la RAWA, donc, et Nahid, la mère d’une des petites filles qui va se battre envers et contre les hommes pour tenter de sauver sa fille. Ce sont des personnages forts qui ne nous laissent pas indifférents.

Il y a énormément d’action dans ce roman, entre la traque en Europe de Nicole et celle de Kandar en Afghanistan, on ne s’ennuie pas un seul instant. Et les retournements de situations sont tellement bien placés ! J’ai juste lâché dans les parties en Italie, elles m’apparaissent comme superflues, n’apportant rien à l’enquête et à l’histoire en général vu qu’il ne s’y passe pas grand chose.

Pour finir, juste un mot sur la couverture : elle est simple, mais j’adore le jeu des couleurs ! 🙂

En bref, Baad est un roman très intéressant et qui apporte un dépaysement total, loin de cet Afghanistan décrit par les médias. L’histoire nous prend aux tripes et on se surprend à croiser les doigts pour que ces enquêtes se terminent bien. J’ai beaucoup aimé ce titre, et je pense m’intéresser à ceux que l’auteur a déjà écrit !

[Chronique] La fille du train – Paula Hawkins

[Chronique] La fille du train – Paula Hawkins

la fille du train


Depuis la banlieue où elle habite, Rachel prend le train deux fois par jour pour aller à Londres. Le 8 h 04 le matin, le 17 h 56 l’après-midi. Chaque jour elle est assise à la même place et chaque jour elle observe, lors d’un arrêt, une jolie maison en contrebas de la voie ferrée. Cette maison, elle la connaît par cœur, elle a même donné un nom à ses occupants qu’elle voit derrière la vitre. Pour elle, ils sont Jason et Jess. Un couple qu’elle imagine parfait, heureux, comme Rachel a pu l’être par le passé avec son mari, avant qu’il ne la trompe, avant qu’il ne la quitte.

Rien d’exceptionnel, non, juste un couple qui s’aime. Jusqu’à ce matin où Rachel voit un autre homme que Jason à la fenêtre. Que se passe-t-il ? Jess tromperait-elle son mari ? Rachel, bouleversée de voir ainsi son couple modèle risquer de se désintégrer comme le sien, décide d’en savoir plus sur Jess et Jason. Quelques jours plus tard, c’est avec stupeur qu’elle découvre la photo de Jess à la une des journaux. La jeune femme, de son vrai nom Megan Hipwell, a mystérieusement disparu…

Mon avis

Rachel prend le même train tous les jours aux mêmes heures, toujours à la même place. Le train passe toujours très lentement prêt de son ancienne demeure. Mais quelques maisons avant son ancienne, un nouveau couple à emménager. Elle ne les a jamais rencontrés, mais les vois tous les matins, sur le balcon. Alors tous les jours, pour passer le temps, Rachel leur invente une vie, des prénoms, toute une histoire où ils sont ses amis, un couple parfait, sans défauts. Mais quand Megan, la femme, disparaît du jour au lendemain, Rachel décide de faire tout ce qui est en son pouvoir pour aider la police à retrouver cette femme qu’elle présente comme son amie…

Est-ce que cette Rachel n’a pas un petit problème ? Oui, elle est alcoolique. Divorcée, au chômage, elle n’a plus rien d’autre dans sa vie que les petites histoires qu’elle se crée. Et voilà qu’un de ses personnages principaux, Megan, disparaît sans laisser de trace. Et on découvre qu’elle n’est pas si parfaite que ça, qu’elle traine de lourdes casseroles qui l’empêchent d’aller de l’avant, faisant d’elle une femme solitaire. Mais tout cela n’aurait pas pu être complet si une femme ne s’était pas décidée à être leur rivale : Anna, la femme de l’ex de Rachel, ultra-protectrice envers sa fille Evie, qui aspire à vivre dans le calme et le bonheur, quitte à éloigner de sa vie par tous les moyens ces femmes qu’elle déteste…

Des personnages hauts en couleurs, donc, mais ces femmes cherchent toutes une solution à leur problème, bien que l’on pourrait regretter qu’elles soient montrées comme des femmes faibles qui ont besoin d’un homme pour s’en sortir. D’ailleurs en parlant des hommes, nous ne sommes pas en reste. On découvre donc les maris de Anna et Megan, parfaits en apparence, de véritables pervers narcissiques en réalité, toujours dans ce besoin de contrôler la vie de leur femme, mais ils ne sont pas manichéens, loin de là, on découvre aussi le peu de bons côtés qu’ils ont. Seul le psy est équilibré, dans cette histoire ! Cependant, je trouve dommage que seules les femmes soient travaillées, aient un passé, une vie, car les hommes ont une grande importance dans ce thriller et il aurait été intéressant d’en savoir plus de ce côté-là.

Je n’ai pas deviné un seul instant ce qui se tramait. Où est Megan ? Qui l’a enlevée ? Pas un seul instant je n’ai vu l’ombre d’un indice, Paula a su distiller ses informations au bon moment, ce qui est plaisant. Il y a beaucoup d’action, de rebondissements et de révélations à couper le souffle, tant on ne s’y attend pas ! En tout cas, La fille du train est tellement bien écrit, l’auteure ayant une plume fluide et un vocabulaire riche – mais pas complexe, que je l’ai lu en quatre heures, et d’une traite ! Un véritable pageturner, en somme, qu’il m’a été agréable de découvrir lors du bookclub de mai chez Madmoizelle.

En bref, La fille du train est un bon thriller qui mérite le succès qu’il connait, il en enchantera plus d’un ! D’ailleurs, la version en poche est pour septembre, et un film sortira chez nous en octobre prochain ! Voici la bande-annonce, mais attention, elle spoile énormément ! Ce visionnage se fait à vos risques et périls !

[Chronique] Maestra – L.S. Hilton

[Chronique] Maestra – L.S. Hilton

maestra

  • Éditeur : Robert Laffont (2016)
  • Pages : 372
  • Genre : Thriller érotique
  • Prix : 18.90€
  • Acheter Maestra

Le jour, Judith Rashleigh est assistante dans un hôtel de ventes aux enchères londonien qui l’exploite malgré ses diplômes et son talent. La nuit, elle officie dans un bar à hôtesses où elle séduit sans effort.
Judith sait qu’elle doit jouer le jeu. Pour faire carrière et pour charmer les hommes, elle a appris à être une gentille fille… Jusqu’à ce qu’elle découvre une gigantesque escroquerie autour d’une fausse toile de maître. Licenciée avant d’avoir pu faire éclater le scandale, Judith décide de fuir avec un riche client sur la Côte d’Azur. Là-bas, un monde décadent et corrompu les attend. Là-bas, elle goûtera à la vengeance. La gentille fille deviendra femme fatale.

Merci aux éditions Robert Laffont pour cette lecture !

Mon avis

Judith est assistante auprès d’un grand groupe qui gère des ventes aux enchères d’œuvres d’art. Désabusée par ce milieu où elle pensait avoir plus de considérations, elle se met à travailler en parallèle dans un bar de nuit où elle joue les hôtesses sexy auprès d’hommes volages, jusqu’au jour où elle découvre une escroquerie à l’hôtel des ventes, et qu’elle se retrouve virée avant d’avoir pu creuser cette affaire. Judith décide donc de fuir avec un de ses clients du bar, direction la France…

Le sexe, ça fait vendre, que ce soit bon ou mauvais, ça on l’a bien compris avec Fifty Shades. Du coup, quand Maestra a débarqué dans nos contrées, la presse généraliste n’a pas hésité, que dis-je, s’est empressée de faire le lien avec la saga de E.L. James, alors que ces livres n’ont rien en commun ( C’est à se demander si ces journalistes lisent vraiment les livres… Ou juste les communiqués de presse). Mais est-ce que Maestra est bon ? J’en ressort sacrément mitigée…

Ce roman est un thriller érotique, et je ne suis pas convaincue par ce mélange, l’auteure n’ayant pas su doser correctement les deux genres. D’un côté, on a le thriller qui ne m’a pas convaincue. Maestra porte cette étiquette pour ses trois-quatre meurtres et sa pseudo-enquête de fin un poil tirée par les cheveux. Concernant le côté érotique, ce n’est pas ça non plus. Alors oui, la notion de consentement est respectée ici, Judith assume et vit pleinement sa sexualité, mais c’est tout. Ce n’est pas émoustillant, rien. On reste dans une surenchère entre les meurtres et les scènes de sexe, l’auteure n’ayant pas su s’arrêter à temps. Toujours ce problème de dosage. Rajoutons à ça des personnages pas attachants, malgré le passé larmoyant qu’on essaye de leur coller…

Mais cela reste fluide, L.S. Hilton a du vocabulaire et on ne tombe pas dans une répétition agaçante. Il y a une bonne documentation sur le marché des œuvres d’art et tout ce qui entoure ce domaine, et c’est bien le seul point positif de Maestra. Il paraît qu’une suite serait prévue, mais que raconter de plus, si ce n’est que de continuer à surenchérir sur les deux tableaux ? Sexe, meurtres, et alors ? Quoi d’autre ? Car c’est comme cela que nous est présentée la fin. Il paraît même qu’un film verra le jour, mais alors là, ne comptez pas sur moi, de même si la fameuse suite est publiée un jour.

En bref, Maestra est un thriller érotique absolument pas convainquant, qui reste dans la surenchère du début à la fin. Les personnages ne sont pas attachants, le seul côté que j’ai apprécié, c’est quand Judith remettait le pied à l’étrier et se remettait dans le marché des œuvres d’art. Mais comme cela ne dure pas longtemps au profit de plus de meurtres et de sexe…

[Chronique] Serre-moi fort – Claire Favan

[Chronique] Serre-moi fort – Claire Favan

serre moi fort


Méfiez-vous de qui vous tend les bras…  » Serre-moi fort.  » Cela pourrait être un appel au secours désespéré. Du jeune Nick, d’abord. Marqué par la disparition inexpliquée de sa sœur, il est contraint de vivre dans un foyer brisé par l’incertitude et l’absence. Obsédés par leur quête de vérité, ses parents sont sur les traces de l’Origamiste, un tueur en série qui sévit depuis des années en toute impunité. Du lieutenant Adam Gibson, ensuite. Chargé de diriger l’enquête sur la découverte d’un effroyable charnier dans l’Alabama, il doit rendre leur identité à chacune des femmes assassinées pour espérer remonter la piste du tueur. Mais Adam prend le risque de trop, celui qui va inverser le sens de la traque. Commence alors, entre le policier et le meurtrier, un affrontement psycho logique d’une rare violence…

Merci aux éditions Robert Laffont pour cette lecture !

Mon avis

Nick a perdu sa sœur. Elle devait rejoindre leur mère dans un centre commercial pour faire du shopping,  mais elle n’y est jamais arrivée. La police enquête, piétine, et ne trouve rien tandis que d’autres jeunes filles disparaissent du jour au lendemain. Pendant des années, l’enquête reste au point mort. Des années plus tard, nous suivons Adam Gibson, qui enquête la découverte d’une grotte remplie de cadavres de jeunes femmes, sans savoir que cette enquête allait changer le cours de sa vie…

J’ai totalement adoré la première partie du roman, où l’on suit le jeune Nick qui doit composer avec la disparition de sa sœur et ses parents qui, après une longue période de dépression, sont devenus obsédés par l’enquête policière, au point de rejoindre des groupes de paroles et de monter leur propre association. Et à côté il y a le seul suspect, l’Origamiste, qui court toujours et qui pourtant est au cœur de toutes les discussions des parents de Nick. Une mère intrusive, un père qui s’efface devant la matriarche de la famille, toute la jeunesse du jeune homme se déroule dans l’ombre de sa grande sœur. C’est une première partie très prenante, très forte niveau émotions.

Mais arrivée à la partie de Adam, ça dérape totalement. Je pense que ça devient critique dès l’émeute en prison, un élément très important de l’histoire. Ce passage donne dans la violence et n’est que violence, au point que ça ne paraisse pas crédible. A partir de là, tout s’enchaine avec une telle facilité, par hasard le tueur et l’enquêteur se retrouvent dans le même hôpital, et j’ai décroché. Parce que j’ai senti que l’auteure ne savait plus trop quoi faire de sa fin, comment boucler tout ça rapidement, donnant lieu à des situations incohérentes, peu crédibles, si bien que je ne crois pas un seul instant en cette fin. Quand on recroise Nick dans cette deuxième partie, je ne le reconnais absolument pas, tant dans ses paroles que dans ses actes, tout cela sonne faux.

Concrètement, et sans vouloir spoiler, on apprend qui est le tueur à la fin de la première partie et je pense que le roman m’aurait plu jusqu’au bout si l’affrontement entre le tueur et Adam aurait été plus psychologique, plus puissant, en plaçant la révélation ultime sur l’identité du tueur à la toute fin. Ce qui donnerait une fin ouverte autant surprenante que celle présente, plus cohérente, crédible, bluffante. Mais je n’ai pas le pouvoir de réécrire les livres ! 😉

En bref, Serre-moi fort est un thriller qui démarre sur les chapeaux de roues, mais qui s’essouffle trop rapidement, perdant en cohérence et en crédibilité au fil des pages. La première partie est très bonne, bien dans le thème, mais la fin me laisse de marbre.

[Chronique] A pile ou face – Samantha Bailly

[Chronique] A pile ou face – Samantha Bailly

a pile ou face


Emma n’en croit pas ses yeux quand elle reçoit un mail de son frère Maxime.
Impossible ! Absolument impossible !
Les images du passé s’impriment sur sa rétine.
La voiture de Maxime. L’accident.
Les secours qui évacuent son corps sans vie.
Emma s’éloigne de l’ordinateur. S’approche à nouveau.
Ses doigts tremblent. Une pression de l’index.
Le message s’ouvre…

Et si soudain, vous pouviez prévoir l’avenir ?

Mon avis

Emma a perdu son frère Maxime lors d’un accident de voiture. La perte d’un proche n’est jamais facile. Interne au lycée caennais Fresnel, Emma passe son week-end chez sa meilleure amie. Alors qu’elle jette un œil à ses mails, elle en voit un envoyé par son frère… Une blague de mauvais goût ? Un mail de l’au-delà ? Après lecture, Emma va vite être partagée entre le hasard et son esprit cartésien…

Premier thriller jeunesse de Samantha Bailly, j’ai décidé de continuer la découverte de ses titres avec A pile ou face pour la simple et bonne raison qu’il se déroule à Caen, ma ville natale que j’ai quitté récemment. Donc, quand Samantha donne les adresses des lieux où Emma se rend, il m’a été très facile de la situer. Tout particulièrement au 200 rue Caponière, que j’ai toujours trouvé intriguant et un peu effrayant quand je passais tous les jours devant. Un vieux manoir inhabité, derrière un haut portail rouillée et cadenassée, perdu au beau milieu d’arbres, à l’entrée du Nice caennais… De mémoire ça m’est resté ! Bref, je me suis bien imprégnée de l’ambiance !

La fin de A pile ou face de Samantha Bailly, c’est à St Pierre, et tout le roman se déroule à Caen 💕

Une photo publiée par Séverine – BFrei (@aponey_supreme) le

On reste dans une certaine dualité du début à la fin : le présent et le passé, croire au hasard ou le rejeter, rester dans le présent ou se perdre dans un futur hypothétique décidé par des tirages… C’est en plus un roman qui se lit facilement, personnellement je l’ai lu d’une traite. C’est toujours un plaisir de retrouver la plume de Samantha Bailly en général, qui est très agréable à lire, c’est un peu l’assurance de passer un bon moment pour qui adore les romans de l’auteure. En plus, ce n’est pas un thriller des plus complexes, cela reste jeunesse, donc parfaitement adapté au lectorat visé, à ceux qui veulent découvrir ce genre par quelque chose de soft, simple, mais efficace ou ceux qui veulent lâcher un peu les grands thrillers plus poussés psychologiquement.

Côté personnage, on se sent facilement proche de Emma, notre personnage principal. C’est une jeune fille forte, qui ne se laisse pas faire, mais qui tombe facilement dans les ennuis. Bien sûr, elle reste une adolescente qui a des contraintes : lycée, parents, amis,… et ça, Samantha ne l’oublie pas. Pour ces raisons, je l’ai prêté à ma sœur qui est élève à Rostand, juste en face de Fresnel, qui devrait plutôt apprécier et se retrouver dans ce personnage !

En bref, le premier thriller de Samantha Bailly est bien mené, savamment dosé et avec des personnages convainquant. J’ai totalement adoré le fait que tout se déroule à Caen. C’est un thriller à la portée de tous, qui traite les sujets de la voyance et la perte d’un proche sans tomber dans les clichés et le larmoyant. En clair, une belle petite réussite.

[Chronique] Les expats – Chris Pavone

[Chronique] Les expats – Chris Pavone

les expats

  • Éditeur : Fleuve noir (2012)
  • Pages : 491
  • Genre : Thriller
  • Prix poche : 7.90€
  • Acheter Les Expats

Connaissons-nous vraiment les personnes qui partagent notre vie ? Cette question, Kate se la pose souvent, elle qui n’a jamais révélé à son mari, Dexter, qu’elle travaillait pour la CIA. Quand celui-ci lui annonce son embauche au Luxembourg, Kate est ravie. Elle va enfin pouvoir tirer un trait sur son passé. Raccrocher son tablier d’agent, prendre un nouveau départ avec sa famille. Là-bas,

Kate n’a d’autre choix que de se réinventer, s’intégrer dans le milieu très cosmopolite des expatriés, s’occuper de la maison tandis que Dexter, de plus en plus distant, rentre extenué le soir… Paranoïa ou instinct ? Malgré son environnement paisible et quelque peu ennuyeux, se réveille chez Kate une méfiance de plus en plus vive. Pourquoi son mari refuse-t-il de lui donner le nom de son employeur ? Et qui sont réellement Julia et Bill, ce couple d’Américains qui cherchent leur amitié de façon si appuyée ? Car Kate sait bien une chose : si elle a pu garder tant de secrets si longtemps, n’importe qui peut mener une double vie…

Mon avis

Kate et Dexter sont heureux en mariage. Parents de deux garçons, ils ont tout juste de quoi vivre. Pourtant, le couple travaille : Dexter est dans la sécurité informatique et Kate est un agent de la CIA. Rien que ça. Et personne ne le sait. Alors quand son mari lui parle d’aller vivre et travailler au Luxembourg, Kate est ravie, elle va pouvoir mettre fin aux mensonges et arrêter son boulot qui ne lui plaît plus tant que ça. Mais une fois arrivée dans son nouveau pays, cette ancienne de la CIA se méfie d’un couple d’expatriés américains, Julia et Bill. Ils sont partout où ils vont, à chaque endroit, chaque lieu de vacance, tout le temps. Et son mari, Dexter, qui ne lui dit rien sur son travail et esquive le sujet… Que lui cache-t-il ? Qui sont ces expats ? Kate va mener l’enquête…

Point d’action et autre joyeusetés sanguinolentes que l’on retrouve majoritairement dans les thrillers, ici c’est plus sur l’aspect psychologique que joue Chris Pavone. Kate devient-elle paranoïaque, ou a-t-elle raison de se méfier de ses nouveaux amis et de son mari, au point de les suivre, d’entrer sur leurs lieux de travail par effraction ? Kate a bien quitté son travail, mais dur dur pour l’ancienne agente de se comporter comme toutes les mères de famille expatriées : s’occuper de sa maison, de sa famille, prendre le café avec ses ami-e-s expats, ect… Son ancien métier lui colle à la peau, et les journées sont bien longues pour une femme sans emploi.

Il comprenait. La terre avait tremblé sous leurs pieds et il était devenu impossible de savoir où Kate se trouvait au juste.

Ce qui renforce ce sentiment de paranoïa, c’est cette alternance entre le passé de Kate et le présent, qui nous amène nous aussi à nous poser des questions sur Dexter, Julia et Bill. Je reste cependant surprise concernant la fin. Par rapport à toutes les décisions et les actions de Kate, j’ai l’impression que cela ne colle pas beaucoup. Après, cette fin reste ouverte, on ne sait pas si tout est bien qui fini bien ou si au contraire l’ultime décision de Kate les plongera dans les ennuis jusqu’au cou. Mais cela reste surprenant. C’est le seul bémol à propos de Les expats, que j’ai trouvé dans l’ensemble plutôt bien amené. Une certaine tension monte pendant que l’on se met à douter devant les découvertes de Kate et les flashbacks qui interviennent régulièrement.

En bref, Les expats est un bon thriller psychologique, mais il ne faut pas s’attendre à une fin dans la lignée du reste du roman. La tension monte, est ravivée régulièrement par le comportement de nos personnages et leurs décisions, mais s’essouffle dans le dernier chapitre. C’est un roman dans lequel on voyage beaucoup en Europe, et plaira à ceux qui n’aiment pas les huis-clos. A savourer, mais avec précaution !

[Chronique] Soleil noir – Christophe Semont

[Chronique] Soleil noir – Christophe Semont

soleil noir


Promu sergent dans le nord de l’Argentine, Esteban Pantoja s’apprête à fêter son avancement en compagnie de sa femme et de sa fille. Pour eux, ce soir-là, tout va basculer… Adela est serveuse dans un bar de nuit de La Paz. Un boulot comme un autre, en attendant mieux. Depuis quelques mois, elle se bat contre des visions qui la hantent jour et nuit. Ils s’appellent Sergio, Kamila, Federico et Diego. Ils sont jeunes, ils ont la vie devant eux. La vie… et un énorme conteneur, abandonné au cœur de la jungle.
Rien ne les vouait à se rencontrer.
Et pourtant, leurs destins sont liés. Tous vont être les témoins de la folie d’un homme. Car au plus profond de la forêt amazonienne, tapi dans son antre, un serpent attend son heure…

Merci aux éditions Critic pour cette lecture !

Mon avis

Esteban vient tout juste d’être promu sergent. Voulant fêter ça avec sa petite famille, il va chercher sa femme avec sa fille. Sa femme travaille à la banque, s’occupe des derniers clients pendant que son mari l’attend. Mais personne ne repartira de la banque, car un braquage est en cours, et ces hommes sont sans pitié. Plus loin, des enfants découvrent un conteneur rempli de cadavres. A la Paz, Adela, une jeune serveuse, est victime d’hallucinations toutes plus réalistes les unes que les autres. Tandis que Esteban se réveille à l’hôpital, seul rescapé du braquage, il jure vengeance. Tout ce petit monde est lié, mais ne le sait pas encore…

Comme dans tout bon roman où tout est lié mais que nos personnages ne sont pas au courant, on est envoyés d’un bout à l’autre. Car même si on se doute de la liaison, quelle est la base de tout ceci ? Comment en sont-ils venu là, alors qu’ils ne se connaissent pas ? C’est ce que nous allons tenter de déchiffrer aux côtés de Esteban, sur la piste des hommes qui ont tué sa femme et sa fille.
Et pour un court roman de 265 pages, il y a beaucoup de monde ! Avec une vie bien à eux, un passé, mais j’ai tout de même eu du mal à les cerner, du au trop grand nombre, on a pas vraiment le temps de s’attacher à l’un d’entre eux.

Le lien avec l’Histoire est assez facile à deviner, mais là où réside l’intérêt, c’est de chercher à savoir qui a fait quoi, et comment. Du reste, l’enquête est cohérente du début à la fin, et il reste assez difficile à deviner les tenants et les aboutissants tant que nos personnages n’ont pas mis le nez dedans, cela reste assez mystérieux pour éveiller la curiosité du lecteur jusqu’au bout.
Côté écriture, je suis ravie de retrouver Christophe Semont avec Soleil noir ! Les descriptions sont toujours autant réalistes, on a l’impression d’y être. La fin reste ouverte, laissant imaginer le bon comme le pire pour l’après, faisant travailler notre imaginaire. Bien que je n’approuve pas forcément le choix de Adela, c’est une fin comme je les aime : tout est bien qui fini bien ou tout est bien qui fini mal ?

En bref, Soleil noir est un court thriller très intéressant à suivre, du fait du style d’écriture très descriptif de son auteur. Bien que l’on ne s’attache pas forcément aux personnages, on reste concentrés sur l’enquête jusqu’au bout. Une bonne lecture, qui satisfera les grands comme petits lecteurs de ce genre.