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[Chronique] Werwolf – Tiéphaine G. Szuter

[Chronique] Werwolf – Tiéphaine G. Szuter

werwolf

  • Éditeur : House made of dawn (2014)
  • Pages : 51
  • Genre : Fantastique
  • Plus édité

Enlisés dans la campagne russe à bord de leur char, quatre soldats allemands errent en quête de secours.

Le froid, la fatigue et la peur pèsent sur eux depuis trop longtemps.

Mais le vrai danger vient peut-être d’ailleurs, de quelque chose qui dépasse leur imagination de simple soldat. Car que peuvent être ces ombres abominables qui rôdent de plus en plus près du char lorsque la nuit tombe ?

 

Mon avis

Werwolf (qui se prononce Vervôlf), est une courte nouvelle fantastique se basant sur les rumeurs et autres mythes qui entourent les troupes d’élite SS. Nous y suivons quatre soldats allemands qui tentent de rallier leurs lignes, en 1944. Deux vétérans, un bleu et un ex-SS qui se retrouvent malgré eux poursuivis par une bête sombre qui ne pense que par la vengeance…

L’auteur maîtrise totalement son sujet: l’Ordre Noir, l’Ahnenerbe, les armes et autres engins utilisés pendant la guerre (notamment les chars). Mais un gros problème persiste: vous avez intérêt à être calé sur ce sujet, sinon vous n’allez pas comprendre grand chose, car il n’y a pas d’annotations expliquant tel ou tel terme, ce qu’est par exemple l’Ahnenerbe, la véritable signification du Wolfsangel, ou ce qu’est un shrapnel.

Il en va de même pour les différents mots orthographiés en allemand, il n’y a aucune annotation. Heureusement pour moi, l’Allemand était ma LV1 et j’ai passé quelques temps dans un lycée bavarois, mais tous les lecteurs n’ont pas une connaissance de la langue. Par contre, il est dommage de constater que les villes citées par nos personnages principaux ne sont pas, elles, en allemand (Hanovre -> Hannover…). Car si on se lance dans cette voie-là, autant y aller jusqu’au bout.

Dans l’ensemble, l’histoire est plutôt bien écrite, mais c’est trop plat. Il n’y a aucune tension, et je ne l’ai pas ressentie à travers nos quatre soldats, traqués à la fois par les Russe, leurs partisans, et quelques loups-garous… On s’inquiète un peu, une fois passer les trois quart de la nouvelle, mais ça ne m’a pas plus touchée que ça.

Je trouve également dommage que l’ex-SS ne tienne pas sur ses positions. En effet, Wolfhart ne veut plus rien à voir avec son passé dans l’Ordre Noir et le projet Werwolf, mais nomme ses chars avec des noms de loups (dont notamment Fenrir, et je trouve dommage que ce nom soit utilisé dans 90% des histoires sur les loups-garous, ça manque cruellement d’originalité), et qu’il explique son passé dans la SS (et donc le projet Werwolf), très facilement à ses subalternes.

En bref, un gros potentiel, mais qui se retrouve gâché par le fait d’être obligé d’aller chercher les informations sur internet alors qu’une annotation en bas de page aurait suffit.

Merci au forum Au coeur de l’Imaginarium et aux éditions House Made of Dawn pour ce partenariat.

[Chronique] Les cendres froides – Valentin Musso

[Chronique] Les cendres froides – Valentin Musso

Les cendres froides


Dix jeunes femmes enceintes, grandes et blondes, sourient à la caméra. Elles attendent les enfants illégitimes de la guerre, conçus avec un officier allemand. Aurélien découvre ce film lors du décés de son grand-père médecin, qui y apparaît. Quand le jeune prof cherche à en savoir plus, il reçoit aussitôt des menaces. Et une octogénaire est tuée chez elle, tout près de la maison dudit grand-père…

Mon avis

Certaines choses sont trop pénibles pour être appréhendées sur le coup. Ce n’est que plus tard, dans la solitude, le souvenir, que pointe la compréhension ; quand les cendres sont froides, qu’on regarde autour de soi pour se trouver dans un monde entièrement différent. – Le Maître des illusions, Donna Tartt.

Ce thriller historique, édité en 2012 par les éditions Points, démarre pour ainsi dire, très rapidement. Nous sommes en 1999, et le corps de Nicole Brachet, une octogénaire, est retrouvé au fond d’un garde-manger, attaché à une chaise par des rubans adhésifs. Le désordre présent laisse imaginer que cette pauvre dame fut la victime d’un  »home-jacking » qui aurait mal tourné. Un mois après, jour pour jour, Henri Cochet décéda suite à une attaque cérébrale. Le narrateur, Aurélien Cochet, petit-fils de Henri, ne le sais pas encore, mais ces deux histoires sont liées, depuis la seconde guerre mondiale.

En parallèle, nous suivront l’histoire de Rachel Weil, en 1941. Une jeune fille de 18 ans née d’un père juif et d’une mère hollandaise, qui tomba enceinte à ses 19 ans d’un livreur de la boutique pour laquelle elle était stagiaire. Les lois contre les juifs se font de plus en plus drastiques, et son père, Élie, médecin de son état, se doute qu’un jour ou un autre, les allemands ne feront pas la différence entre eux deux, et qu’elle soit née d’un père juif la mènera tout bonnement à une de ces arrestations en masses. Voulant la protéger, Élie la confie à une de ses patientes, qui voit en son physique une chance : Rachel et blonde, il suffira d’inventer une quelconque histoire avec un soldat SS mort, et elle pourra rentrer dans un de ces fameux Lebensborn (fontaine de vie).

En triant la collection impressionnante de films amateurs et professionnels tournés en 7mm, 8mm, super 8 ou 9,5mm de son grand-père, Aurélien tombe sur une vidéo de Henri aux côtés d’un soldat SS, dans ce qui semble être une maternité accueillant des femmes se ressemblant physiquement. Un Lebensborn. Que fait son grand-père sur cette vidéo ? Pourquoi est-il aux côtés d’un SS alors qu’il disait être un résistant ? Qui sont ses femmes ? Aurélien va mener son enquête, le menant vers des secrets que ses grands parents ont tout fait pour les cacher. Mais quelqu’un ne souhaite pas qu’il connaisse l’histoire, et le menace de s’en prendre à ceux qu’il aime si il continue son enquête…

Le travail de Valentin Musso sur les Lebensborn est très complet. Autant l’histoire est purement fictive, les données historiques sur ces maternités pratiquant l’eugénisme et le tri racial sont bien réelles. Un point de l’histoire encore très peu connu, et qui mérite tout de même d’être soulevé, ce que l’auteur a très bien fait dans son livre. S’appuyant sur des anecdotes et des témoignages, il a réussi à faire revivre le projet fou de la politique nazi du IIIè Reich : repeupler l’Allemagne de parfaits Aryens élevés par des familles SS en vue de constituer l’élite du futur  »Empire de mille ans ».

Un très bon livre que je conseille à tout le monde, même à ceux qui ne sont pas très fan des thriller.
En savoir plus sur les Lebensborn: wikipédia