Archives de
Étiquette : seconde guerre mondiale

[Chronique] Miss Peregrine et les enfants particuliers, tome 1 – Ransom Riggs

[Chronique] Miss Peregrine et les enfants particuliers, tome 1 – Ransom Riggs

miss-peregrine-1


Jacob est un ado comme les autres, excepté qu’il se pose des questions sur son mystérieux grand-père. Quelles sont ces étranges photos d’enfants qu’il lui montrait quand il était petit ? Les histoires qu’il lui contait sur eux étaient-elles vraies? Et pourquoi disparaissait-il aussi souvent ?
Tout s’accélère le jour où il le retrouve blessé dans son jardin. Jacob a vu des monstres, il en est sûr, et personne ne veut le croire. Il ne lui reste qu’à suivre les dernières instructions qu’a murmuré son grand-père avant de rendre son dernier souffle…

Mon avis

Abe est un grand-père comblé, qui aime bien parler de son enfance à Jacob, son petit fils. Il n’a pas eu une vie facile, car à cause de la guerre, il a du fuir la Pologne en laissant ses parents derrière lui. Son seul salut tient à un orphelinat sur une petite île anglaise. Mais les pensionnaires de cet orphelinat étaient particuliers, certains volaient, d’autre faisaient croître la végétation à une vitesse impressionnante, quand d’autres pouvaient faire ressusciter quelqu’un… Mais plus Jacob grandit, moins il y croit. Jusqu’au jour où les contes de fée de son grand-père vont se rappeler à lui…

Encore un titre que je regrette d’avoir lu si tard ! J’étais – of course – attirée par cette couverture (comment ne pas l’être ?), mais le déclic s’est fait quand j’ai appris que c’était Tim Burton qui allait réaliser l’adaptation cinématographique de la saga ! Étant un de mes réalisateurs préféré, j’ai hâte de voir cette lecture sur grand écran, en priant que cette adaptation soit assez fidèle au livre… (Enfin, j’en doute un peu, il n’est pas fait mention de squelettes dans le livre, et Emma a le pouvoir du feu, et non de l’air !)

Et mon intérêt pour le film s’est intensifié après ma lecture (j’ai spammé le bouton « revoir » de la bande-annonce sur YouTube), parce que mon Dieu, qu’est ce que c’était génial !

Déjà, l’histoire des particuliers est très bien tournée. On aurait pu craindre quelques incohérences, mais non ! Surtout par rapport à la construction de l’histoire. En effet, Ransom Riggs a construit son récit autour de photos en noir et blancs qu’il a trouvé dans des collections privées. Et l’authenticité des photos n’est plus à prouver, ce qui rend la lecture encore plus captivante !

De retournements de situation en rebondissements, on découvre donc la fameuse histoire des enfants pendant la seconde guerre mondiale. Le texte est fluide et la traduction est agréable à lire. De plus, l’ennemi est tellement inattendu que c’est le genre de livres qu’il est bon de relire une fois que nous avons toutes les informations en main pour mieux saisir les nuances. En tout cas, ce premier tome m’a assez convaincue de ce côté-là pour que j’ai envie de lire la suite.

Du côté des personnages, j’ai aimé celui de Jacob. Un adolescent normal, qui a des réactions normales, bref un personnage auquel on peut s’identifier assez facilement. Entre la re-découverte des histoires de son grand-père et les événements qu’il va vivre, ses réactions sont authentiques. Cependant, du côté des enfants particuliers, j’ai eu du mal à me faire à l’idée de leur âge réel, car ils en ont pas l’attitude. Ce sont des enfants jusqu’au bout. Peut-être qu’ils seront un peu plus développés dans la suite ? En tout cas, je l’espère !

En bref, ce premier tome de Miss Peregrine et les enfants particulier a été une agréable découverte. La construction du récit est originale, tout en restant cohérente du début à la fin. Il me tarde de me plonger dans la suite et de découvrir le film !

[Chronique] Le dernier métro pour Artala – Ena Fitzbel

[Chronique] Le dernier métro pour Artala – Ena Fitzbel

le dernier métro pour artala


Dans le lointain pays d’Artala, les nobles sont dotés de la jeunesse éternelle. L’on raconte qu’Érato, leur impétueuse reine, use de magie pour la leur procurer. Mais la réalité est tout autre…
Le jour où son secret est mis en péril, Érato décide de faire appel à Orfef, un ancien lieutenant de sa garde personnelle, banni quelques années plus tôt. Pour aller le trouver aux confins du royaume, elle s’adresse au meilleur ami de celui-ci, Silas, son chef des armées. Le voyage serait bien plus simple pour Silas s’il n’était pas accompagné du premier lieutenant d’Érato, la piquante Nausicaa, qui l’attire plus que de raison.

Merci aux éditions Sharon Kena pour cette lecture !

Mon avis

A Artala, les nobles sont dotés de la jeunesse éternelle, et il se raconte que le reine, Erato, obtient ce sésame par la magie. Or, la vérité est tout autre et elle risque de vite se retrouver à cours de cette potion qui leur procure la jeunesse éternelle. Pour ce faire, elle fait appel à Nausicaa, son premier lieutenant, Silas, son chef des armées et Orfef, un homme banni du royaume. Sauf que les deux hommes ne portent pas la première lieutenant dans leur cœur, qui le leur rend bien. Du moins, seulement dans les premières pages…

Et c’est là que les choses se corsent. Déjà, envoyer les deux personnes les plus importantes du royaume pour ça alors qu’ils sont en pleine guerre, ce n’est pas le choix le plus judicieux. Ensuite, tout ce petit monde se déteste et nous explique bien les griefs qu’ils ont les uns contre les autres, mais ils finissent quelques pages plus loin entre les cuisses de Nausicaa, sans aucune autre forme de procès (pas en même temps, rassurez-vous). Et c’est là que ça me gêne, parce que ça se passe trop rapidement pour des personnes qui se détestent et qui en sont limite à se cracher à la figure deux pages avant. Tout ça manque de réalisme pour que je puisse pleinement l’apprécier, malheureusement.

Côté personnages, je ne me suis pas attachée à l’un d’entre eux en particulier, Erato est censée avoir un certain âge et pourtant manque de maturité. Nausicaa n’est pas mieux, qui se comporte en gamine et qui est une vraie girouette. Du côté des hommes, ça manque de cohérence dans les décisions qu’ils prennent vis-à-vis de leur caractère, même si c’est pour faire fonctionner le triangle amoureux… Bah c’est un peu foireux, en faite.

Mais le tout se laisse lire, c’est fluide, Ena Fitzbel a du vocabulaire et sait de quoi elle parle, l’univers en lui même est bien monté. Je reste cependant assez surprise du mélange seconde guerre mondiale/mythologie grecque pour la trame, mais au final ça a du sens.

En bref, Le dernier métro pour Artala est une romance fantastique qui gagnerait plus en cohérence si le tout était moins rapide et si les prises de décisions correspondaient réellement au caractère du personnage. J’en ressort mitigée, car je ne m’attendais clairement pas à ça.

[Chronique] Lady Mensonges – Marie-Laure Le Foulon

[Chronique] Lady Mensonges – Marie-Laure Le Foulon

lady mensonges


Hollywood vit en Mary Lindell une héroïne de la Résistance. Lorsqu’elle mourut , en 1986, le portrait était parfait. L’infirmière anglaise, devenue comtesse de Milleville par son mariage, aurait fait passer en Angleterre des milliers de personnes et pris la tête d’un réseau basé à Ruffec, dans les Charentes, avant d’être arrêtée puis déportée… Histoire trop bien fabriquée, mémoire très sélective. Dès la fin des années 1940, Mary Lindell entreprend de se fabriquer une légende. Alertée par Anise Postel-Vinay – qui fut déportée à Ravensbrück avec Germaine Tillion – la journaliste Marie-Laure Le Foulon décide de mener l’enquête. Elle consulte les archives en France, en Allemagne, en Suisse, en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Au lieu d’une héroïque comtesse, elle découvre une affabulatrice flanquée d’une bien étrange famille et une déportée dont l’attitude à Ravensbrück pose bien des questions. Lady Mensonges démonte, pièce à pièce, l’imposture. Cette plongée dans les années noires met ainsi d’autant mieux en valeur la trajectoire de celles et ceux qui n’ont pas transigé. Et dont on entend ici la voix, à commencer par celle d’Anise Postel-Vinay.

Merci à Alma éditeur et Babelio pour cette lecture !

Mon avis

Mary Lindell, une femme pleine de courage si on en croit sa biographie. Si on l’écoute, c’est une figure de la résistance, un élément incontournable. Alertée par Anise Postel-Vinay, Marie-Laure Le Foulon mène l’enquête et le résultat est sans appel : Mary Lindell ment. L’auteure, s’appuyant sur des documents et témoignages d’anciens déportés encore vivants, nous démontre l’imposture dans toute sa splendeur. Mais qu’est-ce qui a motivé cette femme à mentir ? La reconnaissance, une quelconque forme de gloire et être reconnue officiellement en France comme déportée et résistante.

Et elle n’est pas la seule à faire ça. Son fils, Maurice, marche dans les traces de sa mère et ment tout autant. Sa fille et son mari sont suspectés d’intelligence avec l’ennemi, mais aussi d’avoir arnaqué des familles de déportés, leur promettant contre de grosses sommes, de faire revenir leurs proches. Et son autre fils, Oky, a filé tout droit en Allemagne en pleine guerre pour y faire sa vie. Une charmante petite famille

Marie-Laure Le Foulon argumente, prouve, a des témoignages, des documents officiels. Et démonte pièce par pièce l’histoire de l’anglaise. La guerre est tellement horrible que moi-même j’ai du mal à saisir comment l’on peut mentir sur un tel sujet, maquiller des faits aussi graves pour une quelconque reconnaissance, sans en éprouver le moindre remord.

Le travail de l’auteure est remarquable, c’est le point fort de ce livre. Mais le point faible, c’est le manque d’organisation. Même si le livre est divisé en plusieurs parties, c’est très fouillis. Des noms ou informations sont données au début du livre, on ne comprend pas leur intérêt ni leur place dans cette partie du livre et on les retrouve tout à la fin avec l’explication qui va avec.
Une bonne partie des argumentaires partent dans tous les sens, on se retrouve avec telle ou telle personne qui aurait pu rencontrer Mary, ou alors toute une partie sur l’explication de la situation d’un hôpital face à la guerre et ses blessés qui est long, fastidieux, pas forcément utile et surtout déjà abordé au moins une fois dans le parcours scolaire. Alors que, par exemple, l’explication du fonctionnement du Revier est plus intéressant car le lecteur lambda n’aura jamais croisé un seul texte dessus avant et voudra comprendre son fonctionnement pour saisir toute l’ampleur du pourquoi le mensonge de Mary ne fonctionne pas dans ce cas là. Sincèrement, le plus souvent j’arrivais à la fin d’un argumentaire en me disant « tout ça pour en arriver à une telle conclusion ? ». Une meilleure organisation, une synthèse des idées de l’auteure et un vide des informations pas forcément utiles ferait gagner 150 pages grand maximum au lecteur.

Bref, un bon livre pour rétablir la vérité, mais il faut s’accrocher pour le finir.

[Chronique] Les cendres froides – Valentin Musso

[Chronique] Les cendres froides – Valentin Musso

Les cendres froides


Dix jeunes femmes enceintes, grandes et blondes, sourient à la caméra. Elles attendent les enfants illégitimes de la guerre, conçus avec un officier allemand. Aurélien découvre ce film lors du décés de son grand-père médecin, qui y apparaît. Quand le jeune prof cherche à en savoir plus, il reçoit aussitôt des menaces. Et une octogénaire est tuée chez elle, tout près de la maison dudit grand-père…

Mon avis

Certaines choses sont trop pénibles pour être appréhendées sur le coup. Ce n’est que plus tard, dans la solitude, le souvenir, que pointe la compréhension ; quand les cendres sont froides, qu’on regarde autour de soi pour se trouver dans un monde entièrement différent. – Le Maître des illusions, Donna Tartt.

Ce thriller historique, édité en 2012 par les éditions Points, démarre pour ainsi dire, très rapidement. Nous sommes en 1999, et le corps de Nicole Brachet, une octogénaire, est retrouvé au fond d’un garde-manger, attaché à une chaise par des rubans adhésifs. Le désordre présent laisse imaginer que cette pauvre dame fut la victime d’un  »home-jacking » qui aurait mal tourné. Un mois après, jour pour jour, Henri Cochet décéda suite à une attaque cérébrale. Le narrateur, Aurélien Cochet, petit-fils de Henri, ne le sais pas encore, mais ces deux histoires sont liées, depuis la seconde guerre mondiale.

En parallèle, nous suivront l’histoire de Rachel Weil, en 1941. Une jeune fille de 18 ans née d’un père juif et d’une mère hollandaise, qui tomba enceinte à ses 19 ans d’un livreur de la boutique pour laquelle elle était stagiaire. Les lois contre les juifs se font de plus en plus drastiques, et son père, Élie, médecin de son état, se doute qu’un jour ou un autre, les allemands ne feront pas la différence entre eux deux, et qu’elle soit née d’un père juif la mènera tout bonnement à une de ces arrestations en masses. Voulant la protéger, Élie la confie à une de ses patientes, qui voit en son physique une chance : Rachel et blonde, il suffira d’inventer une quelconque histoire avec un soldat SS mort, et elle pourra rentrer dans un de ces fameux Lebensborn (fontaine de vie).

En triant la collection impressionnante de films amateurs et professionnels tournés en 7mm, 8mm, super 8 ou 9,5mm de son grand-père, Aurélien tombe sur une vidéo de Henri aux côtés d’un soldat SS, dans ce qui semble être une maternité accueillant des femmes se ressemblant physiquement. Un Lebensborn. Que fait son grand-père sur cette vidéo ? Pourquoi est-il aux côtés d’un SS alors qu’il disait être un résistant ? Qui sont ses femmes ? Aurélien va mener son enquête, le menant vers des secrets que ses grands parents ont tout fait pour les cacher. Mais quelqu’un ne souhaite pas qu’il connaisse l’histoire, et le menace de s’en prendre à ceux qu’il aime si il continue son enquête…

Le travail de Valentin Musso sur les Lebensborn est très complet. Autant l’histoire est purement fictive, les données historiques sur ces maternités pratiquant l’eugénisme et le tri racial sont bien réelles. Un point de l’histoire encore très peu connu, et qui mérite tout de même d’être soulevé, ce que l’auteur a très bien fait dans son livre. S’appuyant sur des anecdotes et des témoignages, il a réussi à faire revivre le projet fou de la politique nazi du IIIè Reich : repeupler l’Allemagne de parfaits Aryens élevés par des familles SS en vue de constituer l’élite du futur  »Empire de mille ans ».

Un très bon livre que je conseille à tout le monde, même à ceux qui ne sont pas très fan des thriller.
En savoir plus sur les Lebensborn: wikipédia