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[Chronique] Nous sommes tous des féministes – Chimamanda Ngozi Adichie

[Chronique] Nous sommes tous des féministes – Chimamanda Ngozi Adichie

nous sommes tous des feministes


«Partout dans le monde, la question du genre est cruciale. Alors j’aimerais aujourd’hui que nous nous mettions à rêver à un monde différent et à le préparer. Un monde plus équitable. Un monde où les hommes et les femmes seront plus heureux et plus honnêtes envers eux-mêmes. Et voici le point de départ : nous devons élever nos filles autrement. Nous devons élever nos fils autrement.» Chimamanda Ngozi Adichie aborde le sujet controversé du féminisme avec lucidité, éloquence et humour.

Mon avis

Ça faisait longtemps qu’on avait pas parlé féminisme par ici, n’est-ce pas ? Et bien nous allons rattraper ça avec Nous sommes tous des féministes, un incontournable. C’est la retranscription d’un TED Talk de Chimamanda Ngozi Adichie, autrice Nigériane née en 1977 et qui a gagné différents prix littéraires pour ses livres.

Dans ce TED Talk, elle revient sur son expérience en tant que femme noire, au Nigéria. Comment les hommes se comportent envers les femmes, ce mot « féministe » lancé plus comme un reproche qu’autre chose, comment les garçons et les filles sont élevées dans cette société patriarcale. L’impact que ça a aujourd’hui sur tout le monde. Car oui, vous l’aurez deviné au titre, nous sommes tous concernés par le féminisme.

C’est un discours féministe dans lequel je me suis beaucoup reconnue. Chaque phrase m’a parlée, m’a touchée. Tout est si vrai. Ce texte est très court, mais apporte tellement que je regrette de l’avoir laissé dormir aussi longtemps dans ma bibliothèque. Il est clair, accessible et va droit au but. C’est vraiment à la portée de n’importe qui – et j’insiste bien là dessus parce que c’est le genre de texte qui devrait être lu par le plus grand nombre.

L’exigence du féminisme militant

Cela reste l’expérience de Chimanda, donc évidemment son discours est hétérocentré et n’est que très peu inclusif. Personnellement, cela ne m’a pas plus dérangée que cela, pour deux raisons. La première, c’est son expérience à elle.
Et ensuite, on ne peut pas attendre que toutes les personnes parlant féminisme, le fasse en incluant toutes les minorités dans son discours. Une non-connaissance du sujet, un manque d’expérience, un oubli parce que l’on se focalise d’abord sur son ressenti… Bref c’est largement excusable.

C’est une chose que j’ai vu reproché à l’autrice, alors que cela ne devrait pas l’être. Et c’est aussi un problème du militantisme actuel, celui d’exiger que tous ses interlocuteurs soient forcément bien éveillés face à tous les sujets qui touchent de près ou de loin au féminisme. Alors que… Non, personne n’est à 100% déconstruit et connait ces sujets sur le bout des doigts, ou encore moins est safe. Et pour ça je vous renvoie à l’article de Buffy Mars sur Tout est politique, qui en parle mieux que moi 😉

Les Marieuses

Mais il n’y a pas que le TED Talk de Chimamanda dans ce livre, mais aussi « Les Marieuses« . Et cette courte histoire est vraiment très bonne ! En si peu de pages, je suis rentrée dans l’histoire, je suis tombée sous la charme. Cela se termine bien trop vite, une quarantaine de pages dont je suis arrivée très vite au bout. Qu’à cela ne tienne, j’ai découvert ici une autrice à la plume formidable, et il me tarde de découvrir ses autres livres !

En bref, Nous sommes tous des féministes, c’est un incontournable. Que l’on soit féministe ou non, l’ouvrage est à la portée de tous, et permet de s’éveiller un peu plus sur le sujet, tout en découvrant Chimamanda Ngozi Adichie. Au faite, je vous ai dit que c’était un coup de coeur ? 😉 

[Chronique] Morwenna – Jo Walton

[Chronique] Morwenna – Jo Walton

Morwenna

  • Éditeur : Folio (2016)
  • Pages : 417
  • Genre : Fantasy
  • Prix : 8.20€
  • Acheter Morwenna

Morwenna Phelps, qui préfère qu’on l’appelle Mori, est placée par son père dans l’école privée d’Arlinghust, où elle se remet du terrible accident qui l’a laissée handicapée et l’a privé à jamais de sa sœur jumelle, Morganna. Loin de son pays de Galles natal, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres, notamment des livres de science-fiction. Samuel Delany, Roger Zelazny, James Tiptree Jr, Ursula K. Le Guin et Robert Silverberg peuplent ses journées, la passionnent. Alors qu’elle commence à reprendre du poil de la bête, elle reçoit une lettre de sa folle de mère : une photo sur laquelle Morganna est visible et sa silhouette à elle brûlée. Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est sa mère ? Elle peut chercher dans les livres le courage de se battre.

Merci aux éditions Folio et à Livraddict pour cette lecture !

Mon avis

Morwenna – qui préfère qu’on l’appelle Mori – est une jeune galloise très loin de son pays. Fuyant sa mère, et tentant de faire le deuil de sa sœur jumelle, elle tente de faire sa petite vie dans l’école privée d’Arlinghust. Mais entre son père qu’elle n’avait jamais vu, les sœurs de ce dernier, son handicap et les fées, est-ce qu’elle pourra retrouver une vie calme pour finir ses études ?

C’est difficile de résumer ce livre sans en dire trop. L’ambiance y est particulière, c’est un récit à la fois beau et étrange.  Mais en tout cas, il ne m’a pas laissée indifférente. On suit Mori à travers son journal intime, où elle raconte sans détours ses journées, ses théories, la magie,  ses liens avec les gens qui l’entoure… On commence avec son arrivée à Arlinghust, pour finir là où tout a commencé, ses racines : Le pays de Galles.

Car il faut savoir qu’il n’y a pas tellement d’action ni de rebondissements, c’est juste la vie d’une jeune fille scolarisée, dotée de pouvoirs, bien qu’avec la magie on pourrait y voir une métaphore du passage à la vie adulte. Au final, le côté fantasy est très peu présent dans ce one shot. Tout dépend si l’on est plus terre à terre et que l’on part sur l’idée de la métaphore, où si on accepte pleinement la magie présente.

Comme l’indique le résumé, il y a énormément de références à des titres majeurs de la science-fiction des années 60-80 (pour faire large), mais il n’y a pas besoin d’être lecteur de SF pour les saisir, Mori expliquant assez souvent pourquoi elle en vient à ce livre, ce passage, ce personnage, cet auteur… En tout cas, c’est un roman qui se lit vite, c’est assez fluide et Jo Walton a un vocabulaire riche.

Le roman est parsemé de jolies citations sur les lecteurs, les livres et les bibliothèques qui ont fait chavirer mon coeur de lectrice, dont en voici une en particulier :

Bibliotropes, a dit Hugh. Comme les tournesols sont héliotropes, nous sommes naturellement attirés par la librairie.

En bref, Morwenna est une jolie fantasy assez soft pour ceux qui ne seraient pas habitués par ce genre. Un roman que l’on peut lire pour son côté magique, ou alors se contenter d’y voir une métaphore sur le passage de la vie adulte. Dans tous les cas, ce n’est pas un roman qui vous laissera indifférent !

[Chronique] 1984 – George Orwell

[Chronique] 1984 – George Orwell

1984

  • Éditeur : Folio (1950)
  • Pages : 408
  • Genre : Dystopie
  • Prix : 8.70€
  • Acheter 1984

De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d’en face.

BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de WINSTON… Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C’était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens.

Mais les patrouilles n’avaient pas d’importance.
Seule comptait la Police de la Pensée.

Mon avis

Winston travaille au Parti. Il est chargé de réécrire des articles de presse pour que le passé corresponde aux dires du Parti. Nous sommes en Oceania, 1984. En guerre contre l’Eurasia et en alliance avec l’Estasia, Big Brother dirige le Parti d’une main de fer, à grand renfort de campagnes de propagande, courant avec la Police de la Pensée contre les Camarades coupables du crime de la Double Pensée…

1984 est un pilier de la dystopie, une base indispensable pour mieux comprendre ce sous-genre de la science-fiction. George Orwell met en scène Winston, un homme désabusé qui va ouvrir les yeux petit à petit sur sa situation et celle de ses camarades. Big Brother est partout, sur la moindre affiche. Tout le monde est surveillé, même chez soi à travers le télécran. Big Brother entretient un climat de peur et de haine contre les opposants du Parti avec les minutes (et semaines de la Haine). La propagande est partout, comme le montre bien le métier de Winston.

Les jeunes enfants sont envoyés dans des écoles où ils apprennent à espionner leur entourage pour le compte du Parti – jusqu’à dénoncer leurs parents, fiers d’avoir bien éduqué leur progéniture – , pour dénoncer quiconque commettrait le crime de Double Pensée. On apprend aux jeunes femmes que la procréation est un devoir envers le Parti et les unions sont autorisées dans ce sens, appuyant bien sur le fait qu’il n’y a pas de plaisir dans le sexe.

On réécrit aussi le dictionnaire, pour amener un nouveau langage : le Novlangue. Moins il y a de mots, moins les Camarades pourront en mettre sur ce qu’ils voient, ce qu’ils vivent, ce qu’ils pensent. L’objectif final est qu’ils n’aient plus besoin de penser par eux-mêmes… Cela fait froid dans le dos, et ce n’est qu’une partie de ce que le Parti impose à ses Camarades ! Comme la manipulation des médias, chose que le gouvernement fait déjà.

Le roman est divisé en trois parties : la première, on découvre l’univers de George Orwell, dans quoi il fait évoluer Winston. La deuxième, on voit comment les règles du Parti s’appliquent dans le quotidien des Camarades. La troisième, l’on voit jusqu’où la Police de la Pensée est prête à aller pour faire en sorte que le plus réfractaire des camarades finissent par aimer sincèrement Big Brother…

En tout cas, 1984 est très bien travaillé sur le sujet qu’il traite. C’est un roman très complet, et également très prenant, tout est orchestré à merveille pour que l’on ne se perde pas un seul instant. Et vu tout ce qui a déjà été réalisé rien que par chez nous, et pourtant seulement imaginé à l’époque où ce livre a été écrit, l’on peut dire que George Orwell était un visionnaire !

En bref, George Orwell est un maître de la dystopie, 1984 est une bonne base pour qui veut se lancer dans le genre. Pour ma part, j’en ressort séduite ! Et n’oubliez pas, deux et deux font cinq…

[Chronique] La horde du contrevent – Alain Damasio

[Chronique] La horde du contrevent – Alain Damasio

la horde du contrevent


Imaginez une Terre poncée, avec en son centre une bande de cinq mille kilomètres de large et sur ses franges un miroir de glace à peine rayable, inhabité. Imaginez qu’un vent féroce en rince la surface. Que les villages qui s’y sont accrochés, avec leurs maisons en goutte d’eau, les chars à voile qui la strient, les airpailleurs debout en plein flot, tous résistent. Imaginez qu’en Extrême-Aval ait été formé un bloc d’élite d’une vingtaine d’enfants aptes à remonter au cran, rafale en gueules, leur vie durant, le vent jusqu’à sa source, à ce jour jamais atteinte : l’Extrême-Amont.

Mon nom est Sov Strochnis, scribe. Mon nom est Caracole le troubadour et Oroshi Melicerte, aéromaître. Je m’appelle aussi Golgoth, traceur de la Horde, Arval l’éclaireur et parfois même Larco lorsque je braconne l’azur à la cage volante. Ensemble, nous formons la Horde du Contrevent. Il en a existé trente-trois en huit siècles, toutes infructueuses. Je vous parle au nom de la trente-quatrième : sans doute l’ultime.

Mon avis

Ils sont 23 et forment la Horde du contrevent. Formés dès leur plus jeune âge dans les conditions les plus rudes, ils remontent le vent pour trouver son origine. Dans un monde où le vent ne s’arrête jamais, où il peut tuer quand vient le furvent, la 34è Horde tente le tout pour le tout, et elle a toutes les chances d’être la dernière…

Encore un roman que j’ai sorti de ma wishlist grâce au Book Club sur Madmoizelle ! Et je ne le regrette pas un seul instant car j’ai adoré – mieux, c’est un coup de coeur. Vous savez, ce sentiment d’avoir achevé un truc en lisant un bon bouquin ? Bah voilà ! On y est. Et c’est un beau pavé de plus de 700 pages pour cette dernière réédition de chez Folio.

La Horde du contrevent est un roman à 23 voix. Il y a un petit risque de s’y perdre, mais nous avons ainsi le point de vue de chacun des membres de la Horde au complet, ce qui lui donne toute sa dimension humaine, au delà de la chair à canon que l’on envoie en extrême-amont, avec peu de chances de s’en sortir.

C’est un livre vraiment bien écrit, qui a quelques longueurs mais on passe dessus. Les complots qui visent à détruire ce projet et la quête de la Horde sont très bien amenés dans cet univers original où tout le monde lutte contre le vent, à sa manière. En tout cas, il ne faut pas lire ce livre pour sa destination, mais vraiment pour le voyage, où on a peur pour notre Horde, où l’on rit avec eux, sommes tristes avec eux. C’est un roman très prenant !

Côté personnages, j’ai adoré Oroshi, une femme forte dans ce groupe où elles sont très peu. Ses connaissances comme sa présence vont être très bénéfiques au groupe. J’ai trouvé l’histoire de Steppe très belle, très touchante. Et aussi bizarre que cela puisse être, j’ai bien aimé le Golgoth ! Il a un style totalement différent, très brute de décoffrage, un tantinet sexiste tout de même, mais un personnage puissant, qui en impose. Et comment parler de mes personnages préférés sans nommer Caracole ? Bien que j’ai tout deviné très vite à propos de ce personnage alors qu’on est censés tout apprendre à la fin, cela ne m’a pas empêché de l’apprécier, lui, ses joutes verbales et sa façon de parler.

En bref, La Horde du contrevent mérite bien tous les titres qu’il a obtenu, c’est un beau livre. Une semaine et demie ne m’a pas été de trop pour le finir, mais j’en ressort ravie !

[Chronique] Les limites de l’enchantement – Graham Joyce

[Chronique] Les limites de l’enchantement – Graham Joyce

les limites de l'enchantement


Elevée par Maman Cullen dans la campagne anglaise, Fern vit dans un monde en marge du nôtre. Un monde en osmose avec la nature et les esprits qui la peuplent, un monde sur lequel, si vous êtes initié, vous pouvez avoir prise. Mais Fern va devoir faire face à la réalité et à la société moderne qui la rattrapent. Déjà, des hippies sont venus s’installer près de leur maison, les envahissant avec leurs drôles de moeurs et leur musique hypnotisante.

L’expulsion les guette, faute d’avoir payé le loyer. Après avoir aidé tant de personnes des environs, Fern pense bien trouver, à son tour, un peu de réconfort auprès de ses voisins. Mais cela ne sera pas si simple. Les limites de l’enchantement est une chronique douce-amère de l’Angleterre rurale dans les années 1960. Graham Joyce tisse un portrait sensible et touchant d’une jeune femme à qui personne n’a jamais appris à vivre dans un monde en mutation.

Merci aux éditions Folio et à Livraddict pour cette lecture !

Mon avis

Fern est une jeune femme qui vit dans une chaumière, loin du village, avec Maman Cullen. Maman n’est pas vraiment sa mère, mais tout le monde l’appelle ainsi. Capable de déclencher des accouchements, des avortements ou encore de découvrir le sexe d’un bébé avant sa naissance rien qu’en l’écoutant, elle vit au milieu des plantes qui guérissent et tuent, et enseigne petit à petit son savoir à sa jeune protégée. Guérisseuse un peu sorcière, Maman se retrouve hospitalisée – elle n’est plus toute jeune. Fern va donc devoir prendre la relève et affronter le réel, ses dangers, et découvrir un monde où même si vous avez sauvé la vie d’un homme, il ne vous le rendra pas. Quittant petit-à-petit l’imaginaire pour rentrer dans l’ère de modernisme qui pointe son nez dans les années 60 (études, diplômes, ect…), Fern s’en sortira-t-elle sans Maman ?

C’est un roman qui navigue entre deux époques, entre deux mondes. Resterons-nous attachés au passé, ou au contraire, embrasserons-nous le futur ? Resterons-nous dans l’imaginaire, avec cette magie sous-jacente ou accepterons-nous la réalité ? On oscille entre les deux, avec une Fern qui ne sait plus ou donner de la tête. C’est une jeune fille loin d’être naïve, qui marche dans les pas de Maman tout en essayant de s’ouvrir au monde, même si celui-ci ne veut pas d’elle. Bien sûr, l’imaginaire et tout le savoir de Maman l’accompagne, mais y croit-elle vraiment ?

La dualité est un thème qui reste ancré jusqu’à la fin, entre l’horreur et l’amour, le passé et l’avenir, l’amitié qui se construit et se défait, le réel et l’imaginaire, la haine des villageois qui se montrent amicaux par moments, les hippies qui sont tantôt présentés sous leur meilleur jour, puis rabaissés au rang de drogués inconscients de leurs actes. Chaque personnage, lieu, sentiment, exprime cette dualité du mieux que possible. A nous et à Fern de choisir de quel côté nous souhaitons être…

Graham Joyce a un style planant. On plane littéralement, on se laisse emporter par son style, très descriptif, qu’on a l’impression de faire parti des meubles de cette petite chaumière perdue dans la campagne. Fern se pose des tas de questions sur Maman, sa foi, ses connaissances… Mais aussi sur elle. Bien que nous n’ayons pas toutes les réponses, on se dit que le plus gros et le plus dur est passé pour la jeune fille. Il ne lui reste plus qu’à faire ses choix et construire sa vie ! La fin m’a faite sourire et je pense relire ce livre prochainement. Maintenant que j’ai toutes les réponses, certains détails apparaitrons sous un autre jour, ce qui rendra cette histoire encore plus prenante qu’elle ne l’est déjà. Et bien que l’auteur nous ai quitté en 2014, il a laissé une petite dizaine de livres derrière lui qu’il me tarde de découvrir.

En bref, l’histoire de Maman Cullen et de Fern est touchante, poignante. On reste dans une dualité jusqu’au bout, et cette fin ouverte nous laisse imaginer quel chemin prendra la jeune fille. Le style de l’auteur est très prenant, on arrive vite à la fin sans s’en rendre compte. Assurément, un petit bijou de fantastique qu’il faut absolument découvrir !

[Chronique] Claude Gueux – Victor Hugo

[Chronique] Claude Gueux – Victor Hugo

claude gueux

  • Éditeur : Folio (édition de 2015)
  • Pages : 135
  • Genre : Classique
  • Prix : 2.50€
  • Acheter Claude Gueux

« Claude Gueux, honnête ouvrier naguère, voleur désormais, était une figure digne et grave. Il avait le front haut, déjà ridé, quoique jeune encore, quelques cheveux gris perdus dans les touffes noires, l’oeil doux, la lèvre dédaigneuse. C’était une belle tête. On va voir ce que la société en a fait. » S’inspirant d’un fait divers qui eut lieu à Paris en 1832, et quelques années après Le Dernier Jour d’un condamné, Victor Hugo écrit un nouveau plaidoyer contre la peine de mort. Il dénonce la misère qui frappe les classes laborieuses, l’intransigeance bornée des chefs, et montre l’enchaînement fatal qui conduit les pauvres au crime. Ce n’est pas l’individu qu’il faut condamner, c’est la société qu’il faut réformer. Dans un débat toujours actuel, il prône l’éducation contre la prison.

Merci à Livraddict et aux éditions Folio pour cette lecture !

Mon avis

Claude Gueux était un homme pauvre, qui vivait avec sa compagne (non-mariés) et son enfant. Faisant parti de la classe laborieuse, sans travail et donc sans argent, l’homme se met à voler pour pouvoir nourrir sa maisonnée. Mais Claude se fait prendre, et fini en prison. Et parce que là-bas, il estime que le Directeur est méchant envers lui, il va le tuer. Claude Gueux est condamné à mort. Ceci est l’histoire vraie sur laquelle Victor Hugo a écrit ce roman contre la prison et pour l’éducation du peuple.

On attaque ce roman, non pas part l’histoire de Claude Gueux, mais par la préface d’Arnaud Laster. Bien qu’elle amène des éléments nouveaux pour saisir l’ampleur du texte de Hugo, cette partie est longue et fastidieuse, on en voit pas le bout. Car on penserait qu’il serait difficile de lire du Victor Hugo à cause du vocabulaire employé (le roman a été écrit en 1832), mais le texte de l’auteur est bien plus facile à lire et à assimiler que celui du préfacier qui l’a écrit à notre époque.

Mais revenons au texte en lui-même. On commence donc par l’histoire de Claude, à partir de son emprisonnement, la description d’Hugo du lieu et de son Directeur, jusqu’à son dernier jour. Et à partir de là, c’est un véritable plaidoyer que nous a écrit la Hugo, contre la prison et pour l’éducation, contre une société discriminante envers les siens. C’est un texte intemporel, énormément de questions soulevées par Hugo sont encore d’actualité aujourd’hui. Et comme je le disais plus haut, c’est un texte qui reste simple et facile à lire, ainsi qu’à comprendre. Le tout est accompagné d’un dossier très complet pour aller encore plus loin.

C’est un livre très intéressant, qui amène à se questionner, à réfléchir. C’est une lecture très instructive, qui m’a donné envie de découvrir les autres ouvrages de l’auteur…

[Chronique] La dernière fugitive – Tracy Chevalier

[Chronique] La dernière fugitive – Tracy Chevalier

la dernière fugitive


1850. Après un revers sentimental, Honor fuit les regards compatissants des membres de sa communauté quaker. Elle s’embarque pour les États-Unis avec sa sœur, Grace, qui doit rejoindre son fiancé. À l’éprouvante traversée s’ajoute bientôt une autre épreuve : la mort de Grace, emportée par la fièvre jaune. Honor décide néanmoins de poursuivre son voyage jusqu’à Faithwell, une petite bourgade de l’Ohio. C’est dans cette Amérique encore sauvage et soumise aux lois esclavagistes, contre lesquelles les quakers s’insurgent, qu’elle va essayer de se reconstruire. 

Merci aux éditions Folio et à Livraddict pour cette lecture !

Mon avis

Honor, fraîchement célibataire, décide d’accompagner sa sœur Grace aux États-Unis, là où elle doit rencontrer son futur époux. La traversée est fatigante pour Honor, prise par le mal de mer de bout en bout. Une fois sur la terre ferme, la jeune quaker pense que tout ira pour le mieux. Mais c’était sans compter la fièvre jaune qui faucha sa sœur quelques jours après. Honor prend son courage à deux mains, et décide de continuer son voyage jusqu’à l’Ohio, pour annoncer la terrible nouvelle au pauvre homme qui attendait toujours Grace. Une fois sur place, la quaker va découvrir une autre facette des États-Unis : l’esclavage et ses chasseurs d’esclaves, alors qu’elle s’oppose depuis des années contre ce système…

C’est le premier roman de Tracy Chevalier que je lis, j’avais déjà entendu parler de La jeune fille à la perle, mais je n’ai jamais franchi le pas. Étant également peu habituée à ce genre de romans, ça a été une véritable bouffée d’air frais au milieu de mes lectures de l’imaginaire. On y suit Honor qui tente de se reconstruire et de se refaire une vie à Faithwell, même si elle n’est pas bien vue pour différentes raisons par cette communauté. D’un autre côté, Honor les prends en grippe également, notamment à cause de leur position concernant l’esclavagisme.

On va découvrir ici ce qu’est le chemin de fer clandestin, à l’usage des esclaves en fuite, pour éviter de se faire attraper par des chasseurs d’esclaves : des hommes engagés par leurs maîtres pour les retrouver, sous le couvert de la loi dans une époque où l’on ne pense pas trop encore à donner un statut et la liberté à ces hommes que l’on considère uniquement comme des esclaves. On va donc voir les différents éléments de ce chemin de fer : les usagers, les chasseurs, et les personnes qui aident clandestinement les esclaves à s’échapper.

Les personnages sont nombreux, Honor s’intéressant à chaque être qui traverse sa vie. Chacun est détaillé, bien présenté et a sa propre psychologie : pas un ne se ressemble au milieu de tous. Ils sont nombreux, mais nous ne sommes pas perdus pour autant, les découvrant petit à petit et certains ne restant que le temps d’un chapitre ou de quelques pages.

C’est un roman fort et chargé d’émotion, que l’on découvre à la fois dans le récit de l’auteure, mais aussi à chaque fin de  chapitre dans les lettres qu’Honor envoie à sa famille. Tracy Chevalier utilise ici un vocabulaire riche, mais qui reste cependant très compréhensible. Il ne m’a fallut que deux petites soirées pour dévorer ce livre.

J’ai beaucoup aimé ce livre qui m’a fait sortir de ma zone de confort, et je compte me pencher prochainement sur les autres ouvrages de l’auteure, ne nous arrêtons pas en si bon chemin !

[Chronique] Le roman de l’été – Nicolas Fargue

[Chronique] Le roman de l’été – Nicolas Fargue

le roman de l'été


Pas facile, à 55 ans, de se mettre à la littérature. Surtout par un si beau soleil dehors. et votre fille qui annonce qu’elle amène une copine italienne pour les vacances. Sans compter les voisins d’en face qui, dès que vous vous décidez enfin à prendre la plume face à l’océan, voudraient vous faire comprendre que, tout ce qu’ils demandent, c’est une vue sur la mer eux aussi.

Mon avis

Le roman de l’été, je l’ai sorti de ma PàL parce que bien qu’on soit au printemps, le soleil tarde à montrer le bout de son nez et que j’entame ma deuxième semaine avec une espèce d’angine bizarre. Du coup, du soleil il m’en faut un peu !

L’auteur prend des hommes, des femmes, des familles, aux anonymes voisins au président de l’époque (Nicolas Sarkozy), mélange le tout dans un sentiment de blasitude (attention, Frei ressort des mots qui n’existent pas… Oui, je suis malade) extrême sur fond d’été. Oui, car on le sent bien que l’auteur est blasé à travers ses personnages : John, l’écrivain qui vit l’angoisse de la page blanche et qui descend le premier auteur connu qui mettra les pieds dans ce petit village de Haute-Normandie (ça tombe bien, moi je suis dans la Basse), sa fille qui vit ses premiers vrais sentiments amoureux, le voisin qui fait toute une montagne de rien, le maire-député « m’as tu vu » et son épouse fade, et j’en passe…

A peu de choses près, Le roman de l’été ressemble sur certains points à Une place à prendre de J.K. Rowling : le petit village perdu dans la cambrousse campagne où tout le monde se connait, tout le monde est hypocrite. Ce qui les différencies, c’est que Le roman de l’été est plus light, moins fort en émotions que le roman de Rowling, mais en reste très sympathique à lire.

Pas transcendant donc, mais habilement tourné et agréable à lire. On regrettera cependant cette fin brute qui n’en dit pas plus sur le devenir de chacun des personnages que l’auteur a mis en scène tout au long de son roman.

Un auteur à découvrir !

[Chronique] Le Seigneur des Anneaux : Les deux tours – J.R.R. Tolkien

[Chronique] Le Seigneur des Anneaux : Les deux tours – J.R.R. Tolkien

le sda 2


Le royaume de Gondor s’arme contre Sauron, le seigneur des ténèbres, qui veut asservir tous les peuples libres, hommes et elfes, nains et Hobbits.
Mais la vaillance des soldats de Minas Tirith ne peut rien contre la puissance maléfique de Mordor. Un fragile espoir, toutefois, demeure : le Porteur de l’Anneau s’approche de la montagne où brûle le feu du destin, seul capable de détruire l’Anneau Unique et de provoquer la chute de Sauron…

Mon avis

Que je suis fière d’avoir enfin lu ce deuxième tome ! Je suis tellement contente, même si ça m’a pris une bonne semaine ! Nous retrouvons la Communauté après qu’ils aient traversé la Moria, direction la Crevasse du Destin pour détruire l’anneau. Mais tout ne se passe pas comme prévu…

Encore une fois, la version livre apporte des tas de révélations sur la Communauté elle-même et  sur l’univers de Tolkien, mais permet de voir les personnages sous un autre œil, avec des scènes qui ont été raccourcies dans le film, à mon plus grand regret.

J’ai adoré découvrir l’univers des Ent, et surtout Sylvebarbe, qui nous raconte tout sur les siens : les Entures, les Ent-femmes, l’histoire de son peuple, comment les Ents sont devenus ce qu’ils sont… C’est sans conteste mon passage préféré ici ! Mais j’ai aussi bien aimé découvrir Arachne, l’araignée qui garde le passage du Mordor, comment elle est arrivée là, son lien avec Sauron…

L’action est beaucoup plus présente que dans le premier tome, les grandes batailles se mettant en place, d’autres ayant lieu, ce qui donne une impression de « rapidité » à la lecture : Frodon doit se dépêcher de détruire l’anneau ! Il y a cependant moins de chants dans ce deuxième tome que dans le premier et sont bien plus court, et les descriptions sont toujours aussi longues et bien fournies, un lecteur qui veut en découvrir plus sur Le Seigneur des Anneaux sera entièrement satisfait par ce tome.

Que dire de plus sur ce deuxième tome? J’en ressort ravie et absolument satisfaite. J’ai hâte de lire la suite et fin de cette saga !

[Chronique] A la croisée des mondes : Le miroir d’ambre – Phillip Pullman

[Chronique] A la croisée des mondes : Le miroir d’ambre – Phillip Pullman

le miroir d'ambre


Lyra, l’héroïne des Royaumes du Nord et de la Tour des Anges, est retenue prisonnière par sa mère, l’ambitieuse et cruelle Mme Coulter qui, pour mieux s’assurer de sa docilité, l’a plongée dans un sommeil artificiel. Will, le compagnon de Lyra, armé du poignard subtil, s’est lancé à sa recherche, escorté de deux anges, Balthamos et Baruch. Avec leur aide, il parviendra à délivrer son amie. Mais, à son réveil, Lyra lui annonce qu’une mission encore plus périlleuse, presque désespérée, les attend : ils doivent descendre dans le monde des morts…

Mon avis

Il fallait que je termine cette saga. La voir en haut de ma PàL depuis autant de temps me déprimait ! Et puis comme on arrêtait pas de me dire de le lire, je l’ai sorti, et j’en ai donc enfin fini avec A la croisée des mondes ! Et j’en suis contente, parce que franchement, ce n’est pas une saga que je porte dans mon cœur.

Et pourtant, je pensais que ce troisième tome relevait le reste de la saga, vu que le deuxième tome était mieux que le premier. En faite, non. Première page lue, une envie pas possible de refermer ce livre. Revoir des enfants parler d’une manière totalement vieillotte, et des détails à n’en plus finir, ce n’était pas possible.

Mais, pourtant les détails ne me dérangent pas d’habitude, surtout quand ils apportent quelque chose à l’univers, comme Le Seigneur des Anneaux, ou Le Trône de Fer ! Là, c’était surtout du brodage, histoire de dire que le dernier tome est un pavé. Et pourtant, on peut sauter deux pages, et ne pas se retrouver à ne rien comprendre à l’histoire. Pendant un moment, je ne lisais plus que le début et la fin des chapitres, ça suffisait à suivre ! Comme quoi, le contenu ne valait pas tellement grand chose…

Ce qui m’a surtout dérangé, c’est que tous les personnages ont un comportement totalement différent par rapport à leur attitude des autres tomes, et ça part dans des situations illogiques pour tel ou tel personnage, voir même de l’incohérence. Rajoutons à cela des personnages greffés à l’histoire pour faire des pages de plus, et vous m’achevez.

En bref, je n’ai pas plus aimé que ça, et j’en ressort quelque peu déçue, même si je m’y attendais un peu…