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Étiquette : fantastique

[Chronique] Miss Peregrine et les enfants particuliers, tome 1 – Ransom Riggs

[Chronique] Miss Peregrine et les enfants particuliers, tome 1 – Ransom Riggs

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Jacob est un ado comme les autres, excepté qu’il se pose des questions sur son mystérieux grand-père. Quelles sont ces étranges photos d’enfants qu’il lui montrait quand il était petit ? Les histoires qu’il lui contait sur eux étaient-elles vraies? Et pourquoi disparaissait-il aussi souvent ?
Tout s’accélère le jour où il le retrouve blessé dans son jardin. Jacob a vu des monstres, il en est sûr, et personne ne veut le croire. Il ne lui reste qu’à suivre les dernières instructions qu’a murmuré son grand-père avant de rendre son dernier souffle…

Mon avis

Abe est un grand-père comblé, qui aime bien parler de son enfance à Jacob, son petit fils. Il n’a pas eu une vie facile, car à cause de la guerre, il a du fuir la Pologne en laissant ses parents derrière lui. Son seul salut tient à un orphelinat sur une petite île anglaise. Mais les pensionnaires de cet orphelinat étaient particuliers, certains volaient, d’autre faisaient croître la végétation à une vitesse impressionnante, quand d’autres pouvaient faire ressusciter quelqu’un… Mais plus Jacob grandit, moins il y croit. Jusqu’au jour où les contes de fée de son grand-père vont se rappeler à lui…

Encore un titre que je regrette d’avoir lu si tard ! J’étais – of course – attirée par cette couverture (comment ne pas l’être ?), mais le déclic s’est fait quand j’ai appris que c’était Tim Burton qui allait réaliser l’adaptation cinématographique de la saga ! Étant un de mes réalisateurs préféré, j’ai hâte de voir cette lecture sur grand écran, en priant que cette adaptation soit assez fidèle au livre… (Enfin, j’en doute un peu, il n’est pas fait mention de squelettes dans le livre, et Emma a le pouvoir du feu, et non de l’air !)

Et mon intérêt pour le film s’est intensifié après ma lecture (j’ai spammé le bouton « revoir » de la bande-annonce sur YouTube), parce que mon Dieu, qu’est ce que c’était génial !

Déjà, l’histoire des particuliers est très bien tournée. On aurait pu craindre quelques incohérences, mais non ! Surtout par rapport à la construction de l’histoire. En effet, Ransom Riggs a construit son récit autour de photos en noir et blancs qu’il a trouvé dans des collections privées. Et l’authenticité des photos n’est plus à prouver, ce qui rend la lecture encore plus captivante !

De retournements de situation en rebondissements, on découvre donc la fameuse histoire des enfants pendant la seconde guerre mondiale. Le texte est fluide et la traduction est agréable à lire. De plus, l’ennemi est tellement inattendu que c’est le genre de livres qu’il est bon de relire une fois que nous avons toutes les informations en main pour mieux saisir les nuances. En tout cas, ce premier tome m’a assez convaincue de ce côté-là pour que j’ai envie de lire la suite.

Du côté des personnages, j’ai aimé celui de Jacob. Un adolescent normal, qui a des réactions normales, bref un personnage auquel on peut s’identifier assez facilement. Entre la re-découverte des histoires de son grand-père et les événements qu’il va vivre, ses réactions sont authentiques. Cependant, du côté des enfants particuliers, j’ai eu du mal à me faire à l’idée de leur âge réel, car ils en ont pas l’attitude. Ce sont des enfants jusqu’au bout. Peut-être qu’ils seront un peu plus développés dans la suite ? En tout cas, je l’espère !

En bref, ce premier tome de Miss Peregrine et les enfants particulier a été une agréable découverte. La construction du récit est originale, tout en restant cohérente du début à la fin. Il me tarde de me plonger dans la suite et de découvrir le film !

[Chronique] Perle – Anne Bert

[Chronique] Perle – Anne Bert

perle

  • Éditeur : La Musardine (2016)
  • Pages : 181
  • Genre : Érotique
  • Prix : 8.95€
  • Acheter Perle

Perle, « née sous X », ça vous campe un personnage, surtout lorsque l’héroïne découvre, au détour de ses lectures de l’Enfer, que cet X n’est peut-être que la révélation d’un destin sexuel hors du commun. S’appropriant cette lettre comme identité plutôt que de la porter comme une croix, elle va l’incarner dans le monde interlope et libidineux d’un Paris de débauche. Puis rompre avec cette vie, et se retirer en bord de mer, dans la Brière. Mais sur sa route, elle croise Alanik, marinier taiseux, avec qui des horizons nouveaux se déploient. Les légendes locales, la terre, l’eau, les huîtres laiteuses, le bon vin, tout devient prétexte à exacerber un amour torride et pastoral qui en appelle aux cinq sens… et à l’outrance.

Merci aux éditions La Musardine pour cette lecture !

Mon avis

Perle est née sous X. Abandonnée à la naissance, vivant dans une famille adoptive, elle voulait de l’amour, elle a eu la porte. Ce X devient donc son identité, mais aussi un monde de plaisir qui s’ouvre pour Perle, qui ne tarde pas à découvrir les soirées libertines parisiennes. Alors qu’elle s’est trouvée un régulier, elle ne prend plus de plaisir et certains côtés de cet homme l’effraie. Alors la jeune femme plie bagage et part loin des tumultes de la capitale…

L’histoire démarre quand Perle rencontre Alanik et va découvrir une autre facette de la sexualité, différente de ce qu’elle a connu jusqu’ici. Mais j’avoue avoir totalement décroché quand la légende locale devient réalité. Il se dit, en substance, qu’à une certaine période de l’année, si une femme se balade alors qu’elle a eu un rapport sexuel récemment, une flopée de mini-pénis la violera et la rendra totalement nymphomane… Et évidemment, pile quand Perle est là-bas, et elle n’y échappe pas. Tout cela m’a paru tellement incongru ! Je me suis donc penchée sur les scènes érotiques, mais pas une ne m’a émoustillée. C’est un enchaînement de descriptions qui ne laisse place au moindre sentiment, à la moindre émotion.

Mais dans l’ensemble, ce petit poche est bien écrit, Anne Bert a une plume très poétique, malgré quelques envolées lyriques dont on ce serait bien passées. Malheureusement, le mélange poésie/érotisme n’est pas très bien passé, puisque – encore une fois- ce ne sont que des descriptions brèves des actes en eux-mêmes.

En bref, je suis moyennement convaincue par Perle et je n’ai pas réussi à renouer avec l’histoire pendant ma lecture, qui n’a pas correspondu à mes attentes.

[Chronique] Dracula – Bram Stoker

[Chronique] Dracula – Bram Stoker

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  • Éditeur : J’ai lu (1897)
  • Pages : 680
  • Genre : Fantastique
  • Prix : 4.70€
  • Acheter Dracula

Répondant à l’invitation du conte Dracula qui prépare son prochain voyage en Angleterre, Jonathan Harker découvre à son arrivée dans les Carpates un pays mystérieux. Un pays aux forêts ténébreuses et aux montagnes menaçantes. Un pays peuplé de loups dont les habitants se signent au nom de Dracula. Malgré la bienveillance de son hôte, le jeune clerc ne peut qu’éprouver une angoisse grandissante. Ce comte, qui contrôle son courrier et verrouille les portes de son château, ne se reflète pas dans les miroirs et se déplace sur les murs en défiant les lois de l’apesanteur…
Jonathan Harker doit se rendre à la terrifiante évidence : il est prisonnier d’un homme qui n’est pas un homme. Et qui partira bientôt hanter les nuits de Londres…

Mon avis

Jonathan Harker, jeune clerc de notaire, se rend dans les Carpates pour rendre une visite à un client : le Comte Dracula. Vivant seul dans son château, celui-ci prépare sa venue à Londres où il a acquit, grâce au travail de Jonathan, une nouvelle demeure. Bienveillant, poli et ayant la conversation agréable, Dracula reste tout de même intriguant pour son invité : jamais présent le jour, il ne mange jamais et ne se reflète pas dans les miroirs, ainsi que plusieurs autres signes assez étranges. Se rendant compte de la nature de son hôte, Jonathan va chercher le moyen de partir de son château où il se rend compte qu’il est prisonnier…

C’est à travers des lettres, des journaux intimes et des coupures de presse que nous allons vivre cette histoire. Cela nous permet de mieux nous situer dans le temps et de mieux comprendre les différents points de vue des principaux protagonistes. Il n’y a pas de répétitions, car l’histoire s’enchaine d’un journal à l’autre, on ne reste pas bloqués indéfiniment sur le même évènement. Cependant, il arrive fréquemment que l’on se demande pourquoi les personnages abordent tel ou tel sujet, jusqu’à arriver à la conclusion, car tout ce que l’on peut lire est lié. Attendez-vous tout de même à quelques longueurs, puisque les personnages racontent en détail les évènements et certains personnages comme Van Helsing parlent énormément (voir trop). Cela peut gêner, mais si vous vous accrochez, vous ne le regretterez pas !

L’ambiance jetée sur ce roman est mystérieuse, on découvre petit à petit la créature qu’est le vampire, la base même de ce qu’il est. Certains passages se veulent clairement érotiques, quand par exemple le vampire « boit » ses victimes. Mais cela reste très léger, on reste tout de même dans une veine fantastique et la romance vampirique n’a pas sa place ici. En tout cas, on se laisse prendre au jeu, on reste aux aguets et on croise les doigts pour nos personnages principaux tellement l’ambiance est prenante.

Attention cependant, si vous avez une conscience féministe, certains passages vous feront grincer des dents. Les femmes sont toutes ici en position de victimes qui font des erreurs. Quand l’action s’intensifie, Mina, la femme de Jonathan, est écartée des actions des hommes car étant une femme, ses compagnons estiment que c’est un pauvre esprit faible qui pourrait devenir aliénée si elle découvrait les horribles détails sur le vampire qu’est Dracula… Et bien sûr, les femmes sont toutes sauvées par les hommes, et si leur sauvetage prend du temps, c’est à cause des erreurs… d’une femme.

Seules les femmes vampires ne sont pas vues en victimes, à la place ce sont des femmes qui puent la luxure à 4000km à la ronde, Vade Retro Satanas. On excuse l’auteur, en 1897 les hommes n’étaient pas encore très évolués au sujet de la femme, mais voilà un peu comment on considérait le sexe féminin à l’époque : des faibles ou des aguicheuses. Ça donne envie !

En bref, malgré un sexisme sous-jacent, Dracula est un classique dont on ne peut passer à côté, c’est la base même du vampire, créature dénaturée depuis bien des années. L’ambiance mystérieuse est très prenante, et malgré que ce soit un sacré pavé, l’histoire se lit assez vite si on a pas peur des quelques longueurs présentes.

[Chronique] Les limites de l’enchantement – Graham Joyce

[Chronique] Les limites de l’enchantement – Graham Joyce

les limites de l'enchantement


Elevée par Maman Cullen dans la campagne anglaise, Fern vit dans un monde en marge du nôtre. Un monde en osmose avec la nature et les esprits qui la peuplent, un monde sur lequel, si vous êtes initié, vous pouvez avoir prise. Mais Fern va devoir faire face à la réalité et à la société moderne qui la rattrapent. Déjà, des hippies sont venus s’installer près de leur maison, les envahissant avec leurs drôles de moeurs et leur musique hypnotisante.

L’expulsion les guette, faute d’avoir payé le loyer. Après avoir aidé tant de personnes des environs, Fern pense bien trouver, à son tour, un peu de réconfort auprès de ses voisins. Mais cela ne sera pas si simple. Les limites de l’enchantement est une chronique douce-amère de l’Angleterre rurale dans les années 1960. Graham Joyce tisse un portrait sensible et touchant d’une jeune femme à qui personne n’a jamais appris à vivre dans un monde en mutation.

Merci aux éditions Folio et à Livraddict pour cette lecture !

Mon avis

Fern est une jeune femme qui vit dans une chaumière, loin du village, avec Maman Cullen. Maman n’est pas vraiment sa mère, mais tout le monde l’appelle ainsi. Capable de déclencher des accouchements, des avortements ou encore de découvrir le sexe d’un bébé avant sa naissance rien qu’en l’écoutant, elle vit au milieu des plantes qui guérissent et tuent, et enseigne petit à petit son savoir à sa jeune protégée. Guérisseuse un peu sorcière, Maman se retrouve hospitalisée – elle n’est plus toute jeune. Fern va donc devoir prendre la relève et affronter le réel, ses dangers, et découvrir un monde où même si vous avez sauvé la vie d’un homme, il ne vous le rendra pas. Quittant petit-à-petit l’imaginaire pour rentrer dans l’ère de modernisme qui pointe son nez dans les années 60 (études, diplômes, ect…), Fern s’en sortira-t-elle sans Maman ?

C’est un roman qui navigue entre deux époques, entre deux mondes. Resterons-nous attachés au passé, ou au contraire, embrasserons-nous le futur ? Resterons-nous dans l’imaginaire, avec cette magie sous-jacente ou accepterons-nous la réalité ? On oscille entre les deux, avec une Fern qui ne sait plus ou donner de la tête. C’est une jeune fille loin d’être naïve, qui marche dans les pas de Maman tout en essayant de s’ouvrir au monde, même si celui-ci ne veut pas d’elle. Bien sûr, l’imaginaire et tout le savoir de Maman l’accompagne, mais y croit-elle vraiment ?

La dualité est un thème qui reste ancré jusqu’à la fin, entre l’horreur et l’amour, le passé et l’avenir, l’amitié qui se construit et se défait, le réel et l’imaginaire, la haine des villageois qui se montrent amicaux par moments, les hippies qui sont tantôt présentés sous leur meilleur jour, puis rabaissés au rang de drogués inconscients de leurs actes. Chaque personnage, lieu, sentiment, exprime cette dualité du mieux que possible. A nous et à Fern de choisir de quel côté nous souhaitons être…

Graham Joyce a un style planant. On plane littéralement, on se laisse emporter par son style, très descriptif, qu’on a l’impression de faire parti des meubles de cette petite chaumière perdue dans la campagne. Fern se pose des tas de questions sur Maman, sa foi, ses connaissances… Mais aussi sur elle. Bien que nous n’ayons pas toutes les réponses, on se dit que le plus gros et le plus dur est passé pour la jeune fille. Il ne lui reste plus qu’à faire ses choix et construire sa vie ! La fin m’a faite sourire et je pense relire ce livre prochainement. Maintenant que j’ai toutes les réponses, certains détails apparaitrons sous un autre jour, ce qui rendra cette histoire encore plus prenante qu’elle ne l’est déjà. Et bien que l’auteur nous ai quitté en 2014, il a laissé une petite dizaine de livres derrière lui qu’il me tarde de découvrir.

En bref, l’histoire de Maman Cullen et de Fern est touchante, poignante. On reste dans une dualité jusqu’au bout, et cette fin ouverte nous laisse imaginer quel chemin prendra la jeune fille. Le style de l’auteur est très prenant, on arrive vite à la fin sans s’en rendre compte. Assurément, un petit bijou de fantastique qu’il faut absolument découvrir !

[Chronique] Les lutins urbains, tome 3 : Les lutins noirs – Renaud Marhic

[Chronique] Les lutins urbains, tome 3 : Les lutins noirs – Renaud Marhic

les lutins urbains 3


Rien ne va plus dans la Grosse Cité ! Voilà que trois Lutins noirs ont été signalés. Aussitôt, des travailleurs africains sans-papiers sont devenus millionnaires.

Tandis qu’une dangereuse société secrète tente de s’infiltrer dans les quartiers…
Gustave Flicman, notre jeune policier, est chargé d’enquêter. Et si tout cela avait à voir avec Chelou, ce rhinocéros qu’il devait conduire à l’abattoir et qui s’est échappé en chemin ?

Entre les sortilèges des Lutins noirs et les attaques du Bambou Masqué, une course de vitesse s’engage pour retrouver l’étrange animal.

Manquerait plus que les Lutins Urbains s’en mêlent, tiens…

Merci à Renaud Marhic pour cette lecture !

Mon avis

C’est la panique à la Grosse Cité, trois lutins noirs viennent de débarquer sur le tarmac et sèment déjà la pagaille. Mais ce ne sont pas les seuls nouveaux arrivants en ville, car la Triade vient d’arriver elle aussi, pour causer trafic animal. Et dans tout ça, notre pauvre Gustave doit retrouver le rhinocéros qu’il a perdu en ville dans le tome précédent ! Un rhinocéros qui pourrait bien être la raison de la venue des lutins noirs et de la Triade… Et les lutins urbains, dans tout ça ? Oh, rassurez-vous, ils ne sont jamais très loin…

Gustave Flicman en bave encore beaucoup dans ce tome – voir même plus que dans les précédents – , entre les ordres de sa direction et ceux du Professeur, il n’est pas sorti de l’auberge, le pauvre ! Et puis, perdre la mémoire à chaque tomes, il y a de fortes chances que cela lui joue des tours un jour ou l’autre ! Mais en attendant, cela permet à nous lecteur de nous remettre dans le bain, puisque nous redécouvrons les lutins, mais cela permet aussi aux nouveaux arrivants de découvrir la saga par n’importe quel tome, bien que nous sommes d’accord pour dire que c’est toujours mieux de commencer par le début.

Ce troisième tome est tout aussi léger et absurde que les précédents, bien que l’on aborde le délicat sujet du trafic animal. Cependant, c’est un sujet qui est bien amené et est très bien expliqué, à la portée des plus jeunes lecteurs. Et c’est sans se départir de son humour habituel, que l’auteur nous offre cette parenthèse.

Renaud Marhic joue avec ses personnages, et il est agréable de suivre leur évolution, bien que les tomes peuvent se lire indépendamment. On en apprend plus sur le Supérieur Inconnu, l’homme derrière le casque, mais cela reste maigre, pour le moment. « Pour le moment », car dans un de ses Psiiiiit, l’auteur indique que l’on saura tout dans le tome 57 : Les lutins urbains – Origines. On espère qu’il ne fera pas attendre ses lecteurs aussi longtemps 😉

En bref, la petite saga Les lutins urbains fait son petit bonhomme de chemin. L’auteur se renouvelle sans cesse dans ses tomes, si bien qu’on a l’impression de redécouvrir l’histoire à chaque fois. Toujours aussi drôle, ce troisième tome plaira aux petits et aux grands adeptes de lutinologie !

[Chronique] Soleil noir – Christophe Semont

[Chronique] Soleil noir – Christophe Semont

soleil noir


Promu sergent dans le nord de l’Argentine, Esteban Pantoja s’apprête à fêter son avancement en compagnie de sa femme et de sa fille. Pour eux, ce soir-là, tout va basculer… Adela est serveuse dans un bar de nuit de La Paz. Un boulot comme un autre, en attendant mieux. Depuis quelques mois, elle se bat contre des visions qui la hantent jour et nuit. Ils s’appellent Sergio, Kamila, Federico et Diego. Ils sont jeunes, ils ont la vie devant eux. La vie… et un énorme conteneur, abandonné au cœur de la jungle.
Rien ne les vouait à se rencontrer.
Et pourtant, leurs destins sont liés. Tous vont être les témoins de la folie d’un homme. Car au plus profond de la forêt amazonienne, tapi dans son antre, un serpent attend son heure…

Merci aux éditions Critic pour cette lecture !

Mon avis

Esteban vient tout juste d’être promu sergent. Voulant fêter ça avec sa petite famille, il va chercher sa femme avec sa fille. Sa femme travaille à la banque, s’occupe des derniers clients pendant que son mari l’attend. Mais personne ne repartira de la banque, car un braquage est en cours, et ces hommes sont sans pitié. Plus loin, des enfants découvrent un conteneur rempli de cadavres. A la Paz, Adela, une jeune serveuse, est victime d’hallucinations toutes plus réalistes les unes que les autres. Tandis que Esteban se réveille à l’hôpital, seul rescapé du braquage, il jure vengeance. Tout ce petit monde est lié, mais ne le sait pas encore…

Comme dans tout bon roman où tout est lié mais que nos personnages ne sont pas au courant, on est envoyés d’un bout à l’autre. Car même si on se doute de la liaison, quelle est la base de tout ceci ? Comment en sont-ils venu là, alors qu’ils ne se connaissent pas ? C’est ce que nous allons tenter de déchiffrer aux côtés de Esteban, sur la piste des hommes qui ont tué sa femme et sa fille.
Et pour un court roman de 265 pages, il y a beaucoup de monde ! Avec une vie bien à eux, un passé, mais j’ai tout de même eu du mal à les cerner, du au trop grand nombre, on a pas vraiment le temps de s’attacher à l’un d’entre eux.

Le lien avec l’Histoire est assez facile à deviner, mais là où réside l’intérêt, c’est de chercher à savoir qui a fait quoi, et comment. Du reste, l’enquête est cohérente du début à la fin, et il reste assez difficile à deviner les tenants et les aboutissants tant que nos personnages n’ont pas mis le nez dedans, cela reste assez mystérieux pour éveiller la curiosité du lecteur jusqu’au bout.
Côté écriture, je suis ravie de retrouver Christophe Semont avec Soleil noir ! Les descriptions sont toujours autant réalistes, on a l’impression d’y être. La fin reste ouverte, laissant imaginer le bon comme le pire pour l’après, faisant travailler notre imaginaire. Bien que je n’approuve pas forcément le choix de Adela, c’est une fin comme je les aime : tout est bien qui fini bien ou tout est bien qui fini mal ?

En bref, Soleil noir est un court thriller très intéressant à suivre, du fait du style d’écriture très descriptif de son auteur. Bien que l’on ne s’attache pas forcément aux personnages, on reste concentrés sur l’enquête jusqu’au bout. Une bonne lecture, qui satisfera les grands comme petits lecteurs de ce genre.

[Chronique] Animale, tome 2 : La prophétie de la reine des neiges – Victor Dixen

[Chronique] Animale, tome 2 : La prophétie de la reine des neiges – Victor Dixen

animale 2


Et si le plus merveilleux des contes cachait le plus sombre des complots ?
1833, sur une île perdue du Danemark. Elle s’appelle Blonde, il se nomme Gaspard. Elle est animale, il est fou d’elle. Le destin s’apprête à les arracher l’un à l’autre : ils sont les victimes d’une prophétie qui bouleversera le monde à jamais. Blonde parviendra-t-elle à déjouer les plans de l’énigmatique Reine des neiges, avec pour seul allié un jeune écrivain nommé Andersen ?

Merci à Livraddict et aux éditions Gallimard pour cette lecture !

Mon avis

Blonde file l’amour parfait avec Gaspard, sur leur île perdue. Tout allait pour le mieux : elle gérait sa malédiction et lui, il retapait ce qui restait du vieux manoir pour en faire un lieu habitable. Bref, la vie était belle pour les deux fugitifs. Puis, il a fallu fuir : des hommes sont venus sur leur île, voir s’il ne restait pas des hommes-ours. Des hommes qui pensent encore à l’époque de Napoléon et qui sont menés par une Reine dont personne n’a encore jamais vu le visage

Cette sortie, je l’attendais avec une telle impatience ! J’avais si hâte de savoir comment cela se déroulerait par la suite pour Blonde et Gaspard, et s’ils trouveraient des réponses à leurs questions (et à mes questions également 😀 ). Et je suis loin d’être déçue ! Je suis même pleinement satisfaite de ce deuxième tome, qui sonne pour moi la fin de Animale, même si Victor Dixen a annoncé sur Livraddict qu’il espérait recroiser la route de son personnage principal un jour. Mais que raconter de plus après tout cela ?

Ici, l’histoire se déroule dans des lettres que Blonde envoie à… Hans Christian Andersen ! Oui, oui, le célèbre conteur ! Nous le rencontrons à ses débuts, avant qu’il parte en voyage avec la bourse royale du Danemark. Son personnage est très bien intégré dans ce tome, et il est tout aussi bien exploité que le conte de La reine des neiges (La Vierge des glaces de Andersen), on est bien loin de la récente adaptation cinématographique ! Et tout se goupille à merveille entre cette adaptation, les lieux et les personnages, ce qui arrive à Blonde… Ce premier tome est très cohérent.

Devant tant de résignation, je sentis la révolte m’envahir, rouge comme les fleurs amoncelées sur la table. De l’alcôve d’une maison close à la cellule d’une prison, de la réclusion du couvent au sacrifice d’un mariage arrangé, ce monde ne manquait pas de cages où les hommes enfermaient les femmes.

Quand j’ai commencé la saga Animale, j’ai lu tout d’abord le prélude, Tambours dans la nuit, mais je n’avais pas tellement saisi le lien avec Boucle d’Or, si ce n’est la suggestion de la présence des hommes-ours. Avec ce deuxième tome, cette nouvelle prend tout son sens, y comprit le lien avec Blonde. On croise même dans La prophétie de la Reine des neiges un des personnages de ce prélude ! Il devient donc intéressant à ce niveau-là de la lire pour comprendre toute la portée de certains passages de ce deuxième tome.

La fin de ce tome apporte une conclusion parfaite à l’histoire de Blonde – et de mon point de vue à la saga. Ce final avec Andersen est plein d’émotions, ce qui clôt avec brio les aventures de l’Animale

[Chronique] Les cartographes, Livre 1 : La sentence de verre – S.E. Grove

[Chronique] Les cartographes, Livre 1 : La sentence de verre – S.E. Grove

les cartographes 1


Dans un monde bouleversé, les Etats-Unis sont situés dans un XIXe siècle fabuleux, le Groenland est dans la préhistoire, et l’Afrique du Nord dans un temps qui évoque celui des Pharaons. Quelle est donc la carte qui permettra de réunifier le monde en une seule époque ?

Merci aux éditions Nathan pour cette lecture !

Mon avis

Sophia habite à Boston, dans le Nouvel Occident. Depuis le Grand Bouleversement, les époques se retrouvent mélangées suivant les pays que l’on traverse. Ses parents, explorateurs de métier, ont disparu dans une des ces époques, sans que l’on sache comment. Élevée par son oncle Shadrack, Sophia est initiée à la cartographie, qui n’a rien de commun avec la notre. Mais un jour, Shadrack est enlevé, tandis qu’à Boston, les dirigeants tentent de faire passer des lois pour fermer leurs frontières aux explorateurs des autres âges. Sophia va donc se lancer à sa recherche, sans savoir que ce voyage changera sa vision du monde, et peut-être bien le monde lui-même…

Tout d’abord, quand j’ai vu la couverture, je suis tombée en amour pour ce livre. Généralement les couvertures des versions originales sont plus belles que les nôtres, mais là, la version française est beaucoup plus belle à mes yeux. Pour une fois, j’ai bien fait de me fier à la couverture, car j’en ressort globalement satisfaite. Étant donné que cette saga est une trilogie, j’ai hâte de voir ce que les graphistes de chez Nathan nous réservent…

Donc, dans ce contexte où l’on parle de la fermeture des frontières chez les extrémistes (bizarrement mes lectures se rapprochent beaucoup de l’actualité en ce moment, et cela n’a rien de rassurant), nous avons Sophia, une jeune fille indépendante qui a su très tôt se débrouiller seule avec son oncle depuis la disparition de ses parents. Elle s’adapte très facilement aux situations, mais elle n’a pas d’horloge interne, ce qui se révèle délicat dans son quotidien. Mais elle n’est pas une Mary Sue, loin de là, puisqu’elle ne pourrait pas mener son entreprise à bien si elle n’était pas épaulée par des femmes et des hommes pendant tout le long de l’histoire (coup de cœur : les femmes sont plus présentes que les hommes, ont plus d’actions, sont plus valorisées et ont plus de dialogues).

Côté écriture, c’est frais. C’est fluide, agréable à lire et très immersif grâce aux descriptions qui sont parfaitement employées. S. E. Grove a un vocabulaire riche et a intégré un mini-lexique facile à comprendre dans son univers qui est à la portée de tous. Le seul point noir de premier tome, c’est que par moment l’histoire est cousue de fil blanc. Un peu à la « ta gueule, c’est magique », il arrive que nos personnages se sortent de situations de manières totalement improbables. Ce n’est pas fréquent, mais ça gâche un peu la cohérence de l’histoire.

En bref, ce premier tome de Les cartographes pose les bases d’un univers immersif cohérent, malgré les quelques facilités que je n’espère pas retrouver dans la suite. Cette trilogie aventuro-fantastique plaira aux plus jeunes ainsi qu’aux plus âges qui trouveront leur compte avec La sentence de verre.

[Chronique] Kaleb, saison 3 : Fusion – Myra Eljundir

[Chronique] Kaleb, saison 3 : Fusion – Myra Eljundir

kaleb III

  • Éditeur : Robert Laffont (2013)
  • Pages : 441
  • Genre : Fantastique
  • Prix : 18,50€
  • Acheter Fusion

La prophétie du volcan prédit l’avènement d’une nouvelle ère, initiée par l’Elu… Or qui, de Kaleb, Abigail, le colonel Bergsson ou encore Mary-Ann bouleversera à jamais le destin des enfants du volcan ? Et si la mort est la clé, tous ne sont-ils pas des morts en sursis ? Seul le Livre du volcan peut apporter des réponses à Kaleb et lui permettre de survivre au volcan qu’il a réveillé. Mais le tenir entre ses mains peut se révéler plus destructeur que tout… Ce dernier tome de la trilogie de Kaleb lève le voile sur une mythologie qui prend racine bien au-delà de ce que vous pouviez imaginer. Plus que jamais, il est question de pouvoir, de sombre passion, de manipulation machiavélique et du parfum sulfureux d’une saga millénaire dont le dénouement pourrait bien vous faire penser que tout est bien qui finit mal.

Mon avis

Depuis toujours, une prophétie prédit le bouleversement du destin des enfants du volcan (EDV). Et plusieurs personnes pensent être l’Élu qui est au centre de celle-ci : le colonel Bergson, qui ne jure que par la mort de Kaleb et la disparition des EDV, Abigail, la jeune succube qui rêve de régner sans partage et les jumeaux, qui du fond de leurs tombes, poursuivent le même but que Abi tout en se mettant mutuellement des bâtons dans les roues… Et puis, il y a Kaleb, loin de tout ça, qui remonte le passé des enfants du volcan et revient aux prémices de la prophétie, plusieurs siècles plus tôt…

On reste une bonne partie de l’histoire (pour ne pas dire les trois quart) à remonter le passé des EDV en compagnie de Kaleb, donc, mais aussi avec… Myra Eljundir ! Grosse surprise, mais au final cela a du sens quand on avance et qu’on apprend également l’histoire de cette dernière, qui devient un personnage à part entière de ce dernier tome. Pour ma part, cela m’a déroutée jusqu’à avoir l’explication de sa présence.

Malheureusement, je n’ai pas pu apprécier pleinement les moments de révélations et autres actions décisives car j’ai encore tout deviné avant la fin ! C’est assez frustrant, et ce n’est pas la première fois que cela m’arrive dans cette saga. Pourtant, Myra Eljundir, de son vrai nom Ingrid Desjours, est auteure de thrillers ! Le genre de livres à suspens où si tu devines avant la fin les moments importants, tu en ressort grave déçu. J’ai donc pris la décision de ne pas lire ses autres livres pour éviter la déception.

Pourtant, elle se défend en tant qu’auteure ! Cette saga, je l’ai aimée du début à la fin malgré ses défauts. Tout l’univers autour des enfants du volcan est très bien mené et reste cohérent du début à la fin. Riche, facile de compréhension, c’est un background très intéressant et qui conclue cette saga comme il le fallait.

En bref, Kaleb est une saga qui n’a rien de jeunesse malgré sa parution dans la collection R de chez Robert Laffont, et plaira aux fans de sensations fortes et adeptes des lectures un peu noires…

[Chronique] Autre-monde, tome 2 : Malronce – Maxime Chattam

[Chronique] Autre-monde, tome 2 : Malronce – Maxime Chattam

autre monde 2

  • Éditeur : France Loisir (2009)
  • Pages : 502
  • Genre : Fantastique
  • Prix poche : 7.60€
  • Acheter Malronce

Imaginez un monde où la nature a repris le pouvoir, où les adultes sont redevenus sauvages et les enfants se sont assemblés en bandes pour survivre, où chaque promenade est une expédition, chaque jour passé, un exploit. Un monde recouvert par un océan de forêts, peuplé de créatures fabuleuses, traversé de courants étranges, d’énergies nouvelles. Un monde nouveau où trois adolescents tentent de déjouer les pièges d’une mystérieuse reine, acharnée à leur perte : Malronce. Oubliez tout ce que vous savez… pénétrez dans Autre-Monde.

Mon avis

Matt, Tobias et Ambre quittent l’île des Pans pour en savoir plus sur les cyniks et leur reine, Malronce. Surtout ce qu’elle fait : pourquoi fait-elle enlever les enfants ? Que deviennent-ils ? Pourquoi fait-elle une fixation sur Matt au point de lancer ses troupes à sa recherche ? Et comment vivent les autres communautés de Pans ? C’est dans Malronce, deuxième tome de la saga, que nous en apprenons plus sur l’après…

J’avais eu un peu de mal avec le premier tome que je trouvais trop jeunesse sur bien des points (bien que je n’ai jamais lu du Chattam avant cette saga) et je suis ravie de voir que j’ai entre les mains un tome plus mature que le précédent. Que ce soit au niveau des personnages ou des situations, on quitte petit à petit le monde de l’enfance pour un monde plus noir, plus trash, avec la plongée dans les villes d’adultes, ces cyniks qui restent régis par la religion qu’ils interprètent à leur sauce (comme IRL, rien ne change) et une prophétie à laquelle Malronce croit énormément. Et par conséquent, son peuple et ses armées y croient dur comme fer.

 Il en allait ainsi dans le royaume des hommes. Il suffisait de quelques certitudes et d’un ennemi désigné pour rassurer les esprits vides ou troublés par l’ignorance. Toutes les peurs se focalisaient alors sur cette cible à combattre.

C’est aussi un tome beaucoup plus immersif, avec beaucoup plus de descriptions que son prédécesseur. J’ai moins eu l’impression de survoler l’histoire et d’être restée en dehors du texte. Je me suis également beaucoup attachée à Matt. Comme je le disais plus haut, c’est un tome où les personnages prennent en maturité, et cela fait beaucoup de bien. Mais aussi, Matt pense énormément au bien fondé du besoin de tuer leurs potentiels ennemis. Il n’éprouve aucune satisfaction dans cet acte, comparé à ses jeux de rôles où la vie d’un ennemi tient à un lancé de dès. Devoir enfoncer sa lame dans le ventre d’un homme, la retirer, voir le cynik mourir… C’est tout de suite différent. Une bonne prise de conscience donc, pour ce personnage dont j’apprécie l’évolution.

En bref, ce deuxième tome relève le niveau, est beaucoup plus mature et plus immersif. Nous sommes cependant en droit de se demander où sont les femmes, reléguées au rang de passantes ou d’une reine dont nous ne faisons qu’entendre parler. Ambre et une trinité de jeunes filles dans une communauté Pans sont les seules que nous croisons et qui ont plusieurs lignes de dialogues et mènent certaines actions, mais cela ne va pas plus loin. Peut-être dans la suite ? Espérons-le.