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Étiquette : érotisme

[Chronique] La débauche – Esparbec

[Chronique] La débauche – Esparbec

chronique debauche esparbec


Imaginez un jeune homme qu’on éjecte d’un pensionnat religieux parce qu’il s’y comporte fort mal. Ses parents, n’en voulant plus, le confient à son frère aîné âgé de vingt ans de plus que lui, et chez qui il fait connaissance de sa belle-sœur… Laquelle aurait l’âge d’être sa mère. L’âge seulement, parce que sinon la funeste Armande, femme perverse jusqu’à la moelle, n’a vraiment rien de maternel. Ce serait plutôt le genre marâtre… et obsédée sexuelle.
 » Tiens, tiens, se dit cette mégère, en voyant débarquer le novice. Un grand dadais, un puceau attardé ! Ma foi, pourquoi ne pas nous distraire avec lui ?  »
Vous allez lire le récit de ces  » distractions « . Et ne vous attendez surtout pas à rigoler !

Merci à La Musardine pour cette lecture ! 

Mon avis

Gérard a 17 ans quand il se retrouve renvoyé du pensionnat religieux où il était élève, à cause de pratiques qu’on ne pourrait qualifier d’orthodoxes. Ses parents l’envoient chez son frère avec qui il avait peu de contact à cause de leur trop grande différence d’âge. Gérard va y faire la rencontre de Armande, sa belle-soeur. D’abord froide et assez sévère, elle va très vite révéler un autre aspect de sa personnalité… Bref, Gérard va taper dans l’oeil d’Armande qui va tout faire pour essayer de le dévergonder plus qu’il ne l’est déjà !

De tous les romans de Esparbec que j’ai pu lire, La débauche est de loin le plus soft de ma collection de cet auteur. Mais l’histoire commence assez rapidement, on est vite plongés dedans. Et comme c’est raconté à la première personne, on est aux premières loges ! Ce qui est bien avec Esparbec, c’est qu’on y va jamais par quatre chemins. Avec des situations et pratiques toujours aussi variées, il y en a pour tous les goûts et de quoi nous tenir en haleine jusqu’à la fin de notre lecture. Disons qu’ici, Esparbec est un des rares auteurs où on peut se permettre d’acheter ses livres les yeux fermés, on sait que la qualité sera toujours au rendez-vous 🙂

C’est un roman assez court – 156 pages seulement ! – , mais il n’en faut pas plus pour que nos protagonistes arrivent à leurs fins. C’est une histoire entraînante, addictive, mais surtout terriblement émoustillante. On se demande jusqu’où iront Armande, Gérard, son frère et toutes les personnes qui les approchent. Car personne n’est en reste ! A chaque fois que l’on croise un nouveau personnage, on se demande si lui aussi n’a pas son rôle à jouer dans la débauche de la belle-soeur, sans trop vouloir spoiler !

La fin m’a énormément surprise, je ne m’attendais pas à cette révélation de la part de l’auteur. Est-ce qu’il y a une suite à cette histoire, est-ce que nous la lirons à jour ? Je l’espère !

En bref, La débauche est un roman assez soft, mais qui reste dans la veine des autres romans de l’auteur. Une lecture courte, mais très plaisante ! 

[Chronique] La bourgeoise – Gil Debrisac

[Chronique] La bourgeoise – Gil Debrisac

la bourgeoise


Rebecca Muller est une très belle femme de 37 ans. Mariée à un banquier, oisive et fortunée, elle est le prototype de la bourgeoise de province. Sans enfant, elle trompe son ennui en activités futiles et en dévorant des romans pornographiques qui font surgir de sa mémoire les souvenirs enivrants de sa sexualité précoce. Lors d’un salon du livre, Madame Muller rencontre Gil Debrisac, son auteur préféré, et lui confie que rien ne l’excite davantage que d’inventer des infidélités pour exciter son mari.

Elle met cela aussitôt en pratique et devient la maîtresse de Gil. Les amants vont rapidement se rendre compte qu’ils ont tous deux le même goût prononcé pour la perversité, les relations sexuelles hors-normes, et nous suivrons avec délectation l’itinéraire d’une femme mariée, totalement amorale et infidèle, trompant un mari qui tire un plaisir pervers de son humiliation de bourgeois nanti.
Plongée toujours plus loin dans le stupre et le vice, Rebecca s’abandonnera alors sans retenue dans une hypersexualité qui la fera quitter mari et amant pour connaître l’absolue soumission à l’homme.

Merci aux éditions La Musardine pour cette lecture !

Mon avis

Rebecca Muller, bourgeoise de 37 ans, est mariée à un banquier qui ne la satisfait plus sexuellement. Sa vie est composée de longueurs dans sa piscine, la relecture de son journal intime dans son bain avec sa collection de godes et la lecture des romans érotiques de son amie Clotilde, ainsi que de son auteur favori, Gil D. . Lors d’un salon du livre, elle va faire la rencontre de Gil. Alors que cette entrevue aurait pu en rester-là, ils décident de s’envoyer des lettres, commençant ainsi une relation des plus particulières…

Et donc voilà partie notre bourgeoise avec son auteur fétiche, se racontant d’abord leurs frasques à travers leurs lettres, avant de passer à la pratique, dans des scénarios plus émoustillants les uns que les autres. Et je n’en attendais pas moins après la première partie du roman où nous avons remonté l’adolescence de Rebecca, à partir de sa première fois.

D’ailleurs, Gil et Rebecca continuent de s’écrire par la suite. Moins souvent puisqu’ils passent beaucoup de temps ensemble, mais n’en oublient pas moins leurs échanges épistolaires. Il y en a vraiment pour tous les goûts : orgies, saphisme, soumission-domination… Allant de la chambre à coucher de la bourgeoise aux vitrines des maisons closes belges. Le tout est très bien écrit, avec des descriptions très plaisantes, et on monte crescendo, jusqu’à l’apothéose.

Sauf que je ne suis pas convaincue par cette fin. Tout s’emballe, les révélations sont faites, mais l’auteur fait venir un ultime personnage, Gontran, qui apporte un retournement de situation qui arrive comme un cheveu sur la soupe, c’est la surenchère de trop et je n’arrive toujours pas, même plusieurs jours après, à accepter cette fin. Peut-être que j’étais trop attachée au couple que formaient Gil et Rebecca ?

En bref, pour une première avec cette auteure, j’en ressort globalement satisfaite. Bien que je ne sois pas convaincue par cette fin et cet ultime personnage, cela m’a donné envie de découvrir ses autres ouvrages 🙂

[Chronique] Mon cher stagiaire – Anouk Laclos

[Chronique] Mon cher stagiaire – Anouk Laclos

mon cher stagiaire


Une pétillante quadra devenue veuve avant l’heure se voit confier les rênes de l’empire de champagne Van Styn.

Un jeune étudiant américain à l’ambition débordante et au charme fou rêve d’y faire un stage.

Anouk laisse sa chance à Andrew, dont la soif d’apprentissage va se révéler troublante…

Entre bulles de champagne et déplacements professionnels de rêve commence alors une initiation enivrante aux plaisirs à la française, mais jusqu’où Anouk osera-t-elle aller ?

Merci aux éditions Calmann-Lévy et à Babelio pour cette lecture !

Mon avis

Anouk, la quarantaine, veuve, et depuis peu PDG de la société Van Styn, spécialisée dans le champagne, prend un stagiaire sous son aile, un américain assez pudibond. Andrew a soif d’apprendre, que ce soit les ficelles du métier, mais aussi comment donner du plaisir aux femmes, ce que sa nouvelle patronne ne va pas rechigner à lui apprendre, étape par étape…

C’est le premier roman érotique chez Calmann-Lévy, et c’est une sacré surprise. Étant une grande lectrice de romans de ce style, cela me fait toujours plaisir de voir ce genre s’épanouir. Mais ce roman est présenté comme le premier roman érotique français  où c’est une femme qui initie un homme, ce qui est faux. Il suffit de jeter un œil au catalogue de La Musardine pour trouver une pléthore de livres 100% français qui présentent le même thème.

Autant vous le dire, je n’aime pas du tout la couverture rose-grise, c’est même un frein. En librairie, je n’aurais même pas accordé 10 secondes de mon temps pour ce livre. Pour moi, une couverture dans ces tons là me renvoie directement à toutes les publications post-cinquante nuances de Grey de Hugo et Cie, ce moment où cet éditeur a publié énormément de titres faisant l’apologie de la culture du viol sous toutes ses formes. Donc pour moi, une couverture rose-grise, c’est demi-tour tout de suite. Espérons que par la suite les éditions Calmann-Lévy trouveront un style graphique pour leurs romans érotiques qui leur ressemble, et non aux livres des autres.

Et le dernier point gênant, bien que ce soit un pseudo, je n’aime pas quand l’auteur(e) porte le même nom que son personnage principal dans les romans érotiques. On ne sait pas où est la limite entre la fiction et la réalité et ça devient vraiment gênant, j’ai pas forcément envie d’imaginer l’auteure couchant avec un stagiaire.

Bref, parlons maintenant du contenu.

Qui dit roman érotique, dit scènes de sexe. Elles sont peu nombreuses, un bon point, montent crescendo et sont émoustillantes, vraiment bien décrites. Mais le must – qui est aussi le gros point positif de Mon cher stagiaire – c’est qu’il y a du consentement sexuel respecté partout. Oui, oui, vous avez bien lu, cette denrée rare est là et elle est exprimée clairement ! C’est un énorme point positif ! J’ai presque envie d’embrasser l’auteure tellement je suis heureuse que le consentement soit là.

J’ai lu ce livre très rapidement, la plume de « Anouk Laclos » étant fluide, avec un vocabulaire riche, et des descriptions savamment dosées. C’est un livre qui se lit très facilement. Le cadre choisi par l’auteure est bien mis en place, que ce soit la société Van Styn ou les différentes demeures que Anouk et Andrew visitent. Je suis cependant très surprise par la fin ! J’ai d’abord été choquée par ce retournement de situation, de voir dans quelle situation Anouk était mise, mais j’ai finalement trouvé l’énième rebondissement concernant Andrew trop tiré par les cheveux. Je pense qu’on aurait pu s’arrêter à la première révélation, voir la deuxième.

En bref, j’ai l’air sévère comme ça, mais j’en ressort globalement satisfaite. Pour un premier roman de l’auteure, je l’ai trouvé abouti, et son intrigue bien menée. Un peu déroutée par la fin, cependant, mais je retiens en premier lieu que le consentement est présent, qu’il est respecté, et ça, ça fait beaucoup de bien.

[Chronique] Movie Star, saison 2 : Venise – Alex Cartier

[Chronique] Movie Star, saison 2 : Venise – Alex Cartier

movie star 2


Ophélie a quitté Christophe son boyfriend idéal sans hésiter un instant le jour où Michael, l’acteur le plus sexy au monde, devant Brad Pitt et Georges Clooney réunis, a proposé à la petite française de l’emmener en croisière sur le My pleasure, son magnifique yacht ancré aux larges des côtes corses. Au programme des vacances pour Ophélie : champagne, luxe et amour dans les bras de son fantasme absolu en compagnie de Laure, sa meilleure amie, toujours aussi nympho.

Mais combien de temps peut durer une idylle avec une star hollywoodienne ? Pourquoi ne reste-t-on jamais avec les mecs bien comme Christophe ? Et surtout que va-t-il advenir d’Ophélie à la fin de l’été, une fois perdue son innocence sentimentale et sexuelle, lorsqu’au Festival de Venise les masques vont tomber ?

Merci aux éditions Belfond pour cette lecture !

Mon avis

Pour ce deuxième tome de Movie Star, nous retrouvons Ophélie là où nous l’avions laissée, ce moment où elle plaque Christophe pour partir en croisière avec Michael, dans l’espoir – toujours le même – de devenir sa femme. Sauf que justement, elle n’est pas l’officielle, et toutes les bonnes choses ont une fin…
Car oui, il faut bien retourner au travail, à sa petite vie parisienne, loin du luxe du yacht de son amant. Et là, Ophélie va aller de désillusions en désillusions sur cet homme qu’elle glorifiait depuis des années.

Cette suite est beaucoup plus axée sur le sexe, j’avoue m’être un peu lassée de toutes ces scènes de sexe qui s’enchaînent. Heureusement, avec l’arrivée de Laure, cela donne un second souffle à l’histoire, plus de fraicheur. J’ai d’ailleurs adoré avoir son point de vue, bien loin du « vagin sur patte vulgaire » qu’elle était décrite par Ophélie. On découvre ici un personnage sensible, bien dans sa peau et sa sexualité.

Cependant, il y a un passage qui m’a fait levé un sourcil. Quand cela commence par « je ne suis pas féministe, mais…« , je crains pour la suite. Et là, l’idée était que « je ne suis pas féministe, mais je trouve que le consentement c’est très important », et de là, Ophélie rétorque « bon bah puisque Laure le pense, je vais demande à Michael de respecter mes décisions », car ce dernier boudait parce que son amante refusait certaines pratiques.

Je souhaite juste que les choses soient claires concernant le consentement : il n’y a pas besoin d’être féministe ou d’avoir l’aval de quelqu’un pour réclamer ce qui nous est dû. L’auteur ne voulait sans doute pas véhiculer le message dans ce sens-là, mais pour ma part c’est de cette façon que je l’ai pris. Mais on reparlera plus en détail du consentement sexuel dans la littérature dans un prochain article, car il y a beaucoup de choses à dire sur le sujet.

Edit 22/05/2016 : Après discussion avec l’auteur, il est apparu que nous partagions le même point de vue sur le consentement sexuel, ce qui confirme que Alex Cartier ne voulait pas présenter les choses comme cela. Nous sommes donc sur la même longueur d’onde concernant ce sujet qui a son importance, quelque soit le support où il est présenté.

Bref. Laure n’est pas le seul personnage qui rejoint la croisière, nous avons aussi Charlie, le frère de Michael, un homme mystérieux, réservé, très à l’écoute des autres et toujours présent. Sa présence laisse présager un triangle amoureux pour la suite, mais j’ai hâte d’en savoir plus sur ce personnage ! En tout cas, la fin de Movie Star promet d’être très intéressante : un nouveau décors, le point de vue de Laure que j’espère voir plus souvent pour contrebalancer avec ceux de Ophélie, et le fameux choix : Michael ou Charlie ? Espérons qu’elle choisira le bon !

En bref, Venise est pour moi un tome un peu en deçà du premier, j’aurais préféré que l’on reste avec moins de scènes de sexe pour plus de réflexion sur l’avenir de Ophélie avec un des Brown, car il y aurait beaucoup eu a dire avec le comportement de Michael. J’ai hâte de voir ce que donnera le dernier tome de cette saga !

[Chronique] Movie Star, Saison 1 : Deauville – Alex Cartier

[Chronique] Movie Star, Saison 1 : Deauville – Alex Cartier

movie star 1

  • Éditeur : Belfond (2016)
  • Pages : 522
  • Genre : New romance
  • Prix : 17€
  • Acheter Movie Star

A votre tour de faire la une des magazines en compagnie d’une star !
Ophélie est une jeune attachée de presse de cinéma. Elle vit à Paris avec son chat (Roméo), son poisson rouge (Juliette), son petit copain (un mec vraiment bien), ses parents (adorables), sa meilleure amie (complètement nympho) et son fantasme érotique de toujours : Michael Brown, un des acteurs les plus bankable et les plus sexy d’Hollywood. Jusque-là rien de très indécent. Jusqu’au jour où son patron envoie Ophélie à Deauville pour son premier festival et qu’elle tombe nez à nez avec Michael dans le hall de l’Hôtel Royal… C’est le début d’une histoire d’amour dangereuse autant que torride où Ophélie devient la girl next door au bras d’une des stars les plus sexy au monde…

Merci aux éditions Belfond pour cette lecture !

Mon avis

Ophélie est attachée de presse dans le milieu du cinéma et une grande fan de Michael Brown, son idole de toujours. Alors que le festival du film Américain à Deauville approche, son boss l’intègre à l’équipe qui s’y rendra, pour s’occuper de Cate Blanchett, alors qu’il sait qu’elle est fan de Michael et qu’il sera présent. Un peu déçue, Ophélie part tout de même à Deauville, sans savoir que son rêve d’adolescente va se réaliser…

C’est sous la forme d’un journal intime que la jeune attachée de presse va nous raconter son périple dans nos terres normandes, accompagnant les stars les plus connues de Hollywood. Ophélie est une jeune femme indépendante, épanouie et cinéphile, mais qui aime Fifty Shades of Grey (Nobody’s Perfect, comme elle dit si bien). Pendant longtemps, elle compare tout à sa saga favorite, dont le contenu est sacrément discutable. En parallèle, les scènes intimes de Movie Star sont placées sous le signe du consentement et sont réalistes, à l’instar du modèle littéraire de la jeune femme. Et entre nous, ça fait du bien.

Prévue en trois tomes qui sortiront tous en 2016, la série Movie Star commence bien avec ce premier tome. Il se lit très bien, c’est fluide, Alex Cartier a un vocabulaire riche et les passages en Corse sont très bien décrits, au point que l’on s’y croirait. Ses personnages sont tous très bien travaillés, que ce soit les principaux comme les secondaires, il ne m’a fallu que quelques lignes pour arriver à les cerner.

Bourré d’humour et de situations cocasses, c’est un premier tome léger. Comme je le disais précédemment, deux autres tomes sont encore à paraître et pour ma part je suivrai la saga. Étant généralement réfractaire à la New Romance, j’ai trouvé ici une comédie rafraîchissante qui sent bon l’été. Si la suite est sur cette lancée, pourquoi s’en priver ?

En bref, Deauville est un premier tome prometteur, plaisant et léger. Ceux qui généralement délaissent la New Romance arriveront très certainement à se réconcilier avec le genre en lisant ce tome-ci. La suite est pour le 28 avril, une date à noter dans vos agendas !

[Chronique] Mémoires de Fanny Hill, femme de plaisir – John Cleland

[Chronique] Mémoires de Fanny Hill, femme de plaisir – John Cleland

mémoires de fanny hill


Si Fanny Hill est à ce point une curiosité, c’est que la très prude Albion demanda l’interdiction en 1749 de « ce livre ignoble qui est une insulte à la religion et aux bonnes mœurs ». Au travers de ces Mémoires, John Cleland ne faisait que brosser le tableau des mœurs de son temps, lorsque le Tout-Londres s’encanaillait dans les bouges et les maisons closes… La jeune héroïne, orpheline, tombée dans les griffes d’une maquerelle, devient une prostituée de luxe. Mais si Fanny ne dédaigne pas le plaisir, elle place toujours la vertu au-dessus du vice et incarne un personnage très « moral » à des lieues des personnages sadiens. Des phrases élégantes, des tournures délicates, un petit bijou de lecture du xviiie siècle avec ce qu’il faut de piment pour en faire un grand classique de la littérature érotique…

Merci aux éditions La Musardine pour cette lecture !

Mon avis

Fanny Hill vient de perdre ses parents. Seule, elle n’a pas d’autres choix que de monter à Londres pour s’en sortir. Mais une fois sur place, la personne qui s’était chargée de l’aider la laisse en plan. Livrée à elle-même, elle va tomber dans les griffes d’une vieille maquerelle et deviendra une prostituée de luxe, d’abord privée, puis publique, le tout pour assurer sa survie dans cette grande ville. Dans deux longues lettres, elle raconte sa vie à Londres, entre plaisir et intrigues…

L’histoire ne commence pas directement avec Fanny Hill, mais par une introduction de 179 pages, soit la moitié du roman, de Guillaume Apollinaire sur Londres et ses bordels au XVIIIè siècle, se basant sur les écrits de Casanova. C’est une longue introduction qui permet de saisir la situation dans laquelle nous plonge John Cleland aux côtés de notre héroïne, et dans quel monde elle évolue. C’est donc très intéressant et c’est un point que l’on ne peut sauter, tant elle nous prépare à ce qui va suivre !

L’introduction lue, nous passons aux deux longues lettres de Fanny, relatant comment elle a quitté sa campagne natale, s’est faite dépucelée. Puis enfin comment elle en est venue à se prostituer, d’abord auprès d’un homme, puis devenir ensuite une prostituée de luxe « publique », vendant ses charmes à des jeunes hommes triés sur le volet.

Bien sûr, Fanny Hill prend du plaisir à tout ceci et a accepté la situation en toute connaissance de cause – le consentement du personnage est un point assez intéressant. Elle aurait pu se trouver un petit travail, dame de compagnie, faire du ménage… Elle s’est pourtant tournée vers un métier qui demande du courage, un métier pas facile où elle aurait pu tomber sur bien pire que la vieille maquerelle peu scrupuleuse, tout en gardant la tête haute.
Ce sont deux lettres avec de belles tournures de phrases, au vocabulaire soutenu, et exempt de toute vulgarité.

C’est un classique de la littérature érotique qui a été interdit en 1749, soit un an après sa publication… en Angleterre ! Et jusqu’à récemment, à Singapour. Et pourtant, pour l’Angleterre, c’est assez surprenant puisque si on se fie à l’introduction de Guillaume Apollinaire, les bordels étaient légions, et sous différentes formes !

En bref, Mémoires de Fanny Hill, femme de plaisir est un petit classique, que l’on préféra plus pour comprendre les mœurs de nos voisins outre-manche avec l’introduction bien fournie de Guillaume Apollinaire que pour son côté érotique. Cette nouvelle édition est à mettre sous le sapin des lecteurs avertis !

[Chronique] La femme de papier – Françoise de Rey

[Chronique] La femme de papier – Françoise de Rey

la femme de papier


Alors que leur liaison s’endort, une femme a l’idée d’écrire à son amant un journal de bord de ses fantasmes. Jour après jour, ses lettres vont provoquer une renaissance, nourrissant de mille idées leurs jeux sexuels. S’ensuit une passion que nulle limite n’endigue hormis une seule règle : « Interdiction d’aimer ».  Paru en 1989, alors que son auteure Françoise Rey, professeure dans le Beaujolais venait de traverser une grave crise personnelle, La Femme de papier a marqué l’histoire de la littérature érotique. C’est le premier texte dans lequel une femme affiche et signe de son nom, ouvertement, ses fantasmes et ses désirs sexuels. Le livre défraie alors la chronique, secouant tabous et conventions.

Merci aux éditions La Musardine pour cette lecture !

Mon avis

Tandis que la liaison entre une femme et son amant devient plate, celle-ci décide d’écrire des lettres à cet homme. Mais pas n’importe quelles lettres ! Cette femme couche sur papier ses fantasmes et autres désirs pour réveiller l’appétit sexuel de son amant…
Son succès vient du fait que Françoise Rey existe et qu’elle a réellement envoyé ces missives à son partenaire sexuel. Pour une fois, dans nos contrées, une femme ne se cachait pas derrière un pseudo et exprimait clairement ses désirs !

Alors évidemment, la presse s’en est emparé et on en a beaucoup parlé à l’époque, le succès du livre vient de là. Mais pour un roman épistolaire érotique, je m’attendais à beaucoup, mais ce livre ne m’a pas plus émoustillée que cela. Les lettres restent du sexe pour du sexe, et ça ne va pas plus loin. L’auteure se met en scène avec son amant, installe le décors si besoin, rajoute des personnages quand l’envie lui en prend, mais, encore une fois, cela ne va pas plus loin.

Je m’attendais aussi à un style plutôt doux, pour une femme qui met en scène ses fantasmes. C’est le contraire, puisque les mots choisis sont violents. Il est question de plaisirs, mais la douceur n’est pas au rendez-vous, tant dans les actes que dans les dialogues des protagonistes. Cela s’explique peut-être par la crise que Françoise Rey a traversé avant de se lancer à l’écriture de La femme de papier ? En tout cas, elle a vocabulaire varié et riche, ce qui évite une certaine redondance entre chaque missive, et j’apprécie la diversité des fantasmes de Françoise, qui amène à voir certaines pratiques sous un autre œil.

Cette édition est agrémentée d’illustrations en noir et blanc, plutôt suggestives (Disons que le lire dans un train le soir n’est pas une bonne idée, surtout quand vous êtes côté fenêtre) (Et je noterais au passage que la petite dame des sièges d’à côté, d’un certain âge, ne devait pas avoir qu’une quinte de toux… Oups !). Alex Varenne met en scène des femmes, parfois seules, parfois accompagnées, cependant sans que cela ne colle avec le texte. Avec ces illustrations, on retrouve également une interview de l’auteure, ainsi qu’un dossier de presse datant de la sortie du livre, en 1989.

En bref, La femme de papier est un ouvrage intéressant d’un point de vue féministe : une femme qui se libère du carcan imposé par les hommes et parle librement de sexe, sans avoir à se cacher derrière un pseudo, on ne peut qu’applaudir la démarche. Cependant, il ne faut pas le lire pour chercher un récit hautement émoustillant, à moins que l’érotisme violent croisé avec des petits chatons plaise au lecteur. Cette édition avec l’interview de l’auteure permet de mieux comprendre sa démarche, et d’où a commencé ce récit pour le moins singulier.

[Chronique] Femme de vikings, l’intégrale – Carl Royer

[Chronique] Femme de vikings, l’intégrale – Carl Royer

femme de vikings


Seconde moitié du IXe siècle, quelque part dans le comté de York. Terrifiés, bourgeois et paysans se terrent dans leurs villages : partout dans la campagne, débarqués sur le littoral comme chaque printemps, les Danois rôdent, pillent et violent. Emportée par la tourmente, Nora, jeune saxonne encore vierge, découvre le sexe et ses plaisirs face à l’ennemi juré. Les Vikings sont brutaux, insensibles, sans pitié. Pourtant, ils éveillent en elle des fantasmes dont elle n’avait pas soupçonné l’existence. Jusqu’où une paysanne retournée par le stupre peut-elle aller pour assouvir ses pulsions ? La loyauté, l’honneur, la raison… Ces mots ont-ils encore du sens face à l’appel du sexe ?

Merci aux éditions La Musardine pour cette lecture !

Mon avis

Nora, fille de paysans dans le Comté de York, se terre dans la maison familiale. En effet, les danois pillent le village et tous savent le traitement qu’ils réservent aux femmes. Alors que l’un d’eux se tient face à elle, recroquevillée, il est arrêté par les hommes du village. Qu’il soit emprisonné ne va pas empêcher la jeune saxonne de lui offrir son corps, et ainsi découvrir les plaisirs charnels et braver tous les interdits…

Initialement publiée en six épisodes, Femme de vikings raconte l’histoire de Nora la paysanne partie vivre chez les vikings en tant que deuxième femme de son danois, et qui va s’offrir à tous. Trois épisodes lui sont consacrés et sont de son point de vue, tandis que les restants sont du point de vue de Denisc, un homme du village de Nora, qui la caressait au détour d’une grange. Resté au pays et enrôlé dans l’armée, il a la charge de défendre et de protéger les habitants de ces terribles viking et de la femme qui les mènent.

Comme cela a été publié en épisodes, il a fallu tenir le lecteur en haleine, et donc proposer du contenu à chaque sortie. Donc, du sexe dans chaque épisode, ceux qui ne s’attendent pas à autant de luxure seront vite déboussolés – les autres au contraire, y trouveront leur compte. Cependant, il y a une histoire derrière. Celle-ci est cohérente, mais je l’ai trouvée plus intéressante du point de vue de Denisc. La fin est assez surprenante, mais colle parfaitement à l’histoire.

Côté écriture, c’est fluide. Carl Royer a un vocabulaire riche et ne fait pas dans la demi-mesure. Cependant, il y a peu de descriptions, ce qui ne m’a pas plus gênée que cela. Il est agréable de suivre Nora et Denisc, ils ont un cheminement bien particulier et une vision des choses différente. Ce sont des personnages avec un fort caractère et qui sont bien travaillés – bien plus que ce que l’on s’attendrait à croiser dans un roman érotique, ce qui n’est pas forcément pour me déplaire.

Les thèmes abordés sont pour tous les goûts ! Outre la loyauté et l’honneur remis en cause, voir même la folie, on aborde ici le saphisme, le triolisme, l’esclavagisme sexuel… Et j’en passe ! Ainsi chaque lecteur y trouve son compte.

En bref, c’est une intégrale agréable à lire, très chaude ! Et Le premier épisode est gratuit, pourquoi ne pas en profiter ?

[Chronique] Le droit chemin, tome 1 – Sacha Gellman

[Chronique] Le droit chemin, tome 1 – Sacha Gellman

le droit chemin 1


Claire est une emmerdeuse. Non pas qu’elle ait mauvais caractère, mais c’est une éternelle insatisfaite. Elle s’est mariée six ans plus tôt. Elle était très amoureuse, alors elle y a mis du sien. Stéphane est un mari séduisant et attentif, doublé d’un bon amant. Mais à trente-deux ans Claire se demande déjà si elle s’est perdue en cours de route. Au cours d’un déplacement, elle retrouve Matthias, un ami, pour déjeuner. Rien ne la prédispose à se mettre en danger, et pourtant tout est prêt pour qu’elle bascule. Au fil d’une exploration sensuelle intense, entre euphorie et incertitude, Claire va questionner ses choix de vie et perdre peu à peu ses repères.

 

Mon avis

Claire a tout pour elle : un mari, une jolie maison, un travail qui lui donne une indépendance financière quand elle pourrait vivre uniquement des revenus de son mari qui est médecin, des amis, bref une vie simple et bien rangée. Mais cette vie beaucoup trop calme va changer quand elle va déjeuner avec son ami Matthias et qu’elle aura très envie de lui, en dépit du reste.

D’entrée, le ton est mordant. L’histoire est racontée par Claire, pleine de cynisme et d’ironie. C’est une jeune femme qui en veut, mais qui ne résiste à rien, elle est du genre à dire oui à tout le monde. Sauf sur une question bien précise… Mais je ne me suis pas plus attachée que ça à elle.

Qui dit érotique, dit sexe, mais je n’ai pas trouvé ces scènes plus émoustillantes que ça. Ça reste gentillet et un peu banal, et je n’ai pas ressenti l’intensité des ces moments que Claire décrit comme « divins », dans lesquels elle se retrouve dans un état second. Cependant,  l’auteure garde une certaine cohérence avec la réalité en évitant les clichés propres à la génération Fifty Shades.

Comme je le disais plus haut, le ton est mordant, plus proche du chick-lit que de l’érotique. Mais le tout se laisse lire, le vocabulaire est tout ce qu’il y a de plus simple. Il ne faut pas s’attendre à plus pour cette lecture, c’est lisse et surtout sans surprises.

Une suite devrait voir le jour prochainement, mais je pense que cela se fera sans moi.

[Chronique] Rebecca – Jean-Yves Masson

[Chronique] Rebecca – Jean-Yves Masson

Rebecca

  • Éditeur : La Musardine (2015)
  • Pages : 251
  • Genre : Érotisme
  • Prix : 8.95€
  • Acheter Rebecca

Une fin de nuit glauque, dans un  » cabaret de la dernière chance « , Julian, sorte d’ange de la désolation à la Kérouac, tombe sur une femme, Rebecca. Ou plutôt, c’est elle qui s’abat sur lui, bouche ouverte et carte de crédit levée : une cougar. Les voilà partis, tous les deux, dans la vache de vie, épaule contre épaule. Elle, belle, sensuelle,  » pétée de thunes  » ; lui, avec juste  » sa bite et son couteau « . Et, puisqu’il va se révéler un étalon au lit, pourquoi ne pas le louer à des dames de la haute prêtes à payer le prix fort pour goûter à sa divine queue ? C’est le deal que Rebecca propose à Julian : elle sera la maman, lui la putain. C’est ainsi que vous aurez droit au récit détaillé, d’une obscénité sans limites, de toutes les rencontres sexuelles de Julian. Se succéderont Marie-Odile, Nadine et sa soeur, Bénédicte-Bienvenue, dite BB, Hannabelle, Viviane, Christine, Salima, Melody, Marie et Antoinette, Sylvia et Liorah… nous en passons, des vertes et des trop mûres… Gaude !

Merci aux éditions La Musardine pour cette lecture !

 

Mon avis

Un soir, Rebecca tombe sur Julian dans un bar. Ils finissent la soirée ensemble, chez elle. Elle l’a trouvé tellement bon au lit qu’elle lui lui propose un deal : elle le loue à de riches amies, et en échange ils se partagent l’argent. Nous allons suivre les déboires de Julian avec ses différentes clientes qui sauront apprécier ses talents…

Ce sont des prestations sexuelles plus époustouflantes les unes que les autres qui vont s’enchaîner. L’auteur nous offre une grande variété dans ces scènes grâce aux partenaires/clientes de Julian, qui ont toutes des goûts différents les unes des autres. Certaines de ces scènes sont très sensuelles, d’autres au contraires sont un peu plus violentes, on en a pour tous les goûts et c’est ça qui fait la force de ce roman.

Mais Rebecca, ce n’est pas que du sexe. C’est aussi l’histoire de Julian et Rebecca, deux âmes en peine déçus par l’amour et la vie de couple qu’ils ont expérimenté avant leur rencontre. On va suivre l’évolution de leur relation, mais aussi l’évolution de Julian qui noyait son chagrin dans l’alcool au début de l’histoire.

Cette édition en poche chez La Musardine n’est pas la première. En effet, ce roman est déjà sortit en grand format illustré chez Sabine Fournier, comme indiqué en préface. Côté écriture, le style est simple, le vocabulaire également. Pour décrire les scènes de sexe, Jean-Yves Masson ne prend pas de gants et appelle une chatte une chatte. Le tout forme un roman qui ne laisse pas le lecteur indifférent.

C’est une petite pépite et j’ai passé un très bon moment de lecture avec Julian et Rebecca. C’est un roman que je recommande chaudement !