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[Chronique] Je m’appelle Leon – Kit de Waal

[Chronique] Je m’appelle Leon – Kit de Waal

Je m'appelle Léon


Leon, 9 ans, est un garçon courageux. Quand un jour sa mère n’arrive plus à se lever le matin, il s’occupe de son demi-frère Jake. Quand l’assistante sociale emmène les deux garçons chez Maureen au gros ventre et aux bras de boxeur, c’est lui qui sait de quoi le bébé a besoin. Mais quand on lui enlève son frère et qu’on lui dit que chez ses nouveaux parents il n’y a pas de place pour un grand garçon à la peau sombre, c’en est trop. Heureusement Leon rencontre Tufty, qui est grand et fort, qui fait du vélo comme lui et qui, dans son jardin, lui apprend comment prendre soin d’une petite plante fragile. Mais Leon n’oublie pas sa promesse de retrouver Jake et de réunir les siens comme avant. Le jour où il entend une conversation qui ne lui était pas destinée, il décide de passer à l’action…

Merci aux éditions Kero pour cette lecture !

Mon avis

Leon a 9 ans quand son petit frère Jake vient au monde. Mais très vite, il se retrouve à devoir s’occuper de lui à la place de leur mère car elle ne se lève plus, ne mange plus, ne se lave plus. Elle fait une dépression. Alors les enfants sont placés, et Jake part rejoindre une famille d’accueil. Car il est blanc, et Leon est métis dans un pays qui pratique la ségrégation…

Je m’appelle Leon était très intriguant, de part sa couverture (que j’adore), et son résumé. Mais au final, je me suis lassée et je suis passée à côté. Tout a commencé avec le ton enfantin employée qui m’est vite passé au dessus de la tête. Après la première centaine de pages, j’étais déjà plus réticente à retourner à ma lecture en me souvenant la plume de l’auteure. Et puis les longueurs sont vite arrivées, et je me demandais où j’allais.

Puis il a été question des personnages. Seul Leon est abouti. On ressent son mal-être qu’il exprime comme il le peut (colère, mensonges, vols…). Pour les autres, l’auteure n’est pas allée au bout des choses. Il leur manque quelque chose, pour les rendre moins lisses, moins prévisibles. On ne rencontre que des adultes, tous construits sur le même schéma : au début ils plaisent à Leon, il a un intérêt pour eux, puis le déçoivent à des degrés différent.

Quant au sujet du racisme, ce n’est qu’une notion au début, des sous-entendus. Et plus on avance, plus Leon grandit et plus on touche à des questions plus sérieuses (émeutes, violences policières…). Mais on reste encore une fois trop en surface, l’auteure ne va pas au bout des choses. J’ai eu l’impression qu’elle faisait en sorte de rester en retrait de son histoire, de l’Histoire…

Mais globalement, je suis passée à coté de l’intrigue. Car j’attendais le fameux moment du résumé de la quatrième de couverture, où « Il [Leon] décide de passer à l’action », qui arrive tellement tardivement, et d’une façon dont je ne m’attendais pas – je ne l’attendais plus – que j’en étais plus déçue qu’autre chose.

En bref, j’en attendais tellement plus. J’attendais des personnages aboutis, la question du racisme traitée plus au profondeur, au final je suis restée en surface du début à la fin malgré des thèmes qui me plaisent en général.

[Chronique] Mal dans la peau – Ghislaine Bizot

[Chronique] Mal dans la peau – Ghislaine Bizot

mal dans la peau


Marie et Carole, deux amies d’enfance originaires de Lille, se trouvent séparées quand Carole part vivre avec son mari Fabrice dans un petit village retiré de l’arrière-pays niçois. Elles décident alors de s’écrire, mais au cours de ces échanges, la Carole que Marie connaissait si bien semble peu à peu s’effacer… Que lui arrive-t-il et quel secret cherche-t-elle à cacher derrière ces mots si minutieusement pesés ?

Mon avis

Mal dans la peau est la deuxième publication des éditions Calepin, maison d’édition qui m’avait déjà séduite l’année dernière par sa toute première publication, Les ailes brisées de Marie Liondor. J’ai donc suivi attentivement leurs dernières nouveautés et quand j’ai vu les couvertures des trois derniers bébés-calepin, j’ai craqué (oui, je suis faible et il m’en faut très peu pour me convaincre). J’avais à peine survolé les résumés que j’avais déjà cliqué sur le bouton « commander » . En bref, je suis une acheteuse compulsive qui ne s’améliore pas en ce qui concerne ses achats livresques, mais alors pas du tout.

Mais revenons à nos moutons -notre mouton-, Mal dans la peau. Ce oneshot nous jette en pâture un petit paquet de lettres écrites entre deux femmes, Marie et Carole, leurs textos, leur rencontre et aussi les lettres entre Carole et sa mère. Carole est partie vivre avec son mari, Fabrice, dans la campagne niçoise, au milieu de rien, dans un petit village d’à peine 200 habitants, pas de boutiques, une mairie jamais ouverte et une heure de route pour avoir une boutique convenable. Pas moyen d’avoir de téléphone fixe, pas internet et pas de réseau pour pouvoir recevoir le moindre petit texto, bref le genre de vie pas du tout trépidante qui ne me fait absolument pas rêver.

Mais cet éloignement de pas moins de 1000km, Marie, sa meilleure amie, le vit mal et décide donc de commencer une correspondance avec Carole pour pouvoir avoir de ses nouvelles, à l’ancienne. Correspondant moi-même avec plusieurs amies depuis presque deux ans, j’ai aimé le principe et je n’étais absolument pas déboussolée. Marie découvrira son amie sous un nouveau jour et la verra entamer doucement la spirale, ou devrais-je dire la descente aux enfers qu’est la violence conjugale… Rejet, négation, culpabilité, déprime, mensonge, avec sa meilleure amie nous verrons Carole se renfermer.

Il n’est pas écrit clairement que Carole subit ces violences, mais on nous les suggère. Comme Marie, nous lisons entre les lignes et on imagine ce qu’elle ne voulait pas nous dire, ce qu’elle pense nous cacher, on pense au pire et on est révoltés, on veut qu’elle s’en sorte – qu’elle se sorte de là – , on est derrière elle en train de crier : « Mais punaise Carole prend ton sac et barre toi quand il est boulot, bouge toi ! », mais au final on reste impuissant, comme Carole, il nous reste plus qu’à espérer.

Mal dans la peau n’est pas un coup de coeur, mais assurément un livre génial qui donne matière à réflexion et dont nous n’en sortons pas indemne, à l’instar de Hell de Lolita Pille. Premier livre pour adulte de Ghislaine Bizot, il est clair que si elle continue d’écrire des livres de ce style, je suivrais sans hésiter cette auteure au talent qui me semble prometteur.

Petit bonus : la véritable fin n’est pas dans le livre ! Et oui, Carole elle-même écrit à ses lecteurs qui souhaitent connaître le mot de la fin ! Le bonus est en vente sur le site des éditions Calepin et je crois bien que je me laisserais tentée 🙂  Je pense que j’en parlerais sur la page Fb du blog ou que j’éditerais cet article quand je l’aurais reçue, en attendant bonne lecture à tous !

Edit du 05/02/2014: J’ai reçu la lettre de Carole (4 pages recto-verso) où l’on apprend ce qu’elle est devenue pendant ces 14 dernières années, mais aussi ce que Marie est devenue. Il est possible à la suite de cette lettre de répondre à Carole, mais pour moi l’histoire s’arrête ici. J’ai adoré le concept en tout cas, et je ne peux que vous conseiller de prendre la lettre si vous commandez le livre!