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[Chronique] Serre-moi fort – Claire Favan

[Chronique] Serre-moi fort – Claire Favan

serre moi fort


Méfiez-vous de qui vous tend les bras…  » Serre-moi fort.  » Cela pourrait être un appel au secours désespéré. Du jeune Nick, d’abord. Marqué par la disparition inexpliquée de sa sœur, il est contraint de vivre dans un foyer brisé par l’incertitude et l’absence. Obsédés par leur quête de vérité, ses parents sont sur les traces de l’Origamiste, un tueur en série qui sévit depuis des années en toute impunité. Du lieutenant Adam Gibson, ensuite. Chargé de diriger l’enquête sur la découverte d’un effroyable charnier dans l’Alabama, il doit rendre leur identité à chacune des femmes assassinées pour espérer remonter la piste du tueur. Mais Adam prend le risque de trop, celui qui va inverser le sens de la traque. Commence alors, entre le policier et le meurtrier, un affrontement psycho logique d’une rare violence…

Merci aux éditions Robert Laffont pour cette lecture !

Mon avis

Nick a perdu sa sœur. Elle devait rejoindre leur mère dans un centre commercial pour faire du shopping,  mais elle n’y est jamais arrivée. La police enquête, piétine, et ne trouve rien tandis que d’autres jeunes filles disparaissent du jour au lendemain. Pendant des années, l’enquête reste au point mort. Des années plus tard, nous suivons Adam Gibson, qui enquête la découverte d’une grotte remplie de cadavres de jeunes femmes, sans savoir que cette enquête allait changer le cours de sa vie…

J’ai totalement adoré la première partie du roman, où l’on suit le jeune Nick qui doit composer avec la disparition de sa sœur et ses parents qui, après une longue période de dépression, sont devenus obsédés par l’enquête policière, au point de rejoindre des groupes de paroles et de monter leur propre association. Et à côté il y a le seul suspect, l’Origamiste, qui court toujours et qui pourtant est au cœur de toutes les discussions des parents de Nick. Une mère intrusive, un père qui s’efface devant la matriarche de la famille, toute la jeunesse du jeune homme se déroule dans l’ombre de sa grande sœur. C’est une première partie très prenante, très forte niveau émotions.

Mais arrivée à la partie de Adam, ça dérape totalement. Je pense que ça devient critique dès l’émeute en prison, un élément très important de l’histoire. Ce passage donne dans la violence et n’est que violence, au point que ça ne paraisse pas crédible. A partir de là, tout s’enchaine avec une telle facilité, par hasard le tueur et l’enquêteur se retrouvent dans le même hôpital, et j’ai décroché. Parce que j’ai senti que l’auteure ne savait plus trop quoi faire de sa fin, comment boucler tout ça rapidement, donnant lieu à des situations incohérentes, peu crédibles, si bien que je ne crois pas un seul instant en cette fin. Quand on recroise Nick dans cette deuxième partie, je ne le reconnais absolument pas, tant dans ses paroles que dans ses actes, tout cela sonne faux.

Concrètement, et sans vouloir spoiler, on apprend qui est le tueur à la fin de la première partie et je pense que le roman m’aurait plu jusqu’au bout si l’affrontement entre le tueur et Adam aurait été plus psychologique, plus puissant, en plaçant la révélation ultime sur l’identité du tueur à la toute fin. Ce qui donnerait une fin ouverte autant surprenante que celle présente, plus cohérente, crédible, bluffante. Mais je n’ai pas le pouvoir de réécrire les livres ! 😉

En bref, Serre-moi fort est un thriller qui démarre sur les chapeaux de roues, mais qui s’essouffle trop rapidement, perdant en cohérence et en crédibilité au fil des pages. La première partie est très bonne, bien dans le thème, mais la fin me laisse de marbre.

[Chronique] Le passager – Jean-Christophe Grangé

[Chronique] Le passager – Jean-Christophe Grangé

Le passager

  • Éditeur : France Loisir (2012)
  • Pages : 992
  • Genre : Thriller
  • Prix : 23.99€ (Poche: 9.40€)
  • Acheter Le Passager

Je suis l’ombre.
Je suis la proie.
Je suis le tueur.
Je suis la cible.
Pour m’en sortir, une seule option : fuir l’autre.
Mais si l’autre est moi-même ?…

Mon avis

Le Passager est le premier roman que je lis de Jean-Christophe Grangé, j’avais lu quelques critiques des ouvrages de l’auteur, et je m’attendais à un univers glauque, sombre, froid, voir gore. A la place, j’ai été accueillie par des mots familiers, en argot si vous préférez. Je me suis dit « si tu veux me faire peur avec ça, t’es mal parti ». J’ai eu du mal à m’accrocher à l’histoire, jusqu’à la page 150 où l’on rentre enfin dans l’action.

On suit la même enquête, vue par deux personnes : Mathias Freire, le psychiatre ; et Anaïs Chatelet, capitaine de police de Bordeaux. Mathias est depuis quelques mois à Bordeaux, il a demandé à y être muté, depuis le jour où il s’est réveillé dans la chambre d’une de ses patientes, Anne-Marie Straub, avec qui il avait des rapports. Ce n’est pas tant leur relation qui le gênait, mais le fait qu’elle se soit pendue pendant son sommeil avec la ceinture du psy. Quand à Anaïs, elle y est par défi. Pour prouver à tout le monde qu’elle n’a plus rien à voir avec son tortionnaire de père. Elle fera tout pour l’oublier, mais il est lié à cette enquête malgré lui.

C’est sur fond de crimes mythologiques, fugues psychiques et autres délires schizophréniques que notre histoire progresse, dans plusieurs villes de France. Cette partie géographique est assez bien détaillée, que ce soit les noms des rues aux petites villes, on s’y retrouve vite et l’on peut suivre de mémoire nos héros à travers leurs aventures. C’est une histoire qui est dans l’ensemble très bien détaillée, surtout au niveau de ce qui fait avancer l’histoire. Les décors sont aussi décrits, mais pas autant que l’histoire, et c’est un bon point. Un point qui fait avancer notre histoire assez rapidement, tout en nous laissant en immersion dans l’univers de Grangé, en nous laissant imaginer la scène. Ni trop, ni peu, Grangé sait où sont les limites.

Mais, malgré cette volonté de bien faire, on sent que l’auteur à tout donné dans les trois premières parties de ce livre, et que la quatrième est… vide. Plus de détails, c’est les décors et toutes les petites choses inutiles à l’histoire qui se récoltent tout les détails. Des pages remplies de détails. Une fin malheureusement bâclée, trop brouillon. Il veut en finir vite avec son histoire, il ne sait plus quoi dire d’autre pour faire une fin un tant soit peu du niveau des trois autres parties : on le ressent. Elle aurait mérité d’être mieux travaillée.

C’est un livre qui se laisse quand même lire, prometteur. Il est très accrocheur si on passe les 150 premières pages de stagnation et la fin brouillon. Je me laisserais bien tenter par les autres livres de Grangé, mais ils ne sont pas dans mon top-priorité pour mes prochains achats de livres.