[Chronique] Yem – Gilles Milo-Vacéri

[Chronique] Yem – Gilles Milo-Vacéri

yem

  • Éditeur : VFB (2014)
  • Pages : 443
  • Genre : Aventure, romance, drame
  • Prix : 1.99€
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Yem, brillante étudiante en langues étrangères et tourisme, a vingt ans quand la Terreur Rouge dévaste l’Éthiopie en 1977. La guerre civile déclenche l’exode de la population et avec sa famille, elle fuit Addis-Abeba pour se réfugier dans un petit village reculé des hauts plateaux. Yem et sa sœur ont échappé à l’excision grâce aux visions libérales de Petrus, leur père qui élève la femme à l’égal de l’homme. Avec de tels principes qualifiés de subversifs et sa vive intelligence comme sa beauté éblouissante, Yem deviendra une véritable révolutionnaire refusant en bloc l’ordre établi et les coutumes ancestrales. Quand elle découvre les intentions barbares de son futur mari, Yem rompt ses fiançailles et n’a plus qu’une envie, fuir ce pays qu’elle aime par-dessus tout, mais dont elle refuse les traditions d’un autre siècle ainsi qu’une vie de femme esclave au destin programmé. Lulit, sa cousine se prostitue à Djibouti et après une longue conversation, Yem prend sa décision. Elle va la rejoindre et plutôt que prendre le train, elle traversera le Grand Rift à pied, une des zones désertiques les plus dangereuses au monde, où la température frôle parfois les 50° à l’ombre. Un désert que personne n’a jamais traversé à pied de mémoire d’éthiopien ! Au cours de ce voyage, elle devra se confronter aux trafiquants d’armes, de stupéfiants, affronter les esclavagistes modernes et fuir par prudence les caravanes de sel. Dans ces contrées où l’homme ne peut survivre, chaque rencontre devient un danger mortel, surtout pour une femme voyageant seule. Yem survivra au pire, atteindra Djibouti par miracle et se prostituera pour atteindre son but. Reprendre ses études et acheter un jour son hôtel. Marc Escourra est un sous-officier de l’armée française un peu hors normes. En poste à Djibouti, il est fonceur, courageux dans l’action, ne respecte que la droiture d’esprit et vénère l’amitié, tout en traînant une réputation de vil séducteur. Pourtant, quand il rencontre Yem, il est touché par l’histoire de la belle éthiopienne, sa témérité et sa volonté de fer. Marc lui apporte son aide désintéressée et soutenu par ses deux amis, Fred et Cédric, il entame une bataille pour sortir Yem de la prostitution afin qu’elle puisse réaliser ses rêves. La rencontre avec la belle éthiopienne fera des étincelles et allumera un brasier ardent qui réduira en cendres l’amitié que le jeune sergent ressentait pour elle, laissant la place à de plus doux sentiments. Pourtant, l’amour est a priori impossible entre ces deux âmes solitaires et combatives qu’apparemment tout sépare. Qu’adviendra-t-il de Yem ? Marc réussira-t-il à la sortir de son enfer et à lui offrir ses rêves ? Est-ce que leur amour pourra voir le jour et survivre au destin ?

Mon avis

Yem nous raconte l’histoire de Yemguzanesh, une jeune éthiopienne qui va fuir son pays pour avoir une chance de s’en sortir, de faire des études, mener ses projets à bien et trouver un homme qu’elle aimera, tout le contraire si elle reste à Awasa, en pleine guerre civile. C’est en voyant sa cousine qui lui explique sa situation de prostituée à Djibouti, qu’elle décide d’y aller aussi. Et pour éviter toute mauvaise rencontre en prenant le train, elle décide d’y aller à pied (soit 1000 kilomètres), en passant par le Grand Rift, un des désert les plus dangereux au monde…

Je n’ai pas vu les pages défiler (ni même les heures !) en lisant l’histoire de Yem. Bouleversante et captivante, je n’ai pas pu m’arrêter avant d’avoir vu le point final! L’auteur s’est basé sur une histoire vraie pour nous dépeindre la vie des femmes en Afrique lors de la Terreur Rouge. En lisant ces lignes, on passe par tout un panel d’émotions: la colère, la pitié, la frustration, la tristesse, la joie, la peur… Et on a envie d’aider Yem à se sortir de cet enfer!

Le roman est découpé en trois parties, écrit avec une plume fluide qui nous transporte assez facilement dans la vie de notre personnage principal. La première relate la décision de Yem, son départ et son long voyage, d’une manière assez intense! Avec toutes les embûches qui se dressent sur son chemin, l’auteur nous dépeint une Yem battante et courageuse, malgré tout.

Dans la deuxième partie, nous voyons Yem travailler en tant que prostituée au Bar de la Lune, avec sa cousine Lulith. Sa joie du départ fait plaisir à voir, on se dit que les problèmes sont derrière elle, mais ce n’est pas le cas. La vie de prostituée n’est pas ce qu’il y a de plus facile, entre la police, les ivrognes, les associations humanitaires qui n’aident plus les prostituées, car ils ont peur qu’elles se prostituent dans leur pays, ou encore les hommes qui ne voient que les éthiopiennes de Djibouti comme des bouts de viandes que l’on peut payer pour une heure de plaisir… Ça ne va pas être simple, mais Yem va rencontrer un homme, qui fera tout basculer. Cet homme, c’est Marc, un sous-officier de l’armée française, en mission en Afrique pour aider les associations humanitaires à se rendre dans les villes éthiopiennes touchées par la Terreur rouge.

J’aurais tellement voulu en savoir plus sur ce personnage oh combien intriguant! Il a un secret, mais refuse d’en parler à quiconque et élude toutes les questions. Sa rencontre avec Yem et leur relation va être magnifique, loin des romans à l’eau de rose habituels et est aussi intense que le reste du roman. La troisième partie, je n’en parlerais pas pour éviter de spoiler l’histoire, mais elle reste dans la lignée du roman – intense, belle et bouleversante.

Je ressors de Yem avec les larmes aux yeux, c’est une histoire qui ne laisse pas insensible, un hommage à ces femmes qui n’ont pas forcément choisi leur situation et subissent la misère, la famine, la prostitution et pour celles qui restent avec leurs maris, l’excision, l’enfermement et avoir un enfant de plus tous les ans. Si ce livre sortait en version papier un jour, il rejoindrait assez rapidement ma bibliothèque!

Merci beaucoup au forum Au coeur de l’Imaginarium et aux éditions VFB pour ce partenariat!

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2 réactions au sujet de « [Chronique] Yem – Gilles Milo-Vacéri »

  1. Je connais pas du tout l’histoire de ce pays ni de ses habitant(e)s, mais ta chronique donne envie de s’y pencher un peu plus! ^^
    Dommage qu’il n’existe qu’en numérique…

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