[Chronique] Lucie ! – Joe S.R.

[Chronique] Lucie ! – Joe S.R.

lucie

  • Éditeur : Chemin Vert (2014)
  • Pages : 262
  • Genre : Romance contemporaine
  • Prix : 23€
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« La salle des pas perdus était fraîche. Ce fut un soulagement pour Lucie qui craignait que la montée de tension qu’elle avait connue, en voiture, ne se lise au travers de sueurs gênantes et ne s’amplifie au tribunal.  » Lucie, femme brillante, avocate, mariée, disciplinée, se réveille brutalement de son mode de vie au détour d’une rencontre avec un homme. Une histoire d’amour courte mais intense qui explose sa lecture du monde et du sens de la vie. Lucie plonge alors dans le désordre, connaît une révolution faite d’espoirs, de chutes, de prises de risques, de colère, d’addictions : une dépression qui altère puis rend crue et cruelle sa lecture de la Vie.

Mon avis

Lucie, avocate, n’a jamais su dire non. Quand ses parents ou Baptiste, son mari, choisissent limite à sa place son orientation professionnelle, elle ne dit pas non. Quand Baptiste choisit tout à sa place ou lui fait comprendre que ses choix à elle ne sont pas bons pour lui, pour sa carrière, son ambition, avec son petit air de manipulateur pour la faire culpabiliser, elle ne dit pas non. Quand il lui dit qu’il ne veut pas d’un boulet et que de ce fait elle ne doit pas se contenter d’un petit boulot minable comme pigiste pour un journal, elle ne dit pas non également, Lucie lui mange dans la main. Mais un jour, le déclic, elle a besoin d’autre chose, alors elle se laisse glisser dans les bras de collègues du barreau, tombe amoureuse, se sent revivre ! Elle veut un enfant d’un de ses amants, elle veut quitter Baptiste, mais rien ne se passe comme elle l’avait prévu… Alors, Lucie se laisse dériver tout doucement dans une dépression dans laquelle elle s’enfonce petit à petit. Entre antidépresseurs, anxiolytiques et alcool, une idée fait son chemin: la vie ne vaut pas le coup, alors autant en finir.

Nous suivons Lucie dans sa descente aux enfers, nous vivons ses déceptions face à toutes ces situations et son long chemin dans sa préparation ultime, celle de son suicide. Ce roman transpire l’amour à sens unique, la tristesse et la dépression. On prend Lucie en pitié, on a envie de l’aider. On vit le désarrois de ses proches, leurs questions, leur envie de découvrir pourquoi elle en est arrivée là, on a envie de leur souffler les réponses… Ce n’est pas une nouvelle dont on sort indemne.

J’ai eu envie de donner des claques à Baptiste, tout chez lui m’énerve. Sa suffisance, ses ambitions qui passent avant sa vie de couple, le fait qu’il n’écoute pas Lucie alors qu’il est médecin, sa façon de la faire culpabiliser pour qu’elle accepte tous ses petits caprices, c’est le genre de mec insupportable qu’on a pas vraiment envie d’apprendre à connaître.

L’écriture de l’auteure est fluide, on se laisse transporter assez facilement dans la vie de Lucie, mais le style trop fouillis gâche presque tout. Il n’y a pas vraiment de fil conducteur, pas de chapitres, juste des suites de paragraphe qui n’ont pas souvent un rapport avec les précédents. En effet, on parle pendant un temps de Baptiste, celui d’après de la dépression et l’envie suicidaire de Lucie, pour revenir ensuite aux amants, et même si nous n’avons plus aucune raison de parler de Baptiste, l’auteur nous cale des flashbacks sur lui, et c’est à peu prêt la même chose sur tous les sujets. Comme si l’auteur se disait « tient, j’ai pas assez parler de la grossesse de Lucie, je vais mettre ici un paragraphe dessus, pour revenir après sur son envie de suicide, puis là tient, j’ai envie de parler de Baptiste alors que Lucie ne pense pas du tout à lui, et là, tac les amants reviennent, et tac suicide, et tac on creuse le sujet des amants et de détails dont on ce serais bien passés. » Sans tout ces retours qui n’ajoutent rien de plus à l’histoire, on pourrait aisément enlever une bonne centaine de pages. Passé la moitié de cette nouvelle, j’en ai eu vraiment marre de ces flashbacks inutiles, ça devenait vraiment lourd.

Quant à la fin, on s’y attend largement, ayant un paragraphe à ce sujet au tout début de ce roman (quand je disais qu’il n’y avais pas de fil conducteur…), donc c’est sans surprise que l’on ferme ce livre, qui même si j’ai eu pitié de Lucie, eu envie de gifler Baptiste et aider leur proches, ne m’a pas plus touchée que ça.

Merci au forum Have a Break, Have a Book et aux éditions Chemin Vert pour ce partenariat.

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