[Chronique] L’année solitaire – Alice Oseman

[Chronique] L’année solitaire – Alice Oseman

l'année solitaire


On est censés vivre la plus belle période de notre vie. On est jeunes, on est en train de décider de notre avenir (c’est en tout cas ce qu’on nous répète), on a des amis. Mais en fait, tous, on attend que quelque chose change. Becky, ma meilleure amie avec qui je rigole de moins en moins. Lucas, qui réapparaît dans ma vie après toutes ces années. Mon frère Charlie, la plus belle personne que je connaisse. Michael Holden, avec son sourire trop grand. Et moi, la fille la plus misanthrope et pessimiste du lycée. On attend tous que quelque chose change.s’insurgent, qu’elle va essayer de se reconstruire. 

Merci aux éditions Nathan pour cette lecture !

Mon avis

Premier roman de Alice Oseman, qu’elle a écrit à 18 ans, qui puise son inspiration dans son propre vécu, pendant ses années lycée. Étudiante en littérature anglaise, la jeune fille nous livre ici le récit le plus réaliste sur l’adolescence qui m’a été donné de lire jusqu’ici.

Avec le personnage de Tori qui nous raconte cette histoire de son propre point de vue, on va vivre l’année de désillusion de l’adolescente, ce passage à vide commun aux adolescents de cet âge  : incompréhension de ce qui les entoure, leurs amis qui ne le sont plus, leurs parents avec qui ils n’ont plus de dialogues, ces adultes qui « ne comprennent rien », cette tristesse, ce renfermement et ce cynisme dans lesquels ils s’enfoncent. C’est le côté le plus réaliste de cette histoire et que j’ai le plus apprécié, je m’y suis beaucoup retrouvée en repensant à mes propres années lycée.

Cependant, le fil conducteur de l’histoire, le site « solitaire.co.uk » me paraît quelque peu incohérent sur certains points. En effet, plusieurs jeunes qui tiennent ce site créent des situations très dangereuses : lynchage d’un gay refoulé qui a eu peur de voir son homosexualité révélée au grand jour, destruction de matériel scolaire par le feu au sein même de l’école, piratage d’un concert qui blesse des dizaines de jeunes, encore une fois par le feu… Et rien. Pas une seule autorité locale ne s’inquiète de tout ça. On refile l’affaire aux surveillants de couloir et on compte sur eux pour attraper les coupables, malgré la violence des actes. Pas un adulte interfère dans l’histoire, je trouve ça trop gros. Ce n’est pas cohérent avec la réalité et je ne suis absolument pas convaincue.

Malgré tout, c’est un livre qui se lit bien, l’auteure a un vocabulaire riche et une culture générale importante (notamment littéraire) pour son âge (je craque pour toutes les références à Harry Potter). Il m’a fallu que quelques jours pour le finir. C’est un récit qui reste beau, un hymne à la jeunesse si on s’en tient au premier fil de l’histoire : l’adolescence.

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