[Chronique] Entre chiens et loups – Malorie Blackman

[Chronique] Entre chiens et loups – Malorie Blackman

entre chiens et loups


Imaginez un monde. Un monde où tout est noir ou blanc. Où ce qui est noir est riche, puissant et dominant. Où ce qui est blanc est pauvre, opprimé et méprisé. Un monde où les communautés s’affrontent à coups de lois racistes et de bombes. C’est un monde où Callum et Sephy n’ont pas le droit de s’aimer. Car elle est noire et fille de ministre. Et lui blanc et fils d’un rebelle clandestin… Et s’ils changeaient ce monde?

Mon avis

Avant de commencer mon avis, je tiens à vous préciser que j’ai lu la version  »France Loisir » de ce livre et non la version Macadam, mais je vous recommande cette dernière. En effet, l’édition FL est bourrée de fautes de frappe qui ne passent pas inaperçues et qui ont eu le mérite de me gâcher ce moment de plaisir. De la ponctuation au milieu des mots, des lettres inversées voir même remplacées par d’autres régulièrement. C’est à se demander si ce livre a bénéficié d’une relecture avant d’être amené à l’imprimeur… Heureusement que l’histoire rattrape le tout !

Donc , venons-en aux faits. Nous rejoignons Sephy et Callum, nos deux personnages principaux. De l’amitié, de l’amour, un Roméo et Juliette 2.0. Le monde entier est contre eux, car ils sont différents : Sephy est noire, c’est donc une Prima, la  »race » supérieure et Callum est blanc, ce qui fait de lui un Nihils, un Néant. Toute l’histoire tournera autour de cette ségrégation, et de leur amour impossible. Ils se connaissent depuis leur plus tendre enfance, car Meggy, la mère de Callum, travaillait en tant que femme à tout faire chez les Hadley, la famille de Sephy. Même si aujourd’hui les deux familles font tout pour ne plus avoir à s’approcher, leurs enfants ce sont promis de toujours se voir, et de faire en sorte de toujours garder leur amitié intacte, même si cela doit se faire en secret.

Par la force des choses, quatre élèves Nihils ont eu le droit de fréquenter le collège Heathcroft, normalement réservé aux Primas. Callum y est accepté, réussissant les examens haut la main grâce à Sephy, qui l’a beaucoup aidé . Pour eux deux, c’est une chance inespérée. Sephy jubile, elle aura enfin son meilleur ami dans son collège, peut-être même dans sa classe, et sûrement qu’ils auront des cours en communs, qui sais ? Et Callum, content d’être pris, redoute les évènements qui pourraient suivre. Il n’oublie pas qu’il va mettre les pieds dans une école pour Primas, et qu’il ne sera pas le bienvenu… Mais les évènements s’enchaînent, et Callum sauve sa meilleure amie d’un attentat à la bombe perpétré par la  »Milice de la Libération », entièrement dirigée par des Nihils. De là va s’ensuivre le déchirement de sa famille, car toutes les preuves convergent vers son grand frère, Jude. Callum, qui a grandi tant bien que mal avec ce système politique ségrégationniste, va perdre son innocence, et à tout ce que peut se raccrocher un adolescent…

Nos héros sont assez opposés tout de même. Callum, qui a toujours grandi dans la pauvreté, la violence et l’injustice, a acquis très vite une maturité époustouflante pour un adolescent de 16 ans. Il ne sera pas toujours en accord avec les décisions de Sephy et lui fera comprendre. Quant à elle, c’est l’archétype de la jeune fille qui a tout mais qui trouve encore le moyen de se plaindre. En comparaison à son meilleur ami, elle n’a pas du tout acquis cette maturité. Tout ce qu’elle veut, c’est choquer son entourage à propos de sa relation avec Callum, quitte à se mettre tout le monde à dos. Elle n’hésitera pas à se servir de lui pour parvenir à ses fins. Heureusement, elle n’est pas comme ça jusqu’à la fin. En effet, l’histoire se déroulant sur 4-5 ans, elle a pris le temps avec les évènements , de grandir et de prendre en maturité, ce qui rend l’histoire plus intéressante car ses actes seront beaucoup plus réfléchis qu’au début.

L’histoire est coupée en cinq parties, et est très fluide. Nous suivons la progression en changeant de point de vue assez souvent, allant de Callum à Sephy. Ce changement de point de vue assez récurent n’est en aucun cas un point négatif : il nous permet de mieux comprendre l’histoire, et de mieux saisir dans quel état d’esprit se trouvent les deux amis. Un très bon livre dont je ne me lasserais pas, j’ai qu’une envie : lire la suite !

Partager cet article, c'est contribuer à l'élevage de livres sauvages libres et heureux :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *