[Chronique] Cercles – Sylvain Matoré

[Chronique] Cercles – Sylvain Matoré

cercles

  • Éditeur : Alma (2014)
  • Pages : 207
  • Genre : Drame
  • Prix : 17€
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«Quels que soient les hasards heureux ou les embûches, le cercle se refermera inévitablement.»
Paris. Avec leur grosse voiture, deux malfrats en fuite propulsent un jeune homme ad patres. Ils appartiennent à la mafia serbe qui les exfiltre de l’autre côté des Pyrénées au service du boss local. Leur mission : augmenter le rendement de trois prostituées. L’une d’elle s’appelle Irina.
Pendant ce temps, à Paris, Camilla, la sœur du jeune tué, reste anéantie par la mort de ce frère qui donnait un peu de couleur à son existence. Elle vivotait, elle ne vit plus. Elle se lance dans la nuit, boit, se shoote…
Irina et Camilla ne se rencontreront pas. Chacune affronte un cercle de la violence déchaînée par les autres. Leur communauté de destin s’arrête là. Car chaque cercle impose sa trajectoire et ses épreuves.
Poste d’observation du déclin, Cercles se joue sur deux scènes, en alternance. Et voit sept personnages – presque mercenaires – sombrer dans une spirale dantesque. Tantôt affûtée, clinique ; tantôt adoucie, arrondie, l’écriture de Sylvain Matoré puise son rythme dans son expérience musicale. Un premier roman qui s’inscrit résolument dans la lignée de l’école réaliste américaine. Réinventée.

Mon avis

Cercles, c’est l’histoire de sept personnes qui ne se connaissent pas. Certaines passent dans la vie d’un autre, mais pas très longtemps. Cercles, c’est aussi l’histoire de Camilla et Irina. Elles ne se rencontreront jamais, mais leur histoire est liée. Camilla vient de perdre son frère, mort dans un accident de la route, fauché par deux hommes de la mafia Serbe. Elle est détruite, et tombe dans l’alcool et la drogue. Irina est une prostituée en Espagne. Elle et ses collègues ne sont pas très rentables, leur mac est trop doux avec eux, estime le boss. Pour faire avancer les affaires, leur boss, Sergio, leur envoie les deux Serbes, le temps que la police et les médias les oublient. Un peu comme des consultants extérieurs, ils vont apprendre à Andrès, le mac qui travaille pour Sergio, à diriger d’une main de fer les trois prostituées qu’il a sous ses ordres…

Nous passons un chapitre sur deux avec Camilla à Paris, et le reste avec Irina et les Serbes en Espagne. La partie avec Camilla est une longue descente dans le monde de l’alcool et de la drogue, sur la pente de la folie suite à la mort de son frère. Dépression, tristesse, hallucinations visuelles et auditives, Camilla est perdue, seule, sans rien pour l’aider à remonter, si ce n’est que le sachet de poudre qui traîne dans son sac. Avec Irina, nous découvrons sa vie de prostituée Russe, subissant jours après jours les menaces et les violences des Serbes, qui ne sont pas là pour faire dans le sentimental. Autant Andrès la protégeait, autant ces deux là ne sont là uniquement pour qu’elle ramène de l’argent. Nous découvrons avec Irina une battante, qui ne se laissera pas abattre par ce qui lui arrive, quoi qu’il lui en coûte.

On peut tenter de l’oublier, l’ennui, de passer à autre chose, on s’assomme chaque soir d’alcool et de drogues pour tenter de s’en débarrasser. Mais le lendemain matin il revient de plus belle, il vous guette dès votre réveil et ne vous quitte plus. Alors le soir suivant on augmente les doses, puisque la quantité de la veille ne suffit plus pour l’oublier aujourd’hui.

Cercles se lit très vite (lu en une journée). Fluide, nous sentons tout de suite où l’auteur veut en venir avec ses deux personnages qui sont aux antipodes l’une de l’autre: l’une combattante, l’autre qui baisse les bras, Sylvain Matoré nous décris avec brio dans quel état d’âme se trouvent ces deux jeunes femmes, ont ressent la détresse qui les animent. C’est un roman coup de poing, qui mène à réfléchir, qui donne envie d’aider ces femmes, détruites par la vie. C’est un récit qui se veut mature, avec quelques touches d’humour bien placées. On peut noter une touche poétique dans les descriptions de lieux, qui donne envie d’en savoir plus sur l’endroit où nos deux personnages principaux se trouvent.

En bref, j’ai passé un bon moment avec ce livre, Sylvain Matoré est un auteur que je vais dorénavant suivre. Merci à Alma éditeur et au forum Have a Break, Have a Book pour ce partenariat.

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